Lundi 18 avril 2011
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20:34
Cela débute par un défilé mi-béarnais mi-andalou avec danseurs folkloriques et toreros en calèche.
L’intérieur de la placita est joliment décoré et, pendant que les cuadrillas préparent le paseo, le maire évoque les deux cents ans d’aficion garlinoise. Une pensée me vient : quid de la
Fiesta Brava dans deux cents ans ? Poser la question, c’est y répondre.
Fin de l’ouverture de Carmen et voici le premier novillo, aux tendances playeras comme la plupart du lot.
Capote facile, une pique à base de coups de tête sans s’engager. Flexion des pattes avant dans le quite et changement. Novillo désordonné aux palos. Juan Del Alamo brinde au public, enchainement
de cinq statuaires. La faena sera plus longue que brillante, quelques séries correctes à droite où le novillo se laisse faire. A gauche, l’animal se défend et les naturelles seront heurtées.
Quatre manoletinas peu originales pour finir la faena et une entière décidée, légèrement ladeada. Comme l’effet est rapide, on voit sortir une pétition conséquente sans être majoritaire :
oreille.
Sortie vive du quatrième. Del Alamo brouillon au capote. Une pique sans pousser, une seconde courte, puis
correct aux palos. Long discours de brindis à Joselito sorti dans le rond. Le novillero débute avec élégance genou plié. Il est cependant obligé de se replacer entre les premiers derechazos, puis
parviendra à canaliser la charge incommode de son adversaire. Tâche encore plus compliquée à gauche. Faena appliquée sans convaincre les tendidos car plus technique que spectaculaire. Mais le
novillero sait qu’en tuant les novillos, on rattrape le succès. Deux-tiers de lame d’effet extrêmement rapide. Oreille.
Mario Dieguez devrait en prendre de la graine. Son premier novillo, un colorado bizco ne remate pas et N.
Vergonzanne doit composer avec une charge louvoyante pour se sortir s’en mal de son saut avec la garrocha. A la cape, Mario perd du terrain, le novillo freinant et ne s’engageant guère. Face au
cheval, le Joselito confirme sa mansedumbre, faisant tourner le cheval et sortant seul des deux contacts. Début très prudent à la muleta puis, la confiance venant un peu, quelques très jolies
naturelles, malheureusement isolées. L’animal devient très réservé et le novillero doit abréger. Façon de parler : un pinchazo se jetant dehors puis trois descabellos décourageant le novillo
qui préfère s’agenouiller pour être puntillé.
Le cinquième, noir, est un costaud violent. Mario Dieguez va donner de très belles véroniques avec une
cape plutôt réduite. Il est devenu si rare de voir de bons capeadors qu’il faut le souligner ! Plus de puissance que de style dans les deux piques où le novillo se colle parallèlement au
cheval. Le début de faena est intéressant de par la douceur du style du novillero par rapport à l’impétuosité de la charge. Cette fois encore, on appréciera des naturelles pleine de garbo. Cette
fois encore, on regrettera un manque de dominio. Une fois de plus on déplorera une conclusion calamiteuse : trois-quarts d’épée en travers, une entière atravesada et un descabello pas
décisif. Prestation bien en dessous d’un novillo exigeant certes mais d’une noblesse encastée qui transmettait.
Restait Antonio Lopez Simon qui fit beaucoup de choses, de toutes sortes. Anodin à la cape pour recevoir
le troisième. Après une pique poussée et un comportement compliqué aux banderilles, on passe à un début de faena au centre : trois cambiadas impavides. Le novillero exploite bien à droite la
charge longue et très noble du novillo qui baisse bien la tête. A gauche, c’est beaucoup moins facile et le novillero est dominé. Il passe à un toreo vertical qui plait au public. Redondos
inversés, passage à genoux et desplante après avoir jeté la muleta emportent l’enthousiasme de la placita. Mais refroidissement très net après un pinchazo, une entière et six descabellos (deux
avis). Salut au tiers bougon.
Pour clore l’envoi sort un colorado bizco. Surface de cape gigantesque et capotazos très anodins. Le
picador se fait désarçonner sans aucune raison lors d’un contact pourtant peu violent. Brève rencontre ensuite d’où le novillo sort seul. Saut de cabri lors des banderilles.
Entame de faena encore spectaculaire avec huit derechazos enchaînés à genoux ! La charge est vive et
noble. A gauche, c’est différent et ALP est projeté en l’air sans mal. Costume largement déchiré à la jambe droite, il poursuit en toréant de près la muleta en arrière. La qualité du novillo est
un peu gâchée. Un bajonazo vertical conclut la prestation. Grosse pétition. Oreille. Et, surprise, la pétition continue, enfle. Malgré l’épée horrible, le palco cède et sort un second
mouchoir.
Seul le novillero sévillan sortit à pied.
Novillada intéressante du fait de trois novilleros à la personnalité torera très différente. Du fait aussi
de novillos imparfaits certes mais présentant de la mobilité et du caractère. De plus, pour cette goyesque les costumes des toreros étaient dans l’ensemble, superbes.
Vu du sixième rang des tendidos ombre : 33 €.