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15 février 2010 1 15 /02 /février /2010 20:08

 

 

 

 

L’enceinte samadétoise avait la froideur du sépulcre ce dimanche et ceux qui la garnissaient méritaient de l’aficion. On sautillait sur place entre deux pour se réchauffer aux accents de la Peña «El Violin» et les palmas réchauffaient les mains, bien qu’applaudir avec des gants revient à tirer avec un silencieux.


 

Avec une petite dizaine de minutes de retard, le premier novillo déboule en piste. Il est bien fait et armé assez large et fin. Rien de notable à la cape. Une pique où le novillo s’emploie puis une seconde assez courte prise honorablement. C’est moins brillant aux banderilles, le novillo démarrant tard aux cites et allongeant le cou pour se défendre. Patrick OLIVER débute par statuaires avec quiétude puis aura des problèmes pour trouver la distance (muleta souvent accrochée et un désarmé à droite). A gauche, la charge est courte et le novillo est sur la défensive. Le Nîmois aussi qui conclue d’une entière un peu de coté, d’effet rapide grâce aux péons qui entrainent le novillo dans un tourbillon. Pétition de l’ordre de 40% et oreille de plage…de la mer du Nord. Le novillo reçoit quelques bravos.

 

 

Angelino de ARRIAGA, avec la cape, se met au niveau du coté brouillon de la charge du castaño liston qui lui échoit. Au cheval, prestation médiocre : coups de tête contre le peto, recule puis recharge, seconde rencontre du même acabit. Cette tendance de mansedumbre se confirme aux palos où il se secoue après les (deux) poses. Début de faena où le torero accompagne tous ses cites de la voix (c’est, comme au tennis, pénible). Faena très prudente, bruyante et lassante face à un novillo aux charges un peu âpres. Demi-épée en place et trois descabellos. Silence pour les deux protagonistes.

 

C’est encore un joli novillo, applaudi à sa sortie, que reçoit Miguel de PABLO.

Quasiment rien au capote, l’adversaire ne se fixant pas. La pique est bien poussée mais le novillo en sort en fléchissant. Changement donc et encore seulement deux paires de banderilles. Brindis au public. La faena ne prend pas de relief du fait de la charge noble mais faible qui nuit à l’émotion. Retenons quand même une série à droite avec deux ou trois muletazos fort élégants. A gauche, la charge est assez anémique. Conclusion par un pinchazo suivi d’une entière contraire et décidée. Il tente d’attendre que le novillo se couche mais c’est long et le froid nous gagne d’où quelque impatience sur les gradins. Un descabello. Pétition que j’évaluerai à 20%, oreille que le public ne protestera pourtant guère.

 

Le quatrième novillo est fêté à sa sortie pour sa prestance. Il s’éteint assez rapidement à la cape puis montre de la codicia face au cheval, faisant le tour les deux fois pour le pousser frontalement. Cependant, le quite coleando du monosabio paru bien exagéré. Toujours la réduction du tercio de palos (fâcheuse manie) alors que le novillo se montrait plutôt allègre dans l’exercice. Patrick OLIVER brinde au public et va réaliser une faena allant crescendo une fois qu’il aura réglé les problèmes d’accrochage de muleta. On verra alors de jolis moments avec la main droite. Le novillo baissera de ton puis se reprendra pour permettre d’abord une séance de toreo encimiste puis deux redondos inversés bien réalisés et élégants. J’imaginais que le torero allait se jeter sur le novillo pour conclure et obtenir le gros succès qui lui tendait les bras. Eh bien non !? Trois entrées prudentes avant une entière tombée. Conclusion vraiment décevante qui me semble montrer les limites (actuelles) du mental de ce novillero. On pouvait penser qu’il avait gâché une occasion de sortir en triomphe. Quelle erreur ! Pétition allégée (20% de matière indulgente) et…oreille. Le novillo est justement applaudi à l’arrastre.

 

On craint qu’Angelino de ARRIAGA ne se soit pas transformé entre ses deux adversaires. On a raison. Le colorado costaud qui sort avec vitesse est un peu distrait et reçoit des capotazos vulgaires. Au cheval coups de tête et sérénade d’étriers démontrent une bravoure limitée. Le torero laisse les banderilleros se débrouiller avec les réticences de réponses aux cites. La faena commence par un désarmé puis se poursuit par la démonstration que le novillero est actuellement incapable de se colleter aux difficultés, mêmes mesurées, d’un novillo. Un pinchazo hondo ressortant de suite et une entière basse concluent de manière homogène cette prestation. A nouveau, un silence ponctue les prestations respectives.

 

On pressent la fin des engelures quand sort le dernier colorado qui ne dépare pas un lot vraiment bien présenté. Deux véroniques à gauche de qualité supérieure à la moyenne puis deux rencontres engagées au cheval avec quand même plus de violence que de bravoure pure. Avant les banderilles, sur un cite anodin, le novillo fait une vuelta de campana. Au bruit de sa retombée, on pressent que cet incident aura des conséquences. Le novillo permet encore un bon tercio de banderilles, ce qui autorise le banderillo de saluer fort justement pour deux poses engagées. Mais c’est terminé. Arrêté malgré les efforts de Miguel De PABLO, ce sixième ne permet rien. Ne s’élançant pas non plus à l’estocade, il rend la conclusion longuette : 1/3, 1/3 puis 2/3 d’épée et un descabello pour un novillero malchanceux et dépité.

 

 

Le trophée va logiquement à Patrick OLIVER à qui il faudra indiquer que son talent passerait  mieux avec une volonté plus visible et que parfois la délicatesse de son toréo confine à la fragilité. Miguel de PABLO mérite d’être revu. Et Angelino de ARRIAGA, qui manquait déjà de technique, a vu (espérons pour lui momentanément) partir son cœur. Le fer d’ANTONIO LOPEZ GIBAJA a fait des débuts en France très honorables. Très bien présenté, avec cette mobilité si précieuse, il manquait un peu de force et de piquant pour donner plus de relief aux faenas. C’est ce qui conférait, en sus du manque d’engagement à l’épée des novilleros, ce sentiment d’inachevé en sortant des arènes.

 

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Published by Bronco - dans Compte-rendus
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commentaires

ludo 17/02/2010 11:18


hola ,
merci pour le CR. "buffet froid "...clin d'oeil à une soirée nimoise sur la DSP ? ou simple coïncidence ? abrazo.

ludo


Bronco 17/02/2010 13:30



Hola Ludo !

Non, rien de tel, juste une rémanence cinéphilique associée aux conditions météo.

Un abrazo.