Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

www.basta-ya.net

Accédez directement à ce blog grâce à l'URL :
http://www.basta-ya.net

Recherche

Réagissez !

Vous pouvez réagir à tous les articles de Bronco en cliquant sur le lien commentaire (x)présent sous chaque article.

Articles Récents

15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 10:48

Chronique de la novillada de Roquefort 

 

 

Premier constat : l’aficion se lamente du manque d’animaux braves. A raison. Mais il convient de constater que lorsque la caste sort en piste, ce sont les toreros qui manquent le plus.

 

Second constat : même dans une placita pourtant normalement plutôt torista, on peut prendre des vessies pour des lanternes. Il semble que la frange la plus avertie du public soit diminue, soit se manifeste moins.

 

Troisième constat : ceux qui sont en charge d’une part d’autorité, par facilité ou démagogie, prennent des décisions qui confortent la partie du public la moins connaisseuse.

 

Conclusion : Roquefort représentait jusqu’à présent une exception, il serait dommage que cela change.

 

 

_______________

 

 

 

Le premier SAN ROMAN, gaillard et cornalon déboule avec force et vitesse et  Carlos DURAN s’accroche à sa cape comme aux branches et manque de se faire désarmer. La cuadrilla sort vite pour mener le novillo au cheval. Première rencontre où le picador se fait désarçonner second contact violent mais poussée moins soutenue.

 

Le novillo a beaucoup d’allant au tercio de banderilles, ce qui permet à l’excellent banderillero et peon de brega de DURAN de saluer. Entame de faena sans la moindre confiance. Le SAN ROMAN prend avantage de ce début à reculons et domine le débat. Idem à gauche avec un désarmé. Le novillo a du genio certes mais la lidia à la dérive de DURAN ne permet que d’entrevoir fugacement le fond de noblesse de son adversaire.

Un pinchazo précédant une entière caidita d’effet assez rapide concluent cette entrée en matière.

 

 

 

La tête de Mathieu GUILLON lors du paseo traduisait bien la tension du montois. En voyant sortir le très haut, très armé (il serait édifiant de comparer une photo de ce novillo et celle du Bohorquez sorti vendredi à Dax…) on imagine que cette tension ne va pas retomber ! Même si la charge parait claire, les quatre véroniques de Mathieu s’exécuteront avec un pas en arrière.

Les deux piques prises avec entrain seront courtes car le SAN ROMAN présente quelques signes de faiblesse des pattes avant (une génuflexion).

Mathieu saisit les banderilles mais se fait prendre de vitesse sur le premier cite ; meilleur tempo sur la deuxième tentative pour une pose correcte et un violin ensuite.

 

Début de faena à droite très prudent. Lors de la seconde série un peu moins sur la défensive, Mathieu se fait légèrement bousculer par un adversaire exigeant. Nouvelle série à droite comme on se jette à la mer. A gauche, cinq naturelles aidées et un pecho en ligne droite. Dernière série à droite mais on sait que le novillo a pris le dessus. Quatre passes d’enjolivements qui ne trompent personne avant un pinchazo en se jetant dehors suivi d’un hideux bajonazo.

 

 

 

Ovation à la sortie du troisième toro-novillo ! Le pasito atras de JIMENEZ sur chaque véronique n’entame pas l’enthousiasme populaire.

 

 Le novillo sort seul de la première pique qu’il a prise en se tenant parallèle et saute vers le picador lors de la seconde rencontre durant laquelle il est fort (et mal) piqué. Les banderilleros poursuivent la mauvaise lidia avec le SAN ROMAN qui confirme des signes de mansedumbre.

 

La faena est brindée au public par le sympathique blondinet. Ce seront des séries sans profondeur avec un animal noble et fade. Les trois manoletinas  finales sortent un peu le public de sa torpeur. Un pinchazo suivie d’une entière décidée et efficace permettent un salut au centre que le gamin transforme en vuelta forcée.

 

 

 

Encore un novillo de gabarit et d’armures impressionnants devant lequel Carlos DURAN tente de ne pas trop perdre de terrain sans pouvoir se centrer une seule fois à la cape.

 

Trois rencontres poussées, le novillo sortant cependant seul de la deuxième. Bon tercio de palos et encore un salut d’un banderillero de cette cuadrilla. Faena sans intérêt ni confiance, heurtée, confuse sans dominer une charge parfois incommode. Le novillero termine d’une entière delantera habile. La pétition est nettement minoritaire ce qui n’empêche pas l’oreille de tomber…

 

 

 

Le costaud cinquième présente une grosseur sur la patte arrière droite mais n’en sera pas affecté. La corne gauche d’abord, puis la droite ensuite finiront en pinceau. Rien au capote.

Lors de la première rencontre, le cheval, peu agile, tombe et, comme souvent, le picador rattrape le temps perdu lors du second contact, châtiant durement le novillo.

Aux banderilles, première pose sur la corne extérieure pour GUILLON, seul un bâton planté. Seconde rapide sans temps d’arrêt à la réunion. Violin exposé près des planches pour finir.

 

Début par le bas sans autorité. Le SAN ROMAN toise le torero et ne met pas la tête dans la muleta. A l’évidence perdu, Mathieu esquisse quelques cites avant d’aller chercher l’épée. Six « entrées » a matar plus ou moins calamiteuses. Un avis avant un descabello libérant le torero et nous d’une impression de malaise. Reste à réfléchir devant un tel désarroi et les questions qu’il suscite pour l’avenir du torero.

 

 

 

Le dernier novillo est magnifique de trapio, avec des armures cauchemardesques. Javier JIMENEZ, comme au troisième, recule la jambe à chaque véronique.

 

Vient le tercio de piques qu’il convient de détailler : première rencontre piquée très en arrière. Le novillo pousse fort. A sa sortie, il effectue une vuelta de campana.

Seconde pique, toujours poussée, toujours appliquée loin. Le châtiment est déjà dur. JIMENEZ demande le changement. Le picador soulève le castoreño et salue donc le palco mais le Président ne sort pas le mouchoir ! Le novillo prend alors une troisième pique, partant de loin, brève, toujours loin derrière le morillo.

 

Changement de tiers après seulement deux paires de banderilles alors que le novillo se prêtait bien à l’exercice.

 

Que je sache, nous n’assistions pas à une novillada-concours ! Donc, pour quelle raison demander cette troisième rencontre alors, qu’à l’évidence le châtiment était déjà bien suffisant avec, de plus la roulade qui n’est jamais sans effet sur le potentiel de l’animal ? Quant au picador, pourquoi cette ovation lorsque l’on voit qu’il pique, de manière délibérée si loin sur le dos de l’animal ?

 

Les conséquences ne se firent pas attendre longtemps. Après une série à droite où le novillo charge de loin avec alegria, rideau !  Une deuxième série où il avance à grand peine, avant de se figer. D’où des attitudes forcées voire grotesques de porfia où la cuisse du torero touche le mufle du novillo de marbre, où il faut une dizaine de cites bruyants pour provoquer une charge de cinquante centimètres sous aussi bruyants que ridicules « Esoooo es ! » de la cuadrilla.

 

Retenons cependant encore une entière bien placée et portée avec décision. Une pétition, cette fois majoritaire, réclame une oreille. Et une fois obtenue, une partie du public réclame la seconde, ce qui laisse songeur sur l’évolution de la sensibilité populaire.

 

Quant à la vuelta au SAN ROMAN, j’aurais aimé demander au trio du palco comment on peut la décerner après avoir écourté un tiers sans raison et avoir annihilé les capacités de charge, donc ses possibilités d’exprimer caste et noblesse à la muleta ? Serait-ce donc la naissance d’un nouveau concept : la vuelta au bénéfice du doute ?

 

 

 

Vu depuis la delantera ombre. 44 €.

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Bronco - dans Compte-rendus
commenter cet article

commentaires

Bronco 22/08/2011 08:32



Ayant par erreur effacé le commentaire de Pierre Dubos, je lui dirai que je prends acte de son volontarisme et le félicite de la présentation et de la qualité de ce lot de novillos.