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9 octobre 2007 2 09 /10 /octobre /2007 19:25
 

 

Encore un joli toro d’armures respectables, se nommant « Granerito »et pesant 567 kilos. Il présente le comportement général à la cape : voyage court, pattes jetées en avant et coups de tête. Il prend la première pique en se collant parallèlement au cheval, en poussant plus franchement la seconde mais sortant facilement du cheval au premier appel. Le CHANO, pour deux paires magistrales, est appelé à saluer. Et ABELLAN entre-temps a vertement tancé un péon qui donnait, par un coup de capote haut, des défauts à ce toro qui n’a pas besoin de cela.

Ce qui se confirme en début de faena, « Granerito »accroche la muleta par des coups de tête désordonnés. Une série à droite et une frayeur sur la passe de poitrine, la corne étant très menaçante. Deux autres séries à droite sont assez prenantes car le toro serre le torero et se retourne comme un chat sauvage sur chaque pecho. Une autre séquence de derechazos ne dissipe pas cette impression de menace que fait peser le toro. La fin sera moins brillante, le torero prenant, dans cette suerte, la pleine mesure du risque : une demi-épée ressortant tout de suite, un pinchazo prudentissime et une demi-épée qui suffira. Avis.

 

 

« Cantinillo », 565 kilos, au berceau de cornes large, sort au pas, fuit les capotes. Jean-Baptiste vient vers lui et, au centre, à défaut de pouvoir donner des passes de qualité, le fixe pour la sortie des piqueros.

Le final de la mise en suerte par une rebolera de grande allure suscite un murmure admiratif. La première pique est prise de manière médiocre, sans s’engager, la deuxième plus volontaire avec une certaine violence sur l’impact contre le cheval. Entre temps, PERERA avait réalisé un joli quite avec deux delantales et une demie-véronique. La mobilité du toro aux banderilles permet d’applaudir une grande paire de TEJERO.

Juan BAUTISTA s’avance au centre pour un brindis prometteur car l’on perçoit que « Cantinillo » s’est grandi depuis sa sortie. Premier cite de vingt mètres et, tout de suite, la faena part sur un haut niveau : deux derechazos longs, lents, profonds ; un changement de main et un pecho templé. Encore cité de loin, « Cantinillo » accourt avec caste et classe pour s’engouffrer dans une série à droite templèe, profonde, ponctuée par un pecho et suivie d’une trinchera. La rumeur monte sur les tendidos. Sur la série suivante à droite, Jean-Baptiste se redresse pour deux passes d’une beauté de cartel avec le corps relâché et Las Ventas rugit ! Deux séries à gauche chavirent l’arène par leur splendeur classique, de celle qu’on apprécie particulièrement en ces lieux et que les « olé ! » profonds ponctuent. Seule faute de goût de cette œuvre : trois manoletinas après avoir jeté l’épée. Heureusement, un molinete alluré qui montre la vivacité quasi-intacte du toro les fait oublier.

Ayant bien compris le potentiel restant chez son adversaire, l’arlésien cite pour un recibir parfaitement exécuté. L’épée entière, assez rapide d’effet, libère l’enthousiasme, la marée de mouchoirs et le président ne tarde guère à sortir le deuxième mouchoir. Enorme ovation pour « Cantinillo », toro possédant une vraie classe dans son comportement plein d’allant et de transmission et qui finit aussi fort pour sa dernière charge que pour la première. Et vint la vuelta d’une majestueuse lenteur où l’émotion du torero et du public semblaient à l’unisson.

 

Difficile de terminer pour PERERA qui, de plus, voit sortir un imposteur : « Ilustrado » de MARTELILLA, 542 kilos et une sortie d’une vivacité de mammouth à peine décongelé. Lui passe dans la cape mais comme un benêt. Si le picador est bon, le toro l’est moins face au cheval : une pique en attaquant haut et une autre de meilleur aloi mais brève. Le toro se montre mobile aux palos mais charge à mi-hauteur pour deux séries à droites sans vibration du fait du toro. A la troisième série, la charge se raccourcit. A gauche, le toro commence par sauter à la tête de PERERA sur la première charge puis ne permettra que des passes isolées en obligeant le torero un peu désabusé à se replacer. Une reprise à droite démontre que la charge se raccourcit encore. La faena se délite avec des accrochages de muleta. Cinq manoletinas de fin ne font pas vraiment remonter l’ambiance. Un avis sonne avant qu’une entière légèrement de coté envoie ce terne toro « ad patres ». Salut au tiers pour le matador qui ne pouvait pas faire plus.

 

 

 

En conclusion, une très bonne soirée grâce en premier lieu au bétail du PUERTO DE SAN LORENZO avec deux toros intéressants par leur agressivité encastée et deux autres de classe. Le sursaut de Miguel ABELLAN fit plaisir. M.A PERERA, même bredouille, confirme la qualité et la volonté affichée depuis un mois et on peut espérer pour lui (et pour nous) un avenir brillant, même si l’on sait combien la mécanique du succès est fragile. Quant à Juan BAUTISTA, on ne peut assister à sa sortie par la Grande Porte sans émotion. D’abord, pour l’aficion française que ce triomphe honore mais aussi pour la qualité du toréo pratiqué. Ce serein et profond classicisme représente la vérité tauromachique. Qu’on ne voit aucune malignité dans mon propos mais je préfère ce genre d’émotion à celui d’un « pendule » qui fait trembler. Et qu’un autre matador français triomphe dans un style différent est une excellente nouvelle…

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Published by Bronco - dans Compte-rendus
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commentaires

bruno 18/01/2008 17:27

bien fait pour ma gueule j'avais qu'a y aller

alex 10/10/2007 15:24

Je suis content de voir que je ne suis pas le seule à trouver Jean Batiste superieure à Castella. Et quand je pense que certaines personnes disait qu'il serait incapable d'arriver au haut niveau d'aujourd'hui, je me demande ce qu'il dise aujourd'hui. J'aimerai pas être à la place des fans de Castella qui pensait que Jean Batiste ne ferait jamais de l'ombre à leur chouchou (j'aurais hont de m'être trompé à ce point là) . Enfin le vrai, l'unique, le profond toreo à triomphé sur le toreo de public.Il faut espérer qu'il sera plus inteligent que l'autre, qu'il continue de prendre des vrais toros, pas des "toros bonbon", et qu'il n'oublie jamais qu'il peut tout perdre du jour au lendemain, mais pour cela je le crois bien entouré (Lopez n'a pas l'air d'être assoifer d'argent).

Bronco 10/10/2007 20:40

Le parcours de Jean-Baptiste est quand même étonnant ! Novillero , il faisait dans le genre "poderoso" . Matador de toros, il débute sa carrière avec des toros faciles , ennuie et s'ennuie, se cherche, ne se trouve pas, doute, arrête. Il revient et l'an dernier , subitement , se trouve et  confirme cette année avec un toréo vraiment personnel, classique , élégant et profond. Comme quoi le parcours d'un torero est tout sauf un fleuve tranquille et logique...