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8 septembre 2010 3 08 /09 /septembre /2010 23:28

 

Compte-rendu de la corrida du 4 août à Bayonne

 

 

 

-« On pourrait aller à Bayonne samedi ! »

-«Pfff…Je ne suis pas emballé. »

-« Il y a le JULI ! »

-« Ouais…Tu imagines comment va être le lot. »

-« Arrête ! Je n’ai pas vu le JULI de cette année et j’ai envie de le voir ! »

 

 

Ce que femme veut…Voilà comment je me retrouve ce samedi 4 août à 16.30  H assis sur l’herbe entre  bar tenu par le Cercle Taurin Bayonnais et la tente VIP où Julien LESCARRET fait sur l’estrade, pour les happy few qui terminent leur repas, la présentation de la corrida.

 

 

J’aime beaucoup ces arènes de Lachepaillet, nichées dans ce joli quartier de Bayonne. A l’intérieur comme à l’extérieur, je les considère comme les plus charmantes du sud-ouest même si les récentes peintures réalisées sur la bordure supérieure ne sont pas du meilleur goût.

 

 

Nous voilà assez tôt assis à la file 4 du tendido ombre situé à gauche de la Présidence. (71€… Heureusement qu’il fait beau et chaud !). Bien nous en a pris car ce n’est qu’avant la sortie du troisième taureau que la grosse pagaille à l’escalier 1 prendra fin et que les derniers retardataires seront assis. Comme toujours ici, et surtout dans ce secteur, l’ambiance chic et bronzée de la Côte Basque, les arrivants de Donostia, la légère pointe de snobisme, bref, Bayonne ! Qu’on ne se méprenne pas, le public réagit ce soir là de manière fort sensée et les silences de Lachepaillet s’écoutent aussi bien que ceux du Plumaçon.

 

 

 

Le premier LA QUINTA, Cubanero, a cinq ans et me paraît correct d’armures. Il est annoncé à 539 kilos, ce que, de ma position, je veux croire. Le FUNDI canalise sa charge à la cape. Rien de bien glorieux à la pique, surtout des coups de tête et une propension à sortir très facilement de la compagnie du cheval.

Tercio de palos sans histoires mais appliqué et le FUNDI vient brinder au centre. On l’applaudit comme un vieil ami qu’on ne veut pas vexer. Cette bienveillance se continuera lors de la faena prudente et lointaine devant cet adversaire sans malice, faible et fade qui défile sans baisser la tête. Ennui tranquille. Le seul intérêt étant la conclusion : une estocade orthodoxe, décomposée, engagée qui fera contraste avec ce que nous verrons ensuite.

On fait saluer le vieil ami, poliment. Pendant ce temps, l’escalier 1 a libéré un fort volume d’aficionados qui se précipite pour rejoindre sa place en se félicitant que le JULI n’apprécie pas d’ être chef de lidia.

 

 

« Dinerito », un petit gris de 525 kilos ( !?), armé court déboule vivement. Quatre capotazos plus tard, le JULI a pris la mesure, par delantales, de la bonne charge de son adversaire un peu faible. Un contact avec le cheval pique juste posée sur le dos précède un quite de trois chicuelinas. La première citée de loin est superbe. Seconde rencontre encore symbolique avec le picador. Désormais le châtiment consiste souvent à un heurt contre le peto…

Tercio de palos rondement mené, brindis au public, le JULI est rapide et facile. Une première série à droite en se replaçant entre les passes histoire de régler les quelques légers défauts et c’est parti : deux séries à gauche, deux à droite, un cambio inattendu en milieu de faena, un redondo inversé. Le tout bien sûr techniquement irréprochable et très facile. Peut-être trop, d’autant plus que la charge de « Dinerito » ne transmet guère.

 Cependant, je pense qu’un peu partout on cherche déjà son mouchoir quand Julian se profile pour cette curieuse interprétation du volapié qui me fait penser à la technique du triple saut !  Surprise générale, voici l’échec : un horrible mete y saca dans l’épaule, une séquence de quatre pinchazos avant le premier avis puis un autre pinchazo, un pinchazo hondo et trois descabellos. Les mouchoirs ne sont plus là que pour pleurer et les bouquets restent aux pieds. Silence.

 

 

L’escalier 1 est enfin libre quand sort « Berreon ». 469 kilos seulement mais une allure plus fière pour ce LA QUINTA  haut et fin, armé vers le haut et un peu bizco. Il a six ans à un mois près, ce qui explique peut-être une charge moins spontanée à l’entame et Juan BAUTISTA ne peut pas montrer grand chose au capote initialement, mais il se rattrape par une mise en suerte très élégante. Un peu d’entrain mais peu de style dans la  première rencontre avec le picador. Il parait faiblard à la sortie et la seconde rencontre est plus que light. Vivacité mêlée d’un zeste de genio aux banderilles.

 Jean-Baptiste brinde au centre et commence avec sérieux, doublant le taureau genou plié.

Première série peu engagée mais la charge transmet. Seconde encore à droite plus centrée et rythmée, le LA QUINTA cornée dans la muleta en fin de passe. Il faut le « tirer » dans la troisième série car il se livre moins. Dès la première série à gauche, on perçoit qu’il y a plus de classe dans la charge de ce coté-là. Première série donc avec deux bonnes naturelles. Série suivante avec des passes longues et rythmées et un très bon pecho. Joli changement de main. Quatre autres belles naturelles après avoir jeté l’épée. Manoletinas et afarolada émotionnantes. Redondo inversé puis trinchera et passe du mépris. Une entière ladeada portée avec foi. Grosse pétition que le Président laisse monter jusqu’à l’exaspération. Oreille. Vuelta enthousiaste ratifiant la récompense. Arrastre justement applaudi.

 

 

 

Revoici le FUNDI qui accueille « Detenido », 502 kilos et un trapio correct. Cape rapide, un peu brouillonne. Pique courte sans rien montrer, seconde rencontre un peu plus engagée. Ce taureau est protesté pour boiterie par une partie du public mais les cris vont cesser car il va se requinquer dès les banderilles.

 Il se montre même vif et violent au début de la faena. Il présente un certain danger à droite et deux avertissements vont refroidir le FUNDI. A gauche, il ne se fixe pas et défile tête haute. En clair, rien de bien engageant pensons nous et le matador partage cette analyse.  S’ensuit une faena aussi décousue qu’ambulatoire (et le rond bayonnais est grand !) constituée de passes isolées, lointaines et sans intérêt. Pinchazo prudent et entière en avant. Salut au tiers pour dire au revoir, peut-être adieu.

 

 

 

J’avais entendu que le JULI voulait absolument « Alpargatero », lui aussi né en octobre 2004, le plus léger avec ses 464 kilos, plus noir que gris, de volume réduit mais plutôt joli. Désir de trop bien faire dans sa volonté de rachat ? Il chûte tout seul devant l’animal et se couvre de la cape pour se protéger. Le voilà quitte pour la peur avant de se servir de manière plus normale du capote, profitant bien d’une charge correcte jusque dans le quite réalisée par chicuelinas marchées. Une pique poussée après des hachazos initiaux puis une rencontre avec pique aussitôt relevée.

 

Bon tercio de palos où le public fait saluer les banderilleros mais a failli être privé de ce plaisir. En effet, le maestro très désinvolte, gobelet dans la main gauche, faisait des moulinets de l’autre pour signifier au palco d’écourter le tiers. N’entendant pas les clarines, il daigne se tourner vers le président pour demander avec plus de correction le changement. Félicitons Marc AMESTOY d’avoir refusé de céder à ce caprice.

 

Le JULI attaque sa faena à droite. « Alpargatero » suit la muleta en protestant un peu. La technique du torero arrange ce défaut et suivent deux autres séries du même coté où le taureau suit bien, le mufle caressant le sable. Une série à gauche correcte puis une autre à droite où la capacité d’aimantation de la muleta du JULI fait merveille. La suite baisse légèrement car le LA QUINTA est noble mais assez soso et, même s’il se bat pour finalement l’arracher, le torero manque se faire prendre la muleta. On se dit que cela suffira pour couper si (et comment se manquerait-il deux fois !) il tue efficacement. Un pinchazo, une entière en arrière et desprendida, deux descabellos plus tard, on se rend à l’évidence, l’impensable est arrivé. Le gendre idéal tire une tête longue comme trois avis.

 

 

 

Et la conclusion de la tarde ne va pas lui rendre le sourire. « Orejisana », presque cinq ans, 548 kilos sur la pancarte, d’armures moyennes mais bien fait, sort et ne fait pas grosse impression dans la cape. Deux contacts au cheval pris tête haute et avec beaucoup de bienveillance de la part du picador. Sans histoire aux banderilles.

 

La faena débute médiocrement, le LA QUINTA ayant tendance à sauter en fin de passe sur les deux premières séries à droite. La troisième est nettement plus liée et le pecho, long et de qualité. Même qualité dans la suivante. Sur la première série à gauche, la charge est moins spontanée mais exploitée au maximum. Jean-Baptiste montre une capacité à utiliser avec technique toute les possibilités de son adversaire adaptant sa muleta avec précision. En point d’orgue un superbe changement de main. On sent le torero ravi et son plaisir a, au fur et à mesure de la faena, gagné le public.  Une entière delantera. On croit le taureau mort debout mais il charge lorsque le torero lève le verdugo. Deux descabellos. Grande pétition et oreille.

 

 

Avant de partir, le JULI lui serre la main sans effusion.

 

 

 

Prenons des précautions pour exposer ce qui suit. Pour oser l’impensable un crime de lèse-majesté de nature à m’exposer aux foudres de tous les inconditionnels, les thuriféraires qui, à longueur d’article, ou à bout de micro célèbrent la gloire quasi-divine du JULI.

 

Je partage sans réserve leur admiration devant la prodigieuse technique et l’impensable facilité de ce maestro. Ceci étant posé, j’ai trouvé plus de sentiment, d’ « arte » dans la façon de toréer de Juan BAUTISTA que dans la sienne.

 

 

 

En sortant, je songe que j’aurais regretté de n’être pas venu. Les femmes ont toujours raison…

 

 

Bayonne Atlantique 2010 083

El Juli

 

 

Bayonne Atlantique 2010 364

Juan Bautista

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Published by Bronco - dans Compte-rendus
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commentaires

patrice 20/09/2010 20:42



merci pour ce bon (et très complet) résumé.


pour ce qui est de lachepaillet, j'adore ces arènes. je les trouve très jolies avec une bonne ambiance (surtout en dehors avec ses bodegas)