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20 juillet 2012 5 20 /07 /juillet /2012 19:05

 

 

 

Contrairement aux craintes des organisateurs, les gradins étaient pleins. Des nuages et une brise rendaient la chaleur très supportable, bref des conditions très agréables pour suivre une soirée animée par un lot de MARGE de gabarit conforme à ce que l’on peut espérer ici et d’armures fort respectables. D’un moral variable suivant les exemplaires mais possédant de la mobilité, des pattes et une dose de caste, des ingrédients qui se font si rares par les temps qui courent.

 

 

Premier destin, celui d’un torero, qu’on a l’impression de connaître depuis la nuit des temps et qu’on imagine qu’il continuera à toréer bien après nous. N’étant pas suspect de bienveillance envers lui, j’e n’en suis que plus à l’aise pour avouer que j’ai apprécié hier sa prestation.

Enrique PONCE a, et c’est heureux, hérité du lot le plus compliqué. Son premier adversaire possède une charge claire à la cape et pousse avec enthousiasme dans la première pique et vient avec vigueur lors de la seconde rencontre. Il garde de l’agressivité lors du tercio de banderilles.

PONCE brinde au public et démontre ensuite l’étendue de sa technique pour corriger la réticence à charger et à répéter les charges de l’animal. Le tout en deux séries qui mettent en confiance son adversaire et ajuster le tempo pour éviter les accrochages de la muleta. Le tout sans les mièvreries agaçantes réalisées face aux « toros artistes » et avec, en point d’orgue, une très allurée série de naturelles.

Estocade habile et efficace. Rien à redire sur l’oreille demandée, accordée et ratifiée par le public lors de la vuelta.

 

Le quatrième MARGE, à la jolie robe et aux armures inquiétantes jette les pattes et freine dans la cape. Il file comme une fusée sur les chevaux à peine sortis du patio. Il pousse avec plus de rage que de bravoure, apparaît distrait lors du quite, agite beaucoup la tête au cours du tercio de banderilles, et va confirmer ces signes de mansedumbre ensuite.

 Surtout à droite, avec une corne chercheuse et très accrocheuse qui menacera à plusieurs reprises le torero. Il fallait une sacrée maîtrise technique pour extirper la faena, forcément peu spectaculaire qui nous vîmes. Final un peu compliqué à l’épée compte-tenu du danger de la corne citée plus haut.

Mais la partie la plus attentive et avertie du public fait saluer PONCE pour le remercier de ses efforts.

 

 

Second destin, celui d’un bretteur genre gueule cassée, figure de pirate depuis la cornada que l’on sait. Le public, ému, le fait sortir du burladero pour répondre à l’ovation avant la sortie du troisième toro. Brusque et vulgaire à la cape. L’animal, noble, part sur le picador sans mise en suerte et manque faire chuter le cheval en le coinçant contre la barrière. Comme il manifeste des signes de faiblesse, on change le tiers après une seconde rencontre peu poussée.

Tercio de banderilles partagé avec Mathieu GUILLON. Médiocre paire avant le classique « violin ».

Brindis au centre, la main sur le cœur, début à genoux près des barrières puis faena facile face à un toro sans difficultés. En allongeant inutilement la faena, le torero subit un désarmé. Final agité pour faire monter l’ambiance. Estocade fulminante qui justifiait l’oreille. Mais la seconde réclamée et obtenue par le public était vraiment de trop.

 

Le cinquième, un colorado rondouillard, passe sans malice dans la cape de PADILLA, déployée d’une surface suffisante pour couvrir les arènes !  A la première rencontre, le Margé contourne le cheval par l’avant et cherche le cou de celui-ci. Il parvient à désarmer le picador. Lors de la seconde rencontre, il pousse avec énergie de manière plus orthodoxe.

Aux banderilles, le matador se montre très médiocre à la première paire, plus centré à la seconde et pose l’éternel violin au deuxième essai. Malgré cet à-peu-près, il est fêté par le public.

La faena sera longue et ennuyeuse, les responsabilités étant partagées entre le Margé tardo, soso et chargeant à mi-hauteur et PADILLA quelconque dans un premier temps puis versant dans une pénible séquence de porfia et desplante pour chauffer la salle.

Entière ladeada moins engagée qu’au toro précédent, la ronde effrayante, (ne suscitant aucune réaction du public) des péons aidant bien à la conclusion.

Salut au tiers très bienveillant.

 

 

Venons-en au triste destin d’un garçon qui s’est voulu et qui est devenu matador dans sa ville. L’objectif est accompli mais il s’agit là du seul point positif d’une soirée que le public et le matador vécurent avec un fatalisme désespéré tant Mathieu GUILLON afficha les lacunes que ses dernières saisons avaient mises  en évidence et qui éclatèrent face aux deux meilleurs toros. Mais la barre était vraiment trop haute pour un torero désormais seul, sous-entrainé, sans technique suffisante ni volonté farouche.

Le toro de la cérémonie, ensellé, armé large, fut applaudi à sa sortie en piste. Mathieu le reçoit à la cape, plutôt joliment mais sans grande confiance. Le Margé pousse en se tenant collé en parallèle au cheval. La seconde rencontre est peu appuyée mais le toro fléchit en sortant.

PADILLA parait surpris que Mathieu l’invite à partager les palos pour son toro d’alternative. Paire anodine et très (trop !) applaudie du « Cyclone », Mathieu se montrant correct dans une paire classique et un violin. A noter une lidia des plus laborieuses d’une cuadrilla bien à la peine…

La faena ? Malgré une charge noble et sans difficulté particulière, Mathieu restera très marginal, tirant des lignes sans toréer vraiment. La muleta souvent accrochée et sans jamais lier les passes.

L’estocade ? Deux entrées (ou plutôt sorties !) à matar pour une épée basse.

Applaudissement épars ne justifiant pas la sortie.

 

Après sa prestation initiale, personne n’imaginait que le nouveau matador sortirait avec une réelle volonté de triompher à son second adversaire. Son attitude prudente au capote le confirme de suite.

Trois rencontres au cheval, la dernière en le plaçant de loin. Aux banderilles, le désastre commence : un interminable tiers avec accumulation de capotazos maladroits, une première paire plantée sur le flanc car Mathieu a été surpris par la vitesse du Margé. Si la seconde est correcte, il n’y en aura pas de troisième suite à deux tentatives de violin se terminant par des banderilles jetées et des poursuites affolées.

Avec la muleta, reprise d’une position très marginale, des passes données une par une, de désarmés, d’une absence de toute maitrise de la charge. Le toro, pourtant sans mauvaise intention, finit par se décomposer devant cette bouillie et prend une querencia près des barrières.

Mathieu tentera donc de jeter quelques épées sur le toro marchant en longeant les barrières. Il avait parcouru la moitié de la circonférence lorsque sonne le troisième avis que chacun pressentait comme inéluctable (malgré les tentatives d’aide du chef de lidia) tant le torero paraissait paniqué et désespéré.

Le public, dans son immense majorité, resta silencieux, conscient d’assister à l’enterrement d’une illusion.

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Published by Bronco - dans Compte-rendus
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