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13 août 2011 6 13 /08 /août /2011 17:48

 

Chronique de la corrida dacquoise du 12 août 2011

 

 

 

Porte Nord. Escalier 11. Me voici en contra-barrera ombre. Ce n’était pas prévu de longue date. Il y a une dizaine de jours, un ami m’a proposé cette place libérée par une indisponibilité du titulaire de l’abonnement.

 

Je n’étais pas revenu dans l’arène dacquoise depuis plusieurs années. En m’installant, je redécouvre l’ambiance particulière du lieu. L’armée des soldats rouges et blancs, venue voir et complimenter les généraux « del arte » se saluent, s’embrassent, se congratulent avec le sentiment d’être vraiment entre eux.

 

L’aficion apparaît, du moins dans ce secteur, vraiment particulière. Le trapio du taureau, ses armures ne font guère débat. Tant que l’animal ne s’écroule pas, une boiterie manifeste ne choque pas. On peste plus sur les piques (toujours trop dures). On s’enflamme sur une véronique, moyenne, si son auteur est catalogué come artiste. On se pâme sur un changement de main même si l’ensemble de la faena demeure médiocre.

Un derechazo méritoire mais rapide du fait de la vitesse de l’adversaire laisse de marbre alors qu’une naturelle lente par le fait d’une charge anémique suscite l’enthousiasme.

 

Même si l’expérience dans ces contrées, est chère, très chère, il faut la faire de temps en temps pour en comprendre le fonctionnement. Mais en ce vendredi, ce fut la face grise tant les taureaux n’eurent pas le bon goût de se prêter à la fête que cet aimable public était prêt à faire.

 

 

________________

 

 

 

Christophe Andine ne se doutait pas qu’il allait devoir sortir deux mouchoirs verts lors du premier quart d’heure. Le premier d’EL PILAR boîte dès sa sortie et les protestations arrivent après quelques véroniques de MORANTE. Après une légère pique, le sabot avant droit tournant de manière trop manifeste, l’animal rejoint le corral.

 

Voici le un bis de MOISES FRAILE. Une série de capote et le remplaçant ne paraît guère assuré des pattes avant. Mais nous ne sommes pas à Las Ventas et on se dit que l’on va faire avec. A la sortie de la pique, on entend distinctement un bruit semblable à une branche qui se casse. Et le taureau ne pose plus la patte avant droite par terre. Exit le sobrero.

 

 

Le un ter n’est pas le MOISES FRAILE figurant sur le document du sorteo mais un BOHORQUEZ de poche. On pense avoir mal lu la pancarte (justement prudente) annonçant : « 508 kgs à l’embarquement ».

tant la prestance de l’animal est modeste.

 

Le ramage est à la hauteur du plumage. Le gadget saute dans la cape sans y mettre la tête mais en serrant le torero. Il pousse bien dans la (vilaine) pique en arrière. Une génuflexion en sortant, une autre dans le quite.

 

Comportement désolant aux banderilles. MORANTE, à juste titre, limite la faena à quatre passes de tanteo, trois de piton a piton avant un pinchazo puis une entière couchée plus que prudente.

 

 Les « Il n’a pas voulu le voir ! » vocifèrent. Ceux qui ont vu l’absence totale de caste de l’ersatz sans trapio, sans forces, sans caste, soupirent et remercient le torero de nous avoir fait rattraper un peu de temps. (la pendule affiche 18.40 H !)

 

 

 

A coté du précédent, l’EL PILAR semble gigantesque. En réalité, il présente plutôt bien, assez haut et long. La pointe des armures laisse en revanche à désirer. Malgré deux véroniques allurées, MANZANARES est plutôt dominé au capote.

 

Après une pique prise sans style, le taureau se plante les cornes dans le sable lors de sa sortie. Pas affecté, il démontre une charge enthousiaste lors du tiers des banderilles, permettant au peon de (justement) saluer.

MANZANARES ne fait pas preuve d’une grande confiance en début de faena. Séries prudentes à droite et à gauche. Un désarmé où il tente de reprendre la muleta au sol, ce que lui interdit le taureau.

 

Ce n’est qu’après une baisse de régime physique de son adversaire (se traduisant par une génuflexion) que le torero reprend de l’assurance. Deux séries de redondos inversés. Le changement de main fait monter en pression l’arène prête à sortir les mouchoirs mais qui les range après un pinchazo, une entière en travers et un descabello.

 

 

 

Jusque là, ça va doit penser Thomas DUFAU à qui le public dacquois fait une affectueuse ovation avant que ne sorte son léger (488 kilos… au campo) adversaire aux armures correctes. La charge désordonnée ne donne pas d’opportunité à la cape.

Une lidia plus que consternante permet au taureau de partir seul sur le cheval pour une vilaine mais courte pique. Le tercio de banderilles étant aussi brillant que celui des piques, le palco limite les dégâts à deux rencontres

 

 

Thomas brinde au public et la faena ressort du standard : passes changées au centre, trois séries à droite rythmées profitant bien de la charge du taureau venant de loin. La bête ne débordait certes pas de caste mais une certaine alegria compensait la froideur du toreo. A gauche, une seule série où la muleta sera constamment accrochée.

Deux redondos inversés consécutifs sans avoir besoin de se replacer. Un succès se profile mais le temps d’aller chercher l’épée (Quand les toreros comprendront-ils que ces pertes de temps favorisent la « décomposition » des taureaux ?) son adversaire a du mal à être placé et Thomas, après deux pinchazos et une entière laisse s’envoler l’oreille entrevue.

 

A propos de la partie du public qui protesta contre Thomas DUFAU pour l’utilisation (effective) du pico, je ne doute pas qu’ils auront la même intransigeance lorsque des toreros plus prestigieux utiliseront le même procédé…

 

 

 

La sortie du petit quatrième n’incite pas à l’optimisme. La nervosité de sa charge met MORANTE peu à l’aise avec la cape. Le syndrome de la lidia désastreuse frappe encore et le PILAR part seul de trente mètres sur le cheval. Contact bien plus agité que brave. Changement de tiers, courses en tous sens dans le ruedo, une cape abandonnée par un peon, bref, une pagaille noire.

 

Certains prophétisent déjà un « pétard » de catégorie quand le torero prend la muleta. Première série à droite et MORANTE reçoit impavide la charge aussi brutale que désordonnée du manso. Les ricanements cessent. Seconde série sans rompre conclue par une trinchera « maison ». Vient le meilleur : une série à gauche avec une merveille de première naturelle longue, mandée, templée, calmant l’agité qui suit docilement la muleta  Un autre série à droite confirme que le torero, ébouriffé par l’effort consenti, a gagné son duel.

 

Le taureau, cité, se met alors à reculer de deux ou trois pas. MORANTE s’avance vers lui. Nouveau recul de son adversaire. Avancée du torero, recul du taureau. La scène se reproduit sur une vingtaine de mètres. Là, près des barrières, le PILAR, se sentant acculé, va brutalement charger avec genio pour sortir de l’étreinte.

 

Une fin laborieuse par trois entrées précédant deux-tiers d’épée nous privent d’un succès populaire après un renversement de situation très inattendu.

 

 

 

Passons rapidement sur le cinquième. Très faible, il eut été changé si les jokers n’avaient pas été épuisés d’entrée. Malgré une pique frisant le simulacre, le taureau, noble, s’écroulait dès lors que MANZANARES l’obligeait un tant soit peu avec la muleta. Le torero prend assez rapidement l’épée et en termine avec une entière décidée.

 

 

Le sixième, dans ce lot très disparate, présente une allure proche du deuxième. Mais rien de commun au moral : il est plus proche du morucho que du taureau brave. Distrait, ne mettant pas la tête dans la cape, il assure tout seul (du fait d’une cuadrilla aux abonnés absents) le tercio de piques, allant d’abord sur le picador de service puis sur celui de réserve. Le tiers des palos varie entre le comique et le pathétique, le PILAR marathonien visitant plusieurs fois l’arène tandis que les banderilleros amorcent une involontaire paire par colleras.

 

Brindis de Thomas à ses deux prestigieux compagnons de cartel. Comme on espérait rien, on est agréablement surpris de voir le torero enchaîner deux redondos mains basses. Le manso baisse de ton à la troisième série. A gauche, il défile au pas sans baisser la tête. La faena est bien décousue. Le redondo inversé était tellement prévisible qu’il ne fait aucun effet. Conclusion peu brillante par pinchazo suivi d’un bajonazo de catégorie. Un avis précède un descabello.

 

 

Les trois toreros sortent sous des applaudissements, mêlés de sifflets pour MORANTE ; sans sifflets pour MANZANARES toutefois moins applaudi que DUFAU.

 

Bronca ensuite pour l’organisation et j’ai cru déceler un fugace sourire sur le visage de Mme Darrieusecq quittant le secteur des invités.

 

 

 

2.25 H de spectacle. Vu de la contra-barrera ombre : 95 €…

 

 

 

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Published by Bronco - dans Compte-rendus
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