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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 12:02

 

 

 

Ils ne sauront pas ce que je pense d’eux mais, c’est égal, je veux quand même ici redire tous le mépris que je leur porte. Je veux parler de cette frange de spectateurs qui ont hurlé, avec leurs faces vulgaires, leurs mimiques obscènes, contre Fernando Robleño lors de sa vuelta. J’imagine que leurs vies doivent être remplie de hauts faits, marquées d’un courage et d’une probité de tous les instants. Cette haute qualité leur confère l’autorité morale pour insulter grossièrement un homme qui vient de risquer sa vie en s’engageant pour enfoncer une épée dans un animal sauvage de plus de cinq cent kilos.

 

A tous ces héros méconnus, je dédie ce propos d’Albert Enstein.

 

« Deux choses sont infinies : l’Univers et la bêtise humaine. En ce qui concerne l’Univers, je n’en ai pas encore acquis la certitude absolue. »

 

 

 

 

 

Compte-rendu de la corrida de l’après-midi du dimanche 12 juin 2011 à Vic-Fezensac

 

 

 

 

A l’heure du paseo, on perçoit quelques espaces vides du coté des tendidos soleil. Il fait chaud, un peu lourd et, sont-ce ces conditions atmosphériques où les difficultés désormais exaspérantes pour parvenir à se garer dans cette anarchie vicoise, une grande partie du public sera nerveuse durant la tarde.

 

 

Le premier CEBADA, un colorado fort et fin d’armures, ne semble pas très lourd. Une sortie vive et une bonne charge permette un toreo de cape vibrant pour RAFAELILLO.

Une pique courte et peu appuyée n’empêche pas le toro de s’affaler en quittant le cheval, d’où un second contact symbolique. Il est mobile lors du tercio de palos mais se secoue pour tenter de sortir les banderilles.

Brindis au public et début à droite démontrant beaucoup de noblesse  mais aussi une certaine faiblesse chez le toro. Il en va de même lors de la série à gauche où RAFAELILLO subit un désarmé. Sentant peut-être que la faena ne suscite qu’un intérêt poli, le torero verse dans le baroque. Deux passes à genoux incongrues puis pechos enchainés à la va-vite font monter le niveau des applaudissements. L’oreille entrevue s’envole après trois tentatives à l’épée, une entière tombée et contraire, un avis et un descabello. Silence déçu.

 

ROBLEÑO reçoit un toro noir, fin de type, aux pointes aigües, qui jette les pattes et se retourne vivement lors des véroniques.

Sa cuadrilla, médiocre toute l’après-midi, laisse échapper le CEBADA qui va au contact des picadors dès leur sortie. Une pique légère à l’improviste dont il sort facilement. Puis une seconde brève, prise correctement, aussi peu appuyée que la précédente.

L’animal confirme ses mauvaises manières lors des banderilles, dont il se plaint beaucoup et en sautant lors de la pose.

ROBLEÑO utilisera une grande surface de muleta, le pico lors s’une faena prudente. Prudence compréhensive devant les derrotes inquiétants du CEBADA en cours de passe.

Lorsqu’il se profile pour l’estocade, on ne s’attend guère à ce qui va suivre : une entière plongeant sur le toro. Le matador est soulevé spectaculairement par la corne droite. Retombé au sol, il manque de peu d’être pris et se relève heureusement et miraculeusement. Le toro tombe rapidement.

Du fait de cette conclusion pleine d’émotion, des mouchoirs sortent. Et, bien que la pétition soit très minoritaire, le palco accorde l’oreille, ce qui donnera lieu à d’odieuses manifestations évoquées plus haut. Bronca au Président.

 

 

Le troisième CEBADA est magnifique, veleto. Sa charge vive s’exprime bien dans la cape rapide de Luis BOLIVAR.

On assiste à un bon tercio constitué de trois piques, le toro s’élançant de loin sur un picador de qualité.

Le tercio de banderilles est long, trop long du fait des difficultés à fixer l’animal.

BOLIVAR se plante au milieu du rond pour deux passes changées impressionnantes d’aguante et de sérénité. On ne sait pas encore que l’on a vu le meilleur. Le CEBADA va, à partir de là beaucoup baisser de ton, se réserver, d’où des passes, à droite et à gauche, dispensées une par une, sans pouvoir enchaîner. Malgré une certaine élégance dans le geste, cette absence de liant finit par ennuyer, puis indisposer le public. D’autant plus que le toro finit par se décomposer et que le final démontre une très grande prudence avec l’épée. Deux pinchazos et une entière. Silence désabusé.

 

 

Le quatrième de l’envoi est plus haut, ensellé et, comme les précédents très armé. RAFAELILLO apparaît très incertain avec la cape, le toro est distrait mais fait illusion dans la première pique, prise avec force en partant de loin. Bonne impression atténuée lors de la deuxième rencontre : il s’écroule au contact, se relève, pousse légèrement puis sort seul. Comme ses frères, il accuse la pose des banderilles.

Lors de la faena, on constatera un comportement proche du second : court de charge et coups de tête vers le haut dans la muleta. Le matador décide d’en finir, d’une entière basse portée sans s’engager. Silence résigné sur les tendidos.

 

 

Après la série de très bonnes véroniques serrées que délivre ROBLEÑ0 au cinquième toro aussi beau que le précédent, on se prend à espérer. La charge est forte et transmettante. Les péons réitèrent la même faute qu’au deuxième et le toro prend une pique près de la porte des cuadrillas. Puis deux autres sans style et enfin une quatrième après la sonnerie alors que le picador rentrait au patio ! Avec la muleta, ce sera réduit à quasiment rien. Le toro ne veut pas se fixer sur les cites. Devant un animal aussi peu clair, ROBLEÑO sans aucune confiance, en finit d’une entière basse. Sifflets énervés.

 

 

Final en deux épisodes. Un colorado fléchit plusieurs fois, est protesté et le Président sort le mouchoir vert après la seconde pique, ce dont torero et cuadrilla ne s’aperçoivent pas tout de suite ! Retour aux corrales d’un amateurisme folklorique.

Sortie d’un sobrero noir et rond, de cinq ans, sans aucune annonce ni au micro, ni par panneau, sans devise. Il s’agissait d’un toro de LA CAMPANA qui prend une première pique poussant par à-coups puis une seconde rapidement relevée. Long et pénible tercio de banderilles où BOLIVAR montre des signes d’agacement envers sa cuadrilla. Le début de la faena laisse quelques espoirs devant la mobilité et une certaine noblesse du toro. Mais cette espérance va se déliter : à gauche, le torero doit se replacer entre les passes et la charge ne transmet guère. La charge se raccourcit et l’on tombe dans une médiocrité. Et comme BOLIVAR se jette dehors pour un pinchazo, puis deux-tiers d’épée, on n’a qu’une envie : partir reprendre sa voiture (à deux kilomètres…) pendant que le public se partage entre palmas y pitos.

 

 

 

Fin pour ma part de cette Feria vicoise. Aucun regret d’avoir choisi cette version allégée.

  

 

Vu du huitième rang ombre (heureusement !) pour 57 €.

 

 

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Published by Bronco - dans Compte-rendus
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commentaires

Pepe Patanegra 16/06/2011 23:34



Le 7, désolé , le vrai ,celui des grandes années de Vidal aurait "lazzié" le palco mais n'aurait pas sifflé Robleño. et encore...peut-être aurait-il approuvé cette marque d'aficion de la part de
l'autorité. car c'est une grande marque d'aficion de se "rassembler" sur une estocade sincère et "a ley".d'ailleurs qu'a-t-il fait ce torero sinon considérer qu'il est avant tout Matador de
Toros. à cet époque-là aussi on pouvait couper une oreille sur un grand coup d'épée. se souvenir de la mémoire de l'histoire de cette profession a toujours, jusqu'à présent, donné lieu à des
marques de respect. je crois que le sidéral est atteint lorsque on en est à considérer que siffler Robleño, l'invectiver- après cette estocade et cette prestation j'insiste- est un acte
de résistance à la casasificationde la corrida. c'est , puisque le terrain est glissant osons, du même niveau que les propos du simounet sur Burgoa. 


Pepe Patanegra



Bronco 18/06/2011 11:19



Je pense aussi que ce serait se tromper de combat.



thierry reboul 15/06/2011 23:06



cher Velonero
je ne partage pas votre point de vue ,même si je le respecte
tout d'abord Robleno est un garçon courageux et valeureux qui a été dépassé par la complexité des Cebada Gago de dimanche.
quand on siffle un torero ce n'est pas l'homme que l'on siffle mais sa prestation

Dimanche Robleno n' a pas été bon et il est normal que des gens réagissent quand il est récompensé et fait une vuelta non méritée (le
pundonor aurait été de ne pas faire cette vuelta)
il a de plus payé pour un dérive triomphaliste et politiquement correcte qui transfome l'arène en salle de spectacle avec des spectateurs
qui sont forcément des ignares (Bonnet l' a dit sur une chaîne de télé , il y a ceux qui sont dans le callejon et les autres qui sont dans les gradins) qui sont là pour applaudir ,faire des
photos , demander des oreilles et surtout pas critiquer


Cette dérive initiée par le mundillo (groupe des 10 ,Casas) et relayée par de pseudos journalistes tels que Enrique Romero et Viard est en
train de tuer la corrida et d'énerver un certain nombre d'aficionados .Ces thurérifaires rêvent d'une aficion a los toreros et plus a los toros car elle est pour eux source de gains
faciles
Tant qu'il y aura des râleurs sur les gradins , défenseurs d'une éthique tauromachique comme les gardiens du temple du tendido 7,
la corrida survivra. C'est quand ils se tairont que mourra notre passion

tout ce week end ,certains journalistes (je ne parle pas de Bronco dont les précisions  apportées éclairent le point de vue) ont
entretenu un climat un climat délétère contre les présidents ou les publics qui empêchaient leurs poulains de triompher.
Il s'agit d'une manipulation de l'opinion par des gens qui sont de vrais fossoyeurs de la corrida et agissent pour leurs intérêts
financiers.
Tout comme cette ségrégation entre le bon public du matin et celui de l'après midi qui sert à Casas pour valoriser des mascarades au cours
desquels est bafoué ce qui est le vrai fondement de la corrida c'est à dire le toro bravo et dénigrer ceux qui ne sont pas prêts à se pâmer devant les ridicules pantomimes d'un Conde  devant
des sous-toros afeités
Je ne bois pas d'alcool quand je vais aux arènes (, je fais en moyenne 400 km AR à chaque fois et suis seul conducteur)  et suis aussi
lucide le matin que l'après-midi
je revendique le droit d'exprimer mon point de vue même s'il n'est pas celui de la majorité d'autant plus que 52 ans d'aficion structurée
par une éducation tauromachique commencée au berceau , quelques bonnes lectures et 30 à 40 courses par an me donnent le droit d'avoir ce point de vue.






Velonero 15/06/2011 21:10



Bronco, tout à fait d'accord avec tes appréciations sur le comportement honteux d'une partie du public. Il est vrai que le public du dimanche après-midi est particulièrement alcoolisé ce qui
n'arrange rien.


Thierry Reboul, siffler un torero pour un acte qui n'est pas de sa responsabilité (ici l'octroi d'une oreille) est crétin, comme le dit justement Bronco. En outre particulièrement irrespectueux
lorsque le matador s'est joué la vie comme Robleño l'a fait lors de l'estocade.


Je me demande si la suite de la corrida n'a pas été déterminée par cet incident. Il y avait beaucoup de méchanceté voire de haine dans les sifflets et les toreros ont décidé que ce public ne
valait pas qu'on prenne des risques... Ce n'est qu'une interprétation mais...



Bronco 18/06/2011 11:23



Il me semble, comme je l'ai déjà écrit, que le public de Vic actuel rejoint , par son coté disparate, celui de la plupart des arénes. Les réactions sont trés diverses suivant les secteurs de
l'aréne et même sur un même tendido. Les réactions ( ou l'absence de réactions ) sur certaines piques ou épées mettent en évidence ces différences.



thiery reboul 13/06/2011 13:44



de quelqu'un qui n'est pas plus crétin qu'un autre


 il ne faut pas confondre émotion et qualité ,ni se laisser aller par un courant de sympathie que peut inspirer un torero ausi courageux soit il


Manifester mo désaccord fait partie du droit que je revendique quand je vais aux arènes.


je pense que Robleno ne méritait pas un trophée au vu de l'ensemble de sa prestation.


son engagement à l'épée est certain , mais je suis incapable en vitesse réelle d'évaluer la qualité du geste.


la mort spectaculaire du toro n'est pas un gage de qualité non plus.


 


l'erreur vient de la présidence qui accorde une oreille contestable


donc contestée alors qu'une vuelta aurait été fétée .


mon expérience de l'arbitrage m'a appris que le coeur et l'amitié ,et pire le chauvinisme, font voir les choses telles que l'on voudrait qu'elles soient et non telles qu'elles sont.


avoir de l'affection pour un torero ne doit pas fausser un jugement et refuser que les autres ne le partage pas.


siffler un torero et une présidence fait partie des droits des aficionados( en restant dans les limites de laa correction aussi bien verbales que gestuelles)



Bronco 13/06/2011 19:21



Mon cher Thierry,


Vos observations me laissent penser que j'ai du mal exprimer ma pensée et donc être mal compris.


Pour moi non plus l'oreille n'était pas méritée pour la prestation de F. Robleño. Le commentaire sur sa prestation dans mon compte-rendu ne va pas dans ce sens et je précise que la pétition était
minoritaire.


Ceci étant dit, la bronca adressée au Président ne me choque pas alors que les gestes trés déplacés et insultants de certains spectateurs à l'adresse du torero lors de sa vuelta me choquent
compte-tenu du minimum respect que je tiens comme fondement de la conduite que l'on doit avoir vis à vis d'un torero.


Je tiendrais ce discours pour n'importe quel matador mais il est exact que j'ai aussi de la mémoire pour me souvenir que Robleño, voici quelques temporadas, se montra plein d'abnégation pour
tenir tête à un Criado Holgado dont la puissance et la sauvagerie aurait fait s'échapper plus d'un de ses compañeros plus huppés.


Cordialement.