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27 août 2006 7 27 /08 /août /2006 20:16

 

Quand sort "Hortelano", un cardeño de 528 kgs, né il y a quatre ans et demi , on subodore que rien ne va être évident. Il s' économise et ne gaspille pas son énergie à courir dans le ruedo. Il confirme son intention de ne pas se laisser faire dans la cape que lui présente CRUZ. Il freine et, au lieu de passer envoie des coups de tête .

 

Deux piques prises sans pousser réellement mais en distribuant des derrotes vers le picador, puis vers l'arrière du cheval. La codicia se confirme et les espoirs d'une faena autre que défensive nous ont abandonnés. FANDIÑO doit penser comme nous puisqu'il part pour un quite auquel il renonce devant le refus de "Hortelano" de s'engager .Chez LA QUINTA, on n'a pour coutume de faire briller

.

Les banderilleros en ont à peine terminé, avec plus de peine que de gloire (vous avez deviné que le toro ne démarrait pas aux cites...) que nous voyons, un peu incrédules, Fernando s'avancer au centre et brinder la mort de ce toro au public !

Début pertinent, autoritaire et très torero : quatre doblones , genou plié pour soumettre l'avisé. Puis, pas de temps perdu à observer : le torero donne tout de suite quatre derechazos longs, dépouillés, profonds et engagés, plus une passe de poitrine. Hortelano, surpris comme nous de l'audace, est déjà sollicité pour une autre série. Il prend deux derechazos encore puis, au troisième, décide qu'on ne va pas l'avoir ainsi. Au milieu de cette passe, à hauteur du torero, il s'arrête, menaçant. CRUZ, immobile, impavide, toque simplement, une fois, deux fois sous la menace de la corne et dans le silence de l'arène consciente du danger, et Hortelano cède et charge dans la muleta pour finir la passe !

Le sentiment général est à l'inquiétude car on sent que l'on est sur le fil du rasoir quand CRUZ saisit la muleta dans la main gauche. Deux naturelles concédées à regret par Hortelano. A la troisième, cela suffit ! Le toro quitte la muleta pour la cuisse gauche du torero qu'il soulève. Le public crie, le torero regarde à peine sa taleguilla perforée. No pase nada ! semble-t-il dire. Et une série à droite pour dire à Hortelano qu'il ne l'emportera pas.

 

Reste à tuer. Comme on connait Fernando, on craint le pire. La prudence, la raison commanderait une entrée raisonnable. On sait que CRUZ est incapable de cette forme de raison, qu'il s'agirait pour lui d'une trahison. Et ce torero a une tête à mourir plutôt qu'à trahir. Il s'élance donc sur Hortelano, se couche sur lui en posant jusqu'à l'avant-bras droit sur le dos pour pousser l'épée encore au delà de la garde. A cet instant Hortelano frappe la cuisse du torero avec sa corne droite. A ce niveau d'engagement, c'était inévitable. Le torero chute et Hortelano se retourne, frappé mais pas vaincu, et s'acharne sur lui des secondes interminables avant de pouvoir être écarté. L'émotion est intense quand on parvient enfin à relever CRUZ meurtri, tuméfié avec une  deuxième perforation du costume  bien plus évidente sur la cuisse gauche.  Statue de douleur, tenant à peine debout, CRUZ refuse d'être emporté par ses peones tant qu' Hortelano n'est pas mort. Lorsque le puntillero en a terminé, le torero s'écroule lui aussi, inconscient à présent et est emporté par sa cuadrilla courant vers l'infirmerie .

Peut-on toréer ainsi en faisant abstraction du risque pour une sorte de quête d'un toreo aussi pur, quasi mystique ...? On songe en voyant toréer Fernando CRUZ aux tableaux du Greco, un sentiment de fatalité semble  habiter ce torero .

 

Du sang, de la sueur et de l'âme ...

 

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Published by Bronco - dans Compte-rendus
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