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8 août 2009 6 08 /08 /août /2009 22:30

BAYONNE. Arènes de Lachepaillet. 8 aout 2009

 

6 Toros d’ANA  ROMERO

 

Pour :

 

Julien LESCARRET (Oreille et Salut au tiers)

 

Sergio AGUILAR (Oreille et Oreille)

 

Luis BOLIVAR (Oreille et Oreille)

 

_________________

 

 

Demi-arène d’un public très attentif et averti. Ciel couvert. Température agréable, presque fraîche à la fin des deux heures trente de spectacle.

 

Très plaisante corrida du fait d’abord d’un lot d’ANA ROMERO très bien présenté dans le type Santa Coloma et équipé d’armures fort respectables, d’une noblesse encastée qui permettait à tous de briller (sauf le quatrième, faible et vite sur la défensive) à condition de les consentir. Le sixième possédait une classe extraordinaire à la muleta. Un bémol sur leur bravoure limitée au cheval.

 

Julien LESCARRET, décidé face à son premier, ne peut renouveler face au seul toro réservé de la corrida et sort à pied.

 

Sergio AGUILAR triomphe encore et c’est justice tant son toreo démontre engagement, aguante et élégance.

 

Luis BOLIVAR ne possède pas les qualités artistiques du co-triomphateur mais il torée avec précision, justesse et intelligence. Avec en sus deux estocades superbes qui justifient de le voir sortir « à hombros »

 

 

Les toros :

 

 

 

 

1er : « Algecireño », né en janvier 2005, 518 kilos. Un cardeño typique, ensellé, bien armé qui charge avec caste dans la cape. Il pousse avec vigueur au cheval mais la pique n’est pas appuyée. Lors de la seconde, il se colle parallèle au peto, la puya étant juste posée sur le dos. Bon comportement aux banderilles, il charge avec agressivité et poursuit les banderilleros, les faisant briller (salut). Il maintiendra ce comportement de toro encasté avec une charge qui transmet, des retours vifs en fin de passes. Il lui manque un peu de forces.

Applaudi.

 

 

2ème : « Cortito », né janvier 2005, 528 kilos. Un autre cardeño avec des taches blanches, plus haut sur pattes que le précédent. Il présente une trace de coup de corne récent sur le flanc droit. Il freine et serre en fin des passes de cape. Première pique brève prise avec violence. Seconde courte dont il sort facilement à la première sollicitation. Lors des banderilles, il se plaint du châtiment et montre du genio en désarmant un péon et le mettant en danger. Noblesse encastée, mâtinée de signes de défense, jusqu’au bout de la faena.

Applaudi.

 

 

3ème : « Corchaito », né en janvier 2004, 527 kilos. Superbe toro de 5ans et demi, long et très armé. Envoie des derrotes à droite et jette les pattes en avant dans la cape. Lors de la première rencontre, il se colle parallèle au cheval et sort facilement. Sa faiblesse de pattes ressort lors du quite. La seconde pique (très légère) est la copie conforme de la précédente. De l’allant et de la constance aux banderilles (salut des acteurs). Lors de la faena, il se montre parfois réfléchi, mais dans l’ensemble, noble à gauche, se défendant à droite.

Applaudi.

 

4ème : « Algarrobo », né en décembre 2004, 511 kilos. Un toro à la robe tirant sur le noir, très armé encore. Gazapeando à la sortie puis s’engage à la cape mais on perçoit une patte avant droite incertaine. Dans la première pique, il se tient collé en parallèle au cheval sans vraiment pousser. La seconde rencontre, imposée par le palco, sera symbolique. Beaucoup d’allant aux banderilles mais contrarié par la faiblesse de pattes. Dans la muleta, il charge d’abord à mi-hauteur avec un voyage court, puis va rapidement se réserver et faire preuve de genio, finissant arrêté.

Sifflé.

 

5ème : « Corbeta », né en décembre 2004, 549 kilos. Un superbe exemplaire plus massif et très armé qui s’engage avec force et rage dans la cape. Au cheval, il s’élance avec spontanéité pour un contact violent dont il sort seul aussitôt. Même violence pour l’entame de la seconde rencontre mais il se tient (attitude récurrente sur ce lot) collé parallèle au cheval. Il se plaint des banderilles et se montre assez défensif dans ce tiers. Il se montre noble des deux cotés, avec toutefois une certaine réserve parfois pour enchaîner les charges.

Applaudi.

 

6ème : « Alfarero »,né en décembre 2004, 543 kilos. Un toro lourd aux armures plus étroites. La charge à la cape est longue et claire mais on perçoit des faiblesses de pattes avant. Il pousse avec entrain et style dans la première pique. Il sort en s’écroulant. La deuxième rencontre sera de pure forme. Enorme de classe et de caste dans la faena, excellente charge mufle contre le sable, ce toro surmontera sa faiblesse ne tombant plus malgré une faena très longue où il conservera ces qualités jusqu’au bout.

Applaudi.

 

 

  

 

 

 

Les toreros

 

 

 

Interrogé dans le papier de présentation de la corrida, Julien LESCARRET disait « Il faut des résultats, coûte que coûte ». Et en effet, il sort décidé à la cape, puis aura de bons moments dans la faena, notamment une série à gauche baissant la main. Cependant, la faena sera inégale et le torero m’a semblé rester un peu en dessous des qualités du toro, exigeant il est vrai. L’entière est un peu desprendida mais d’effet assez rapide et puis le landais, qui est désormais un peu bayonnais, a le soutien du public, d’où une pétition importante menant à l’oreille.

Le quatrième était celui qui servait le moins et la faena, brindée au Fundi, tournera vite court malgré les efforts du torero. Quatre entrées plus un descabello n’empêchent pas le public de l’appeler pour saluer.

 

 

Sergio AGUILAR accueille son premier toro par des véroniques pieds joints. Joli début de faena par doblones genou plié suivi d’un pecho alluré. Il réglera les problèmes d’accrochage de muleta causé par une certaine violence de la charge pour réaliser une faena dominatrice dont on peut extraire d’excellentes naturelles. Conclusions par bernadinas faisant trembler le public puis une estocade engagée résultant contraire et trasera, suffisante. Pétition importante et oreille méritée.

La seconde faena débutera par statuaires et passe du mépris. Suivra une faena assez longue avec des séries de qualité et de très jolis détails. Beaucoup d’aguante chez ce torero qui ne pourra toutefois accomplir une faena totalement accompli, une certaine réserve du toro empêchant des séries plus rythmées. Un pinchazo quand sonne l’avis puis une entière basse d’effet quasi-immédiat. Nouvelle oreille et sortie en triomphe pour ce torero vraiment intéressant.

 

Luis BOLIVAR l’accompagnera à la sortie. Bien à la cape avec des mises en suertes originales. Sa faena ira en s’améliorant face au premier toro, âgé, dont il calmera la violence et à qui il donnera confiance. Préparation minutieuse pour un grand coup d’épée. Oreille avec pétition de la seconde.

Evacuons la faute de goût du colombien qui réclamera, après une partie du public, la musique lors de sa seconde faena pour retenir l’intelligence du torero qui réalise un début de faena très ajusté et adapté aux forces de l’animal puis  permettra de démontrer toute la caste et la classe de ce toro. Il manque certes une dimension artistique à ce torero. Néanmoins, son toreo net, précis et sérieux me plait beaucoup. Encore un estoconazo. Si, comme au Moun, le matador n’avait pas fait l’erreur d’attendre beaucoup trop longtemps avant de prendre le verdugo pour conclure, la seconde oreille serait peut-être tombée.

Vue de la file 1 couverte à 45 €



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Published by Bronco - dans Compte-rendus
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commentaires

Thierry 09/08/2009 15:13

Course en effet interessante ! Et compte-rendu toujours aussi "a gusto"Par contre, j'ai été sujet à questionnement concernant la faena de Bolivar au 6ème.Il m'a semblé qu'il y avait eu deux temps dans cette faena. D'abord, un toro paraissant réticent à vouloir charger, d'où de nombreux cites, des passes isolées, et un torero ni toujours croisé et ni dans le bon sitio.Puis, subitement, la muleta imposée en permanence à la vue du toro, a déclenché la charge de celui-ci donnant davantage de relief à la fin de la faena. Juste avant le début de ce second temps, Bolivar avait réclamé la musique qui lui fut refusée. Elle fut déclenchée juste après.Il m' avait semblé également que, souvent, les toros d'encaste Santa Coloma embistaient d'autant mieux qu'on leur laissait le leurre le plus longtemps possible sous le museau (Ce qui fut le cas ici).Bien entendu, cela exigeant de la part du torero une forte implication.Et souvent, dans ces situations-là, l'émotion naît... puis augmente d'autant plus que le torero parvient à réduire les distances.  Enfin, concernant ce toro, je n'ai perçu (mais peut être à tort ?) aucune malignité (en particulier à droite).Mes questions :Ai-je mal jugé le toro ?On ne peut pas dire que Bolivar méconnaisse l'encaste SC, alors pourquoi a-t-il tardé à "appliquer" la technique gagnante ?Enfin, n'aurait-il pas pu, dans cette seconde partie de faena, faire passer plus près le toro (plutôt que se limiter à une posture "cassée", buste en avant, bras tendu...) et moins (ab)user du pico ? Il me sembe qu'alors, cette faena aurait pris une toute autre résonnance... et générer une émotion, qui personnellement ne m'a pas habitée.Peut être avais-je trop en tête, les toreos "au plus près" des acteurs de la corrida de la veille ou celui d'Aguilar, qui, juste avant, s'était fait par deux fois bousculer - sans broncher ni rompre - lors du passage du cinquième toro ?Ces images m'ont elles subrepticement conduit à vouloir comparer et... donc à ne pas être aussi objectif qu'il eut fallu sur la prestation (de qualité toutefois) de Bolivar ?AbrasosThierry

Bronco 09/08/2009 16:14


Le toreo de Bolivar suscite en effet débat. Sur ce sixième, j'ai trouvé aussi que le torero a mis un moment à découvrir les potentialités réelles du toro. Souvenons nous qu'il est apparu très
faible (et fut protesté par une partie du public lorsqu'il s'effondra aprés les piques !)

Donc, le colombien a commencé "piano" jusqu'à découvrir que la caste du toro lui permettait de surmonter cette faiblesse . A partir de là, la seconde faena a commencé en baissant la main. Si, comme
indiqué, ce ne fut pas la tauromachie inspirée d'Aguilar, cela démontra néanmoins la qualité supérieure du toro.

Pour ce qui est de la nécessité de baisser la main, on le vit clairement lors de la première faena de Lescarret où la meilleure série (à gauche) se passa à ce moment là.