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2 juin 2008 1 02 /06 /juin /2008 23:20



 














Un qui sait, deux qui cherchent…
  

 

Le vent est fort, les nuages aussi noirs que nombreux arrivent de l’ouest. La pluie semble inévitable. Les vendeurs de ponchos à 2 € se réjouissent, ceux qui les achètent ne savent pas encore qu’ils sont jetables. Les madrilènes tardent à rejoindre leurs places d’où une pagaille jusqu’à la fin du paseo. Et là, miracle ou collusion de l’empresa avec les dieux, la pluie cesse et ne reviendra pas malgré un ciel très inquiétant à partir du cinquième toro.

 

Si la veille, on notait quelques vides à l’andanada des tendidos 3 et 4, cette fois-ci, c’est vraiment le plein. FERRERA est en dehors du burladero quand il entend des applaudissements venant des gradins. Lucide, il comprend qu’ils ne lui sont pas destinés, rentre et, quoique réticent à le faire, il finit par sortir du callejon, invité par le CID, pour répondre à l’ovation.

 

Sort Verecundo, cardeno, (né en décembre.2003, 514 kg) qui freine dans la cape et n’y met pas la tête. Il est quelque peu protesté pour une patte avant droite suspecte. Un peon maladroit l’envoie sur le réserve et sous la bronca. Une pique sans enthousiasme et une deuxième sans plus se livrer dont il sort en fléchissant. Quite sans aucun intérêt de LOPES-CHAVES. Le sieur FERRERA qui n’a encore rien fait, arrive avec les banderilles. La série des poses ira du médiocre au correct en passant par l’anodin. Notons quand-même que les sauts hystériques après les poses sont moins caricaturaux ici. Mais sans le numéro de la course en reculant main sur le frontal, même le secteur ombre aurait peu applaudi. La faena ? Dès la deuxième série à droite, «  fuera de cacho », les secteurs 7 et 8 commencent à se faire entendre. La charge du Victorino paraît plutôt bonne mais le torero abuse du « pico », se replace de cinq pas entre chaque passe, trépigne un peu mais sans convaincre personne. Un pinchazo et deux-tiers d’épée plus tard, avec l’aide des « enteradores », FERRERA revient au burladero sous un silence indulgent.

 

« Galguero », negro entrepelado, (né en novembre 2003, 504 kg) très armé sort sous un rayon de soleil inespéré. Très court de charge, il jette les pattes et donne des coups de tête dans la cape de LOPES-CHAVES. La première pique est bien poussée, la deuxième le voit surtout donner des coups de tête. Aux banderilles, il vaut mieux poser à droite qu’à gauche. Ensuite, la faena sera sans transmission de la part du toro, sans engagement ni technique de la part du torero. D’où une léthargie générale seulement troublée par le bajonazo de conclusion. Le toro sans caste sera plus sifflé que le torero.

 

Passons aux affaires…ou plutôt au torero sérieux. Voici « Pestiño », autre negro entrepelado (né en novembre 2003, 539 kg) un toro long, ensellé, veleto. Le CID enchaîne trois véroniques vibrantes, une bonne demie et une rebolera très serrée à gauche où le toro lui piétine le pied gauche. La première pique est moyennement poussée, le toro baisse de ton dans la seconde, donnant des coups de tête. Il montre de l’allant aux banderilles et permet au BONI de briller avec une deuxième paire alliant élégance et engagement face à une armure impressionnante. Salut sous une grande ovation.

Pas de préparation pour le CID. D’entrée, de quinze mètres, il cite pour cinq derechazos où le toro s’engouffre avec force et n’est libéré que par un pecho de qualité. Appelé d’aussi loin, encore une série à droite où le toro « fait l’avion », avec le mufle frôlant le sable. Dans la série, le torero perd la muleta, la reprend, finit la passe ! A gauche, la charge s’avère plus courte, plus brusque. Dans deux séries sur ce coté c’est une bagarre dont on extrait deux belles naturelles. Repris à droite, le toro démontre qu’il a compris l’essentiel et qu’il convient de ne pas insister. Un mete y saca dont le CID sort accroché. Une demi-épée précède un avis et un descabello.

J’aurais aimé que le public applaudisse ce toro, il ne le fit pas. En revanche, l’ovation obligea le CID à sortir du callejon pour saluer, ce qui était légitime.

 

La deuxième partie débute avec « Polvaredo », cardeno (né en novembre 2003, 520 kg) avec une armure très large en hauteur. Après trois véroniques, il freine, jette les pattes et envoie des hachazos. FERRERA ne peut donc que calmer sa charge et l’amener vers le centre.

La première pique est poussée avec rage, la seconde beaucoup moins. Entre-temps, il a menacé à gauche le torero. FERRERA profite de l’allant de ce toro pour poser une paire moyenne, un quiebro au centre et un autre entre barrières et toro. Correctes, mais pas de quoi monter aux andanadas. Deuxième démonstration de toréo «buste cassé», décentré, truqueur, muleta retrasada, mobile, sans aucune domination. Quatre séries à droite et trois séries à gauche ainsi, c’est long. Demi-épée, descabello et le malheureux (nous aussi d’ailleurs) repart sous quelques sifflets. Le toro étant lui applaudi.

 

Quel traitement pour « Plateresco », cardeno (né en novembre 2003, 551 kg) un magnifique toro long et très ensellé, d’armure très large. Il est applaudi à sa sortie, dans une arène qui en a vu pourtant d’autres ! Fuyant les capes, il ne permet pas à LOPES-CHAVES de toréer avec le capote. Dans la première pique, le toro se montre désordonné, il s’élance avec force dans la seconde et bataille avec des coups de tête. Il ne montre guère de spontanéité aux banderilles. A la muleta, charge courte à droite, avec coups de tête en arrivant à hauteur du torero, à gauche, peu de charge également, le tout aidé (si l’on peut dire…) par une muleta aussi prudente que malhabile. Un pinchazo, une demie-épée, trois descabellos, en somme, un final en rapport avec ce qui précédait. Le toro est justement sifflé. Silence fataliste envers le torero.

 

On sait depuis le début que le seul espoir de réussite tenait dans les deux toros du CID. Il se dit, et se vérifie souvent, que ce torero bénéficie d’une chance insolente. On espère confirmation avec la sortie de « Colombiano » cardeno (né en novembre 2003, 526 kg) aux armures entre la lyre et le buffle ! Avec ces attributs, il arrache la cape dans laquelle il s’était jeté avec agressivité pour trois véroniques. Le CID reprend son bien et donne deux élégantes demi-véroniques. On assiste au meilleur tercio de piques de la soirée, grâce d’une part à la charge forte et brave en deux occasions et du fait aussi de la prestation du picador et de sa monture qui seront très applaudis.

Entre les deux rencontres, on avait apprécié un joli quite par delantales. Le banderillero, « Alcalareño », très laborieux, fait froncer les sourcils au maestro qui a hâte de débuter sa faena. Et voici trois profondes naturelles au centre puis une autre série moins parfaite car la caste du Victorino n’a rien de conviviale. Vient une autre série à gauche où il faut toute la maîtrise technique du CID pour mener à bien le combat. La clameur de Las Ventas a ponctué les séries, un peu plus rauque, un peu plus sentie au fil des séries. Il faut dire que la dernière série à gauche crée une véritable émotion, entre l’engagement sincère du torero et la caste enragée du toro qui à la toute fin de la longue passe, essaie encore d’attraper cette muleta insaisissable. Pris à droite, le Victorino est plus rétif dans la première série et reprend son attitude hyper-combative dans la série suivante. Combat intense où aucun ne veut céder. L’homme aura le dernier mot avec deux passes du mépris « de cartel ».

Vient l’heure de l’épée, celle des doutes du CID, celle d’un fatalisme mêlé d’un fol espoir dans les tendidos qui connaissent les affres du torero dans l’exercice. Le silence fait place au cri de déception dès que l’on perçoit la résistance de l’os contre l’épée…pinchazo ! L’avis sonne juste avant une entière en arrière un peu couchée qui suffira cependant, le toro (seule fausse note de son combat) rejoignant les barrières pour s’y coucher. Les mouchoirs sortent cependant, nombreux, bientôt majoritaires et un péon doit s’interposer pour empêcher le train d’arrastre de franchir la porte sans que l’oreille soit prélevée sur le toro. Las Ventas s’est un peu offert cette oreille pour se consoler de voir un si bon torero se priver de trophées par l’épée. On vit cette gratitude populaire lors de la vuelta, où même au « 7 », il n’y eut que deux ou trois personnes pour lui chicaner ce succès.

 

 

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Published by Bronco - dans Compte-rendus
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commentaires

bruno 03/06/2008 17:12

J'ai pas vu ,j'ai lu  et j'en ai entendu parler:El Cid:"una leccion"

Bronco 03/06/2008 20:38


Parar , mandar y templar . Cela paraît si simple quand c'est ainsi réalisé...