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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 22:38

 

 

(Chronique de la cinquième corrida de la Madeleine 2012)

 

 

Malgré toutes les subtilités sémantiques, arabesques oratoires et art consommé de l’euphémisme que pratiquent Marie Sara et Guillaume François ; les leçons de cette Madeleine 2012 apparaissent éclatantes. Le public est sorti satisfait de la corrida de MARGE, enthousiaste de celle de FUENTE YMBRO, ému de celle d’ESCOLAR GIL. A l’inverse, il s’est retiré ennuyé lors de celle de PARLADE et désabusé pour celle de JANDILLA.

 

Combien faudra-t-il d’autres d’exemples pour faire cesser cette hypocrisie et leur faire admettre publiquement ce dont ils sont, comme nous, convaincus, à savoir que les figuras défigurent la Fiesta Brava ?  Que le public, malgré les discours creux et répétitifs pour nous vanter ces merveilleux artistes, finira par ne plus prendre des vessies pour des lanternes et d’anémiques toritos sans race pour des taureaux de combat.

 

Et si l' amour de la corrida clamé si haut et si fort n’était pas une raison suffisante à ces organisateurs  pour les pousser vers cette révolution, on pourrait leur glisser, qu’en sus de satisfaire le public, leurs marges bénéficiaires n’y perdraient rien, bien au contraire…

 

 

______________

 

 

Six toros d’ESCOLAR GIL (Avila)

 

Pour :

 

Fernando ROBLEÑO (Salut au tiers ; Vuelta et Oreille)

Javier CASTAÑO (Salut au tiers)

Julien LESCARRET (Oreille et Oreille)

 

Le prix pour la meilleure cuadrilla fut attribué à celle de Javier CASTAÑO. Les banderilleros de Julien LESCARRET saluèrent après les poses au troisième et sixième.

 

 

Après que Julien LESCARRET ait été honoré par la ville de Mont-de-Marsan pour sa dernière apparition au Plumaçon, les choses sérieuses commencent.

 

Fernando ROBLEÑO donne quatre bonnes véroniques à Secretario qui se retourne vivement et prend quatre piques en montrant de la codicia.. Le picador est applaudi. Les banderilles n’ont rien d’une formalité, la troisième paire étant très méritoire.

Le matador brinde au public mais sa faena, toute sérieuse et appliquée qu’elle fût, ne passe pas la rampe, le toro restant très terne dans sa charge à mi-hauteur. L’estocade, bien décomposée, résulte contraire et en arrière, deux descabellos pour finir. Salut au tiers.

 

 

Manchero est applaudi à sa sortie. Il se retourne comme un chat sauvage dans la cape de Javier CASTAÑO et remate contre les planches. Avec un seul picador en piste pour permettre de placer au centre et même au-delà du centre, on assiste à un magnifique tercio de quatre piques avec des cites spectaculaires du piquero qui recevra une ovation énorme du public debout jusqu’à sa sortie de la piste !

Il se confirme, lors du tiers suivant, que le torero bénéficie d’une excellente cuadrilla : trois paires de palos exposées.

La muleta du matador est autoritaire pour réaliser une faena technique mais peu spectaculaire face à un toro très rugueux. Un pinchazo prudent précède une entière décidée. Salut.

 

 

Palmitas d’encouragement pour Julien LESCARRET. Tartanero jette les pattes dans sa cape. Un sacré client pour les péons car, lorsqu’il poursuit quelqu’un, c’est jusqu’aux barrières et le coup de corne n’est jamais loin.

Comme le premier, en trois rencontres, il se montre louche au cheval sautant vers le picador, puis tentant de crocheter la patte avant droite.

Manolo de los Reyes fait son effet aux banderilles en marchant à grand pas vers le toro avant de (bien) planter les bâtons. Julien prend la muleta et commence à droite. Charge noble mais exigeante, baissant le mufle. Seconde série où l’exigence de cette charge déborde le torero qui doit rompre. Troisième où il soutient, non sans mal, cette impétuosité. Quatrième où il est désarmé.

A gauche, contraste total, la charge d’une noblesse douce permet de dessiner trois séries de naturelles, la seconde de trois-quarts face, comme la troisième où, de plus, très relâché, le torero a jeté l’épée.

Un pinchazo puis une entière bien portée, en place et d’effet très rapide. Forte pétition, oreille et vuelta très fêtée.

 

 

Mirlito fait sensation à sa sortie : long, imposant et fortement armé de cornes partant vers le haut et l’extérieur. Avec la cape, ROBLEÑO doit se contenter d’esquiver les coups de corne envoyés sans pouvoir réaliser une véritable passe. Trois piques prises sans véritable bravoure. A l’issue du tiers, il donne des sueurs froides à un péon, complique la tâche des banderilleros en ne répondant pas à leurs cites. Bref, un client ni clair, ni commode, qui confirme d’entrée sa mauvaise volonté en menaçant le matador dès qu’il approche la muleta.

Là, c’est, dans l’immense majorité des cas, quelques coups de torchon, des mouvements de tête du torero pour signifier qu’il n’y a vraiment rien d’autre à faire que d’aller chercher l’épée pour en finir au plus vite d’une estocade le plus souvent hideuse.

Mais en piste, cette fois, nous avons un torero qui, à la surprise générale va s’accrocher, et, à l’ébahissement de tous, va parvenir à voler, au bout d’une bagarre terriblement exigeante, à force d’un acharnement admirable deux séries de passes sur chaque coté. Ovation du public sidéré.

Les deux pinchazos sont applaudis et l’épée un peu basse ne fait pas taire les cris de « Torero, torero ! »  Vuelta émouvante.

 

 

J’attendais avec impatience la sortie de Canario qui m’avait paru le plus impressionnant lors de l’apartado. Au murmure, puis aux applaudissements du public, il se vérifie que mon opinion est partagée. Lors des véroniques, ce superbe animal se retourne très sèchement.

Lorsque Javier CASTAÑO le cite pour la mise en suerte, le toro déboule comme une fusée, envoie le torero en l’air et, alors qu’il n’a pas touché le sol, lui décoche des coups de dague impressionnants de violence et de précision.

On écarte le fauve, on relève le torero, on l’emporte en le soutenant vers l’infirmerie.

ROBLEÑO prend les choses en main et quatre piques fort appuyées n’empêcheront pas « Canario » de semer la panique dans le ruedo. Une partie du public proteste contre la sévérité du châtiment. Une autre, plus lucide et attentive, constate que cela n’altère guère le potentiel du démon en piste. La faena : une reproduction du combat à la vie à la mort du précédent. Avec la même énergie, la même volonté et la même technique. Admirable ! Lorsque le (petit) matador se jette sur le (haut) toro pour une estocade magnifique, l’arène est debout. Mais on a oublié qu’il existe en piste un animal qui ne se rendra jamais, un mort qu’il faut tuer. Sept descabellos pour venir à bout d’une résistance extraordinaire.

Le matador, désolé, mortifié de cette conclusion, traverse la piste pour revenir vers le callejon. Malgré l’énorme soutien du public, il sait que l’oreille est perdue. Puis quelques mouchoirs apparaissent, suivis d’autres, encore d’autres. La pétition croit, l’arène blanchit. Au palco, Marcel Garzelli exhorte par gestes le public à pousser à la demande. Il est exaucé et le mouchoir sort. Seconde vuelta de très forte intensité, de gratitude réciproque. Un grand moment.

 

 

Il reste à Julien LESCARRET à conclure face à Cedido II, un toro d’un tamaño impressionnant. Très décidé, il gagne du terrain avec autorité lors d’une bonne série de véroniques, exploitant la belle charge de son adversaire.

Après trois piques trahissant une bravoure entachée de scories, le tercio de banderilles permet aux banderilleros de répéter leur salut réalisé au troisième.

Julien a compris qu’il a touché le bon lot car ce toro charge avec classe, surtout à gauche, son museau caressant le sable. De plus, comme son précédent adversaire, cet animal donne de l’importance à la faena. Si le torero n’a sûrement pas été à la (grande !) hauteur de son adversaire, il a néanmoins su saisir sa chance avec beaucoup d’aplomb. Et conclure avec habileté. Entière un peu plate et deux descabellos. Oreille et adieux d’un public ravi de cette heureuse fin.

 

 

Conclusion « a hombros »pour les deux toreros (l’émotion générale annihila toute protestation devant cette entorse à la règle) ; les picadors et Bonijol venant saluer en piste. Seul le mayoral, toute en retenue pleine de classe, refusa l’invite à les rejoindre.

 

 

 

Beau temps, température agréable, quasi plein, léger vent.

 

 

Vu  de la file 4 tendido ombre : 73 €

 

 

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Published by Bronco - dans Compte-rendus
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