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27 août 2007 1 27 /08 /août /2007 20:32
(Compte-rendu de la novillada de Saint-Perdon)
 
 
 
On peut vanter le charme de ces petites arènes en bois, leur bonne ambiance et le dévouement des bénévoles, mais il y a des limites techniques à la bonne organisation des spectacles taurins. Et là, nous touchons à ces limites. Piste à angles favorisant les querencias ; exiguïté du «rond» (si l’on peut dire) interdisant de véritables mises en suerte pour les piques ; tercio de banderilles très compliqué pour les mêmes raisons, bref un lieu inadapté car non conçu et trop étroit pour permettre une lidia correcte.
 
Encore une de ces plaisanteries habituelles au guichet. Plus de file 5 sur le papier affichant les places. Va pour une file 4. "Désolé, monsieur, plus de file 4 ! Bon, dans ce cas, donnez-moi une file 3". Une fois installé, je peux constater que de nombreuses files 5 et 4 restaient inoccupées. Certainement des distraits ayant oublié de venir…
 
Au bout de cinq minutes j’ai l’impression d’être dans un four en préchauffage. Voici le paseo au son de l’orchestre qui sévira systématiquement et qui me parut lui aussi parfois victime de la canicule ambiante.
 
Clarines et ouverture du toril pour le premier novillo bien roulé et armé plutôt large, assez du moins pour déglinguer au premier passage un morceau de burladero. ADAME sort décontracté et à la troisième passe, se fait envoyer au tapis, sans mal cependant. Il se relève pour donner deux autres bonnes véroniques. Le novillo se retrouve placé à un mètre cinquante du cheval. Pique en arrière et de coté(la routine …) que le novillo pousse vaillamment. On passe à la cérémonie habituelle des offres de banderilles au deux compagnons de cartel. Le SANTO moyen, NARANJO plus en réunion et presque bousculé en sortie, ADAME réalise la meilleure pose. Brindis au public et en avant : statuaires avec un accrochage de muleta et une première série à droite où le novillo suit bien. Dans la deuxième, il commence à renâcler. On passe à gauche où il se montre court et se retourne vite. Il suffit qu’un seul mal-entendant demande : « Musica ! » et le président obtempère. On voit le bien-fondé de cette décision quand, dans la tentative de série à droite suivante, le novillo est quasi-éteint. ADAME tente un redondo inversé qu’on sait voué à l’échec et qui échoue. Enjolivements inutiles pour permettre à la banda de terminer l’exécution de sa partition qui n’avait que trop souffert. Le Mexicain enfonce une entière un peu en arrière, d’effet rapide. Pétition minoritaire malgré la distribution de mouchoirs en papier (providentiels pour s’essuyer le front !) et oreille qui ne sera pas protestée lors de la vuelta.
 
Le second novillo, qui présente bien avec des armures en rapport, sort très vivement. Il jette les pattes dans la cape du SANTO, correct sans plus. Le novillo pousse contre le cheval mais n’a guère de mérite car le picador applique la jurisprudence dacquoise, à savoir lever la pique dès le contact avec l’animal. Deuxième séance de« palos » à trois. Vainqueur (modeste) de l’étape NARANJO avec un cuarteo correct devant le SANTO et son violin sempiternel. ADAME troisième pour une paire à cornes passées. Le SANTO brinde à l’arène, ce qui ne sert à rien mais permet au public de faire des « Ohhhh ! » déçus si la montera lancée tombe « boca abierta » et des « Ahhhh ! » soulagés si elle se retrouve : « boca cerrada ». Que dire de la faena du SANTO ? Racontons là, ce ne sera pas très long : trois séries à droite décentrées, deux à gauche heurtées, deux aidées par le haut et un pecho. On passera plus de temps pour conclure : deux pinchazos, un pinchazo hondo (profond). Le SANTO envisage de descabeller mais se ravise et il vaut mieux. Deux autres pinchazos, un avis, La sixième entrée est la bonne (manière de parler…) avec une entière basse.
Certes le JALABERT était assez incommode sans être imbuvable mais le SANTO paraît sans grand recours technique, ce qui n’est pas nouveau mais sans enthousiasme ce qui l’est plus. Silence indulgent.
 
Le troisième novillo possède un morillo énorme et un gabarit de toro, tout en possédant des armures plus modestes que les deux précédents. NARANJO, capeador au-dessus de la moyenne, canalise bien la charge puissante. Le picador n’est pas tranquille et il n’a pas tort. Le novillo va envoyer l’ensemble sur le sable mais sans grande loyauté, en contournant le cheval pour le pousser sur le poitrail. Il se rattrape à la deuxième rencontre en poussant fort, fixement, avec de la caste. Une excellente pique. ADAME y va de son quite par gaoneras, avant que l’on ne passe au dernier ballet à trois. Comme le novillo ne démarre pas, ADAME pose une paire correcte, SANTO est obligé de provoquer de près et NARANJO se donne des émotions. Brindons au public comme tout le monde. On démarre près des planches en faisant taper le novillo…Une série à droite avec une muleta assez grande pour couvrir un lit en 180. Le novillo est arrêté et distrait. A gauche, il faut le citer dix fois avant qu’il ne démarre violemment et accroche la muleta. Un désarmé. Bref, du fatiguant pour tout le monde. Le novillero a donc recours à des fantaisies d’enjolivement plutôt déplacées. Un pinchazo et une entière contraire très en avant. Salut au tiers pour l’encourager.
 
C’est un castaño oscuro qui déboule, armé sérieusement lui aussi. ADAME utilise des delantales en profitant d’une charge claire. Comme s’il avait vu le tiers précédent, le novillo utilise la même méthode pour le même résultat mais cette fois le piquero, touché à la jambe gauche sur la chute, doit renoncer. Comme son frère, le JALABERT pousse régulièrement la deuxième pique ( en arrière comme la première…)
ADAME nous place, pour le quite, trois de ces spectaculaires capotazos (dont je n’ai toujours pas trouvé l’appellation mais que des revisteros ont du mentionner). En revanche, inhabituel tercio de banderilles calamiteux du Mexicain. Brindis à un destinataire que je ne pouvais distinguer de ma place. Début de faena un peu incertain avec deux séries à droite comportant des accrochages de muleta. A gauche, trois bonnes naturelles longues et templées puis un désarmé. Un élégant changement de main est gâché par une chute du novillo. La suite sera plutôt agréable mais un peu décousue : une très bonne naturelle enroulée, deux redondos mais le novillo, dont la charge était de qualité jusque là, baisse de ton. Trois naturelles de face comme c’est habituel chez lui en fin de faena, moins appréciées hélas que les trois manoletinas suivantes. Encore une estocade canon, encore en arrière. Oreille méritée même si l’on sait que ADAME en avait encore sous le pied mais commence, c’est humain, à penser à autre chose.
 
Novillo long et armé ne permettant qu’un toreo mobile d’assujettissement à la cape de la part du SANTO. Comme au premier, picotazo quasi symbolique, suivi d’un quite par chicuelinas médiocres. Bilan des banderilles : une paire anodine, une manquée, un violin qui ne soulève pas les tendidos. Préférons un bilan comptable qu’artistique pour la faena : deux séries à droite transparentes, une à gauche où le toro, très court et avisé de charge, s’arrête à hauteur du torero et une dernière série à droite pour trahir le peu de confiance du SANTO. A peine un peu moins long à l’épée : deux pinchazos, un quart d’épée, un pinchazo et deux-tiers d’épée. Silence dubitatif.
 
On termine avec très beau noir liston qui remate contre les planches à sa sortie. NARANJO se montre encore très alluré et rythmé à la cape tenue mains basses. Une pique donnée (vous avez deviné…) en arrière que le novillo prend sans s’engager, tête haute. Fléchissement de l’animal en sortie d’où changement. Tiers de banderilles peu enthousiasmant allant du moyen au bon avec une deuxième paire plantée au milieu du dos ! Début par doblones puis mise en train longuette par deux séries à droite hésitantes. Toujours ces cites avec une muleta géante pour deux autres séries plus appliquées et un bon redondo inversé sur la corne gauche. Une série de naturelles qu’il doit extirper au novillo bien réservé. Quatre manoletinas, passe qui décidément, plaisait beaucoup ce soir là et l’oreille entrevue se perdra dans quatre tentatives à l'épée. A la troisième, il se coupe à la main gauche. Le novillo, à la vue du sang, ne se sent pas bien et se couche. On le fait relever et un descabello en termine. Vuelta déçue. Et enfin sortie pour respirer un peu d’air.
 
 
 

Je dédie ce compte-rendu au gamin d’une dizaine d’années, assis à coté de moi, attentif et concentré durant les deux heures et demie de chaleur étouffante. Silencieux, il ne perdit rien du spectacle. En voyant naître cette aficion, je songeais aux tristes moralistes qui voudraient interdire l’entrée des arènes aux enfants de moins quinze ans…

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Published by Bronco - dans Compte-rendus
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commentaires

bruno 21/01/2008 12:48

Jy'etais des arenes cocasses pour un petit mexicain qui quoiqu'il arrive tire son epingle du jeu et un Santo en deconfiture...ST perdon priez pour lui.

Victor 29/08/2007 06:53

Tu étais le matin à la novillada sans chevaux ? J'aimerai avoir ton avis sur ce spectacle ?

Bronco 29/08/2007 07:27

Hélas non ! A mon grand regret , je n'ai pu m'y rendre . J'ai discuté avec deux personnes qui y avaient assisté et avaient apprécié .