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24 juillet 2008 4 24 /07 /juillet /2008 09:36

 

 

 

                                                            6 Toros de LA QUINTA

 

                                                                        pour :

 

 

EL FUNDI (Oreille et Oreille)

 

Julien LESCARRET (Oreille et Salut au tiers)

 

Antonio Joao FERREIRA (Oreille et Vuelta)

 

(Vuelta posthume au premier toro et sortie en triomphe du Fundi et du mayoral )

 

 

__________________________

 

 

Si près des étoiles…

 

 

Tout respire la modestie chez Antonio Joao FERREIRA qui a suivi une trajectoire de novillero aussi longue (5 ans de piquées) que confidentielle. Jusqu’à cette phrase surprenante chez un torero s’apprêtant à devenir matador. On le questionne s’il continuera à banderiller lorsqu’il sera matador, réponse de l’intéressé : « Sincèrement, je ne suis pas un banderillero spectaculaire, je le fais plus en pensant à l’avenir ». Et voilà ce garçon quasi-désabusé avant de commencer qui aurait pu être le triomphateur de la Madeleine 2008. Il aurait suffi pour cela d’un peu plus de volonté ou d’un soupçon de chance pour que l’épée ne s’enfonce pour occire le sixième toro. Nul doute que deux oreilles seraient tombées, et ajoutées à celle gagnée face au toro d’alternative, le nouveau matador vivrait un rêve éveillé aujourd’hui.

 

La déception est grande mais doit être tempérée car on peut douter que le jeune portugais retrouve un jour deux adversaires de cette qualité. Le premier, Frasquito, au trapio très respectable, charge avec une certaine réserve à la cape et serre le torero à droite. Il envoie l’impudent cheval au sol à la première rencontre, s’élance de loin pousse avec rage lors de la deuxième, repart de loin pour la troisième rencontre qui sera moins poussée. Par sa vitesse et sa mobilité, il donnera beaucoup de fil à retordre au laborieux banderillero qu’est FERREIRA. Dans la faena, Frasquito démontre une caste incroyable, donnant beaucoup de valeur à tout ce que fera le torero par cette charge franche et agressive qui demande beaucoup de courage pour être soutenue et qui ne permet pas la moindre erreur. Une hésitation sur un pecho fut punie d’une voltereta spectaculaire. La demi-épée en arrière suffit pour en finir et la vuelta de ce monstre de caste s’imposait.

 

Le sixième toro était long, haut, fort armé et fut applaudi à sa sortie. Sa charge longue et encastée permet à FERREIRA une série de véroniques bien dessinées et vibrantes. Une pique en poussant parallèlement au cheval et la seconde en s’endormant sur le peto. Compliqué pour les banderilles par l’attention permanente qu’il portait au torero. Ensuite viendra la faena où le toro démontre classe et noblesse, avec une longueur et d’une douceur de charge étonnante. Un peu méfiant au départ, FERREIRA prendra confiance rapidement et à la troisième série à droite, le torero donnera des muletazos beaux et très lents, corps relâché. Ce toro offrait littéralement ses oreilles au torero. On connaît la suite. Une rencontre bizarre où l’épée bascula et se retrouva positionnée verticale vers l’avant ! Deux pinchazos, une entière plutôt horizontale et deux descabellos pour un seul avis. La mine aussi fatiguée que désespérée du torero émut le public et le salut se transforma en vuelta chaleureuse.

 

 

Julien LESCARRET jouait gros compte-tenu de la polémique (déplacée) qui avait surgi lors de son inclusion dans les cartels montois. Bien à la cape avec cinq bonnes véroniques et un joli remate. Ce toro prit deux piques : la première avec fixité, la seconde en partant d’assez loin. Le CHANO nous régala de deux paires énormes d’engagement devant un toro qui ne se laissait pas faire. Je donne cent paires de l’agité de Jerez pour deux poses de cette qualité. Tendidos debouts pour faire saluer le CHANO. Ensuite, Julien LESCARRET mit du temps à rentrer en confiance et à s’accorder à ce toro. Retenons deux séries de naturelles de cette faena inégale que le landais tua efficacement ce qui lui valut une oreille qui lui fit et nous fit plaisir. Toro et torero furent fort applaudis.

Le cinquième était le plus compliqué, trop à l’évidence pour Julien. Ce toro s’engageait à la cape et se retournait vite. Il prit deux piques sans trop s’employer. Châtiment mesuré car il montrait des signes de faiblesse. Brindis à Guillaume François sous les sifflets d’un quarteron rancunier. Le toro s’arrêtait dans la muleta, protestait. Muleta accrochée, sans solution technique ni grande confiance, le torero coupa court et conclut proprement d’un tiers d’épée suivi d’une entière en place.

 

 

Et le FUNDI ? Sortie en triomphe tout à fait normale tant il démontra science, volonté et bon goût avec deux adversaires pas évidents. Cape autoritaire devant le second toro peu piqué en raison d’une faiblesse des pattes avant. Le brindis au public m’étonne au vu des possibilités du toro. Le FUNDI lui sait, et va réaliser une faena ajustée au millimètre pour trouver la vitesse de défilement de la muleta et la hauteur adaptée aux capacités du toro. Une leçon magistrale pour un travail s’améliorant et terminant par trois subtils derechazos pieds joints et un pecho. Il est soulevé sur la première entrée a matar et le toro reste très menaçant sur le pinchazo hondo et l’épée entière qui conclut. Oreille très méritée. Toro applaudi.

Le quatrième, haut et très long, est encore applaudi à sa sortie. Il ne répète pas dans la cape, prenant les véroniques une par une, réfléchissant entre les passes. Il pousse fort et avec fixité dans deux piques. On change le tiers des banderilles après deux paires à la demande du matador. Il faut tout le métier et la volonté du FUNDI pour garder dans la muleta ce toro qui manifeste l’envie de partir vers les planches dans les séries à droite. Il accroche le FUNDI qui ne s’en émeut pas. A gauche, série de naturelles aidées. Une estocade entière et précise. Trois descabellos. Oreille justifiée et ratifiée par une vuelta très applaudie. Le toro compliqué à la caste matinée de beaucoup de genio est également applaudi.

 

Le FUNDI et le mayoral de LA QUINTA sont portés en triomphe devant une arène reconnaissante d’avoir vécu une après-midi dont il faut rechercher très loin pour retrouver une telle intensité au Plumaçon (peut-être le mano a mano Liria –Tato avec les Victorino…)

 

 

A noter que dans ce lot, les 4ème et 6ème toros étaient physiquement plus dans le type victorino et les autres dans le type buendia. Tous avec une présentation superbe, au-dessus de la catégorie de l’arène.

 

Bonne présidence de Garzelli en regrettant son geste malheureux pour accorder l’oreille du quatrième puis son salut provocateur devant les sifflets qui lui étaient adressés. Un président se doit de rester impassible.

 

 

Enfin, un mot sur les quatre jeunes filles des delanteras ombre habillées de manière identique qui s’agitaient avec frénésie à chaque vuelta en faisant tourner au-dessus d’elles des foulards portant des inscriptions. On ne pouvait que les remarquer et la mine réjouie et l’œil égrillard des cuadrillas en sont la preuve. Pour avoir vu (de plus près) les nymphettes de noir vêtues après la corrida, j’ai vérifié qu’elles représentaient une marque de boisson énergisante fabriquée dans le département. Toutes charmantes qu’elles soient, je me suis interrogé sur ces pratiques qui consistent à se servir d’une arène pour se faire de la publicité…

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Published by Bronco - dans Compte-rendus
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