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20 juillet 2011 3 20 /07 /juillet /2011 12:12

 

Chronique de la 5ème corrida de la Madeleine 2011

 

 

 

A voir ainsi Marie SARA se précipiter vers le patio de caballos, puis se glisser  à la suite du train d’arrastre de l’ultime taureau, j’ai compris que, pressentant une nouvelle averse, elle courait mettre à l’abri son casque d’or qu’il serait bien dommage de voir terni par la pluie. Laisser penser qu’elle aurait, par cette sortie discrète, voulu éviter d’entendre le ressenti des montois ne serait bien sûr que pure calomnie.

 

_______________

 

 

 

Déploiement impressionnant de pelletées d’une sciure qui, sur le sable mouillé du Plumaçon, exhalait une odeur rappelant celle des cirques de notre enfance. Il n’y eut pas d’autre occasion de ressenti de sauvagerie dans la soirée.

 

A 18.05 H, le paseo est lancé et le nouveau matador n’a pas la démarche  moins élégante que ses deux désormais collègues.

 

Quand sort le premier LA QUINTA, on est saisi d’un doute. Un novillo aurait-il été embarqué par erreur ? Le petit animal, aux armures modestes, n’a rien d’un toro. La charge un peu désordonnée ne permet presque rien à Curro DIAZ, le préposé de service chef de lidia. Après un picotazo pris sans conviction, pour compléter le triste tableau, on constate que la pointe droite de la corne est escobillée. On met sur le compte de la piste refaite la première génuflexion subie lors des banderilles.

 

C’était une erreur. Deux autres chutes dans la faena exonèreront l’état du sol .En plus d’être imprésentable, le LA QUINTA cumule faiblesse, fadeur et innocence. D’où une séance de toreo de salon qui, semble-t-il n’enthousiasme que la cuadrilla de Curro DIAZ. Les « Bieeeeenn ! » sonores ne parvenant pas à sortir de leur torpeur, puis d’un certain agacement les tendidos, le torero prend l’épée et enfonce une bonne estocade. Premier taureau sifflé. Premier silence au matador.

 

 

On se dit que, passé cette entame incongrue, la corrida va reprendre un cours normal, d’autant plus que voici à présent le JULI qu’on sait capable de faire charger un réfrigérateur.

 

Sort du toril, comme une balle, un animal à peine plus présentable, du fait surtout d’armures vers le haut. Les promesses de sa sortie très vive étaient fallacieuses car il ne met pas la tête dans la cape et le JULI doit se contenter de le canaliser sans donner une seule passe.

 

Pique prise avec fougue, pattes arrières hors du sol lors du contact avec le cheval. La vara est vite relevée. Une certaine réserve et deux chutes lors du tercio de banderilles ne rendent pas optimiste pour la suite.

 

A raison : charge très courte et retours secs à droite, peu clairs et serrant le torero à gauche, la mansedumbre du LA QUINTA décourage le JULI qui plie et pinche deux fois pour en terminer d’une épée basse posée en passant au large. Deuxième bordée de sifflets à l’arrastre, deuxième silence.

 

 

Deux minutes d’averse puis retour d’un rayon de soleil à l’entrée du troisième LA QUINTA dont le gabarit ne dépare pas des deux précédents. Mais comme c’est le tour de Thomas, le public s’en offusque peu. Capote sans vibration et le taureau file sur le picador de réserve. Bref contact dont il s’échappe avec une ruade puis pique en s’élançant de loin et poussée en faisant tourner. Génuflexion en sortant.

 

Mobile au tercio suivant, il permet un salut des banderilleros. Le torero brinde au public. Deux séries à droite templées mettent en évidence la charge noble et douce, mais aussi un peu fade de ce taureau. Baisse de ton ensuite, la charge devenant plus courte. Une série à gauche pour deux bonnes naturelles puis un redondo où le toro défile au pas. Les deux passes inversées habituelles. Conclusion plutôt bienvenue par aidée par le haut et trinchera. L’oreille est proche mais s’éloigne avec un pinchazo hondo, puis se transforme en salut au tiers après un second pinchazo  qui suffira.

 

 

Le quatrième LA QUINTA, plus présentable, sort avec vivacité, mais peu clair, reste quasi-inédit à la cape.

Le manque de franchise se confirme lors de la première pique où l’animal contourne le cheval par l’avant, le pousse et provoque sa chute. Seconde rencontre plus conventionnelle où il se laisse piquer sans grande poussée. En revanche, il se prête à un bon tercio de banderilles où l’on aurait pu et du faire saluer les acteurs.

Faena réduite aux aguets. A droite, le LA QUINTA ne répète pas, serre le torero et sa charge est réduite à deux mètres cinquante. A gauche, Curro DIAZ se contentera d’un essai limité à une demie-passe. Un vieux bajonazo des familles pour expédier ce manso infumable, sifflé à sa sortie. Curro DIAZ poursuit lui sa cure de silence.

 

 

Comme cette corrida express  a pris de l’avance sur l’horaire, on peut se permettre de renvoyer aux corrales « Ermitano », ce vieux boiteux (presque six ans) pour le remplacer par « Zapatero »,ce qui permet à nos voisins madrilènes des « chistes » prévisibles et favorisés par la présentation de ce sobrero aux armures indignes.

 

Le ramage est à la hauteur du plumage et la tête du JULI s’allonge constatant que le taureau ne met pas la tête dans sa cape. Une pique donnant force coups de tête sans vraiment s’engager et tercio de banderilles semblant vexer le manso qui poursuit dangereusement les banderilleros.

 

Très désabusé, le JULI, avec beaucoup d’efforts, ne peut  qu’extraire quatre erzats de série de muletazos au morucho. Un tiers d’épée fort prudent et deux descabellos avant le retour dépité dans le callejon. Le public salue le LA QUINTA comme il se doit et quelques sifflets se font même entendre pour le maestro qui, en l’occurrence, n’en pouvait mais.

 

 

On se demande si le pétard va être majuscule quand déboule le dernier animal, le plus présentable de ce triste envoi. Sa course ne donne pas confiance en ses pattes avant mais cette impression sera démentie par la suite. Après une pique prise, faisant tourner le cheval, il passe bien dans un quite de chicuelinas vaillantes et un peu confuses de DUFAU. Le public, très frustré jusque là, applaudit.

 

Le tercio de banderilles, où le LA QUINTA parait distrait, est limité à deux paires. Brindis à Richard Milian et début de faena un peu hésitant, puis viendront trois séries bien rythmées à droite. La charge est fort noble et transmet, ce qui donne un supplément d’âme au toreo plutôt froid de Thomas. A gauche, deux séries aidées s'avérent plus compliquées, le torero devant se replacer entre les passes.

 

Le ton avait baissé, mais quelques passes d’enjolivement avant l’estocade le font remonter. On craint que DUFAU, après un pinchazo, ne laisse à nouveau échapper un trophée, mais il enfonce une entière, en arrière, qui suffit pour lui permettre de couper sa seconde oreille de la feria. Le landais a été favorisé par le sort, ses quatre adversaires permettaient tous le succès. Il n’en a qu’à moitié profité mais a conservé le droit de croire dans son avenir, ce qui fait plaisir pour lui.

 

 

 

Ce final ne fait pas oublier le bas niveau où les deux compères ont mis notre place. Ils nous avaient annoncé des événements quotidiens pour une Madeleine redorée. Sur les trois corridas auxquelles j’ai assisté, on est loin du compte et le final ressemble à s’y méprendre au pétard de l’édition précédente. Ils vont nous ressortir la glorieuse incertitude du comportement des taureaux. Pourraient-ils nous expliquer s’ils ont choisi ce lot de nuit, par un brouillard à couper à couteau, s’ils se sont trompés dans les numéros ou bien qu’ils n’ont  un rendez-vous prévu chez l’ophtalmologue a été différé ?

 

 

 

 

 

Si par malheur, ils étaient reconduits, ce serait à désespérer de tout. Cela constituerait un pied de nez cynique à l’aficion montoise pour laisser se poursuivre la décadence de notre plaza qui mérite autre chose. Qu’on nous rende du sérieux, pas de la com. Qu’on bâtisse une Feria en fonction de nos moyens, mais avec un minimum d’intégrité. Bref qu’on redonne un peu d’authenticité à notre Madeleine.

 

Parce qu’elle, oui, elle le vaut bien !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vu du tendido 3 à l'ombre 73 €

 

 

 

 

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Published by Bronco - dans Compte-rendus
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patrice 21/07/2011 17:00



D'accord avec ton final, et dire que nos deux "nimois" nous avaient promis une Madeleine avec des cartels dignes de Séville ou Madrid (comme l'an dernier d'ailleurs). Le ridicule ne tue
point. Ils ont endormi tout le monde à la mairie, commission taurine, etc ...... avec leur belle parole.


Ce lot de La Quinta était inbuvable et indigne du Plumaçon (c'est dommage) et on peut se demander qui l'a choisi, était-il bien réveillé ce jour-là, en a-t-il pris des photos, etc .....
car il paraisssait évident que ce lot de toros était vilain, qu'il ne faisait pas le poids et était carrément impropre à la consommation. A moins qu'il n'y ait une double numérotation (j'en doute
quand même) au campo.


Vu de l'Escalier 6 - File 3 (à l'abri des gouttes)