Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

www.basta-ya.net

Accédez directement à ce blog grâce à l'URL :
http://www.basta-ya.net

Recherche

Réagissez !

Vous pouvez réagir à tous les articles de Bronco en cliquant sur le lien commentaire (x)présent sous chaque article.

Articles Récents

16 août 2008 6 16 /08 /août /2008 08:21

 Compte rendu : NOVILLADA DE ROQUEFORT 15-8-08

 

 

On entendait diverses réactions à la sortie des arènes, certaines exprimant une déception énervée devant la prestation du lot de GALLON. Pour ma part, songeant avant la novillada à ce talon d’Achille de cet élevage, je fus déçu certes mais peu surpris.

 

Le temps était nuageux mais très agréable, surtout à la file 4 du tendido soleil ( 34€ ) qui se mua en contra-barrera par la grâce des invendus. On revit même épisodiquement le soleil vers le cinquième novillo. Un trois-quarts d’arène réjouissant pour l’aficion en général et pour les organisateurs en particuliers.

 

Après le paseo, on subit un hommage à l’incombustible alguazil désormais à pied après sa voltereta parentissoise. Dès qu’il put, à pas très lent, regagner le callejon, on fit sortir le premier GALLON, costaud et armé pour tous les combats. Il prend la cape en freinant mais sans vice. On pressent déjà, à sa charge, un manque de solidité des pattes avant. Il prend une pique avec de la classe : fixe et poussant avec les reins. Mais il fléchit à la sortie et ce qui sera le leitmotiv de l’après-midi qui commence : on change le tiers. Autre quasi-règle de la corrida : réticence à répondre aux sollicitations des banderilleros, d’où tiers méritoire de la cuadrilla.

BELDA brinde au public mais sa faena s’avère médiocre. Le GALLON a bon fond mais présente les défauts de sa faiblesse : il avance par saccades à gauche. A droite, il flageole et accroche la muleta. Il ne faut pas l’obliger et le novillero réalisera sa meilleure série par des derechazos pieds joints sans grande déviation de la charge. Comme BELDA est du genre à toréer marginal, ces deux-là sont faits pour s’entendre. Un peu de toreo à genoux et desplante de plage pour faire monter la sauce (en vain…) puis quatre aidées de meilleur goût, un pinchazo et une entière bien exécutée. Le bon sens landais l’emporte : le novillo est applaudi et le novillero se contente d’un salut au tiers.

 

Liston, chorreado, bragado, armé pour la guerre; le second toro impressionne. Il jette les pattes dans la cape et serre à droite. AGUILAR, impavide torée avec temple au capote. Le novillo prend une pique sérieuse qu’il pousse avec cœur. Comme il fléchit, on change le tiers.

Aux palos, louables efforts des banderilleros qui auraient mérité de saluer pour des paires exposées du fait des difficultés du novillo mais le public distrait ne le vit pas. Bon début de faena prometteur mais l’allant du GALLON va bientôt s’éteindre. Il humilie dans la première série à gauche, à droite, sa charge se montre plus courte et défensive. Viendront ensuite des regards d’hésitations inquiétantes du novillo. AGUILAR fait preuve de maîtrise technique et d’aguante. La faena partait en quenouille (« en live » pour les plus jeunes lecteurs) mais le torero ranime l’intérêt par deux redondos successifs enchaînés. Un trois-quarts d’épée très bas refroidit aussitôt le climat. Novillo applaudi. Silence pour le bipède.

 

 

Superbe negro bragado, avec armures splendides. Charge réfléchie du novillo qui cornée à droite. Une pique prise avec plus de rage que de bravoure soulevant l’avant du cheval avec la tête. Il est assez peu piqué mais trop d’effort nuisant à ces toros, on change le tiers. Toujours aussi peu de réponse aux banderilleros. A la faena, le GALLON se transforme en un monstre de mollesse et de fadeur. Javier CORTES fait ce qu’il peut, élégamment d’ailleurs avec ce « marshmallow » mais quelques imbéciles des gradins semblent lui reprocher la désolante impotence physique et morale de l’animal. Seul reproche : il allonge inutilement avant de conclure d’une demi-épée tombée et verticale suivie d’un descabello. Silence pour les deux protagonistes. L’ennui est tombé sur les tendidos.

 

Toujours autant de prestance et d’armures pour le quatrième novillo qui se montre fuyant et tente de sauter dans le callejon, manquant de rester coincé entre la barrière et le burladero situé à coté du toril. Après s’être dégagé, il prend quelques véroniques avec une charge très claire.

En revanche, la pique est prise sans aucun style, tentant d’attaquer le cheval en le contournant par l’avant, puis se tenant parallèle contre le peto et ne poussant pas. Il confirme le caractère de manso montré à sa sortie. Autre confirmation avec son peu de réponse, comme ses frères, aux cites des banderilleros. Le novillero brinde au vestige de noir vêtu. S’ensuivra une faena mettant en évidence la noblesse remarquable du GALLON et la superficialité extrême de BELDA. Une démonstration de passes plus profilées les unes que les autres avec la largeur d’une avenue entre torero et novillo. Il ajoute à sa marginalité une muleta tenue en retrait. Par chance, un final en trois temps plus deux descabellos lui enlève toute chance d’abuser les naïfs.

 

 

Le cinquième novillo, veleto, est aussi beau que les autres mais paraît plus haut. Il montre peu d’intérêt pour la cape, montre des signes de faiblesse et, détail inquiétant, chute lourdement sur un recorte.

Cela ne l’empêche pas de pousser fort et avec fixité contre le cheval. La pique est rapidement relevée. Aux palos, le GALLON montre plus d’allant que les autres mais sa course incertaine confirme les doutes sur sa solidité. Mais on ne pensait pas assister au désolant spectacle qui allait venir Au deuxième derechazo, le novillo s’écroule sur son coté gauche. Relevé, deux passes plus tard, même effondrement sur le coté comme s’il évoluait sur du verglas ! Avec moultes précautions, AGUILAR tente à gauche mais la charge est très courte et défensive avec des coups de tête. Constatant qu’il n’y a rien à faire avec cet impotent qui, de plus, agace le public, le novillero abrège. Enfin presque, puisqu’une épée entière suivie d’un descabello est précédée de trois pinchazos. Silence pour le torero malchanceux, sifflets pour le bel invalide.

 

 

On soupire en craignant une soirée blanche, ou noire comme on voudra. Désabusés, on note à peine que ce sixième novillo présente une morphologie de toro redoutablement armé. Javier CORTES semble bien petit face à lui mais il s’impose à la cape par une série de véroniques vibrante et deux chicuelinas serrées.

La pique est prise avec violence et bien poussée avec les reins, le picador relâchant rapidement la pression, instruit de la faiblesse générale du lot. Mais ce dernier GALLON a décidé de gommer l’impression de ses prédécesseurs.
Il confirme son agressivité en poursuivant de manière spectaculaire le premier banderillero qu’il manque de rattraper en l’air alors qu’il saute la barrière ! Il en faut plus pour impressionner CORTES qui brinde au centre de la piste et commence à droite où le toro hésite, réfléchit ses charges avant de s’élancer avec violence. A gauche, cela commence mieux avec trois naturelles bien dessinées que le novillo-toro suit avant d’envoyer un terrible derrote comme pour décapiter le torero ! Reculant de deux ou trois mètres sous le violent impact, un peu sonné mais miraculeusement sans blessure, le torero reprend à droite et arrache une série que le toro, impressionné lui aussi par la volonté de ce gamin, concède à regret, mais avec caste, mufle collé contre terre.
Cette faena devient un combat entre un violent qui cherche quand il pourra frapper son adversaire et un garçon dont on sait qu’il ne s’échappera pas. Avantage à ce dernier avec encore deux séries de naturelles non seulement très méritoires vue le danger sourd mais de plus très élégantes dans leur dessin. Le GALLON voit cependant l’ouverture et crochète le mollet droit de CORTES, l’expédie en l’air, lui file une rouste émotionnante par terre, le relève et l’expédie à dix mètres de là. Il pense avoir gagné mais, blanc comme un linge, à moitié k-o, Javier écarte tout ceux qui veulent le secourir et repart au combat. Deux-tiers d’épée et cinq descabellos et du danger jusqu’au bout des cornes impressionnantes de ce GALLON, combattant dur mais respectable qui est tombé sur un torero qui a confirmé tout le bien qu’on avait pensé de lui lors de sa présentation ici même en juin. Un cœur énorme et de réelles qualités de muletero, une véritable personnalité de torero.
Voilà qui aurait mérité plus que les applaudissements qu’il reçut et remercia, avec beaucoup de modestie, d’un petit salut discret, en quittant la placita.



Belda au large...
Du coeur sans moteur
Aguilar appliqué
                                                        Il y avait du trapio...
Cortes allonge le derechazo
La visite manquée au callejon semble le laisser songeur
Les fréres Gallon le sont eux aussi...
Pecho de Cortes
A remarquer le départ à "cuerpo limpio" d'Aguilar et "l'implication" de Belda dans le callejon...




Départ du torero meurtri

Partager cet article

Repost 0
Published by Bronco - dans Compte-rendus
commenter cet article

commentaires