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30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 11:03

 

 

Cette édition fut accablante du fait de la chaleur d’une part mais aussi parce que, hormis quelques bons moments, on s’ennuya aussi profondément que dans d’autres arènes du sud-ouest, ce qui est nouveau.

Il y eut donc deux triomphes : celui de David MORA qui me fit plaisir car je suis avec intérêt ce torero depuis sa période de novillero. J’apprécie particulièrement son toreo de cape, très élégant ce qui devient rarissime dans la toreria actuelle. (Hélas, je déplore sa faute de goût lorsqu’il se laissa aller à regarder le public en toréant de capote à son second adversaire). Il sut profiter de la qualité de son premier toro et se sortir habilement des difficultés de son second. Preuve de son intelligence professionnelle.

On ne contestera pas non plus le succès d’Alberto AGUILAR, il s’est efforcé de bout en bout pour aller couper trois oreilles en mettant en valeur les possibilités de ses opposants. Son estocade face au second toro et sa troisième paire de banderilles face au cinquième rejoignent les souvenirs qui restent longtemps dans les têtes des aficionados.

Après, les impressions chutent de beaucoup. Je sauverai le très vaillant RAFAELILLO, dont la faena genre bagarre de rue avec le second victorino constitua le seul moment prenant de cette corrida. Sergio AGUILAR est resté sérieux et alluré, sans pouvoir rééditer ses prestations précédentes. Et puis… plus rien ou presque. Le FUNDI entame la Feria en répondant à l’ovation avant la sortie de son premier toro puis ce sera silence, salut au tiers, silence et silence mêlé de quelques sifflets pour son dernier toro qu’il brinda au public et dut expédier sans pouvoir le réduire. L’idole n’est pas morte mais son aura en a pris un sacré coup. J-L MORENO fut transparent. Antonio BARRERA insignifiant et agaçant. Luis BOLIVAR anodin. MORENITO DE ARANDA parut ni trop savoir ni trop vouloir. Medhi SAVALLI, désolant par son impuissance à lidier. Quand à Juan BAUTISTA, il se sort, à mon sens, avec plus de peine que de gloire, de sa première confrontation avec des victorinos.

La novillada tourna à la confusion des toreros français ; Patrick OLIVER parfois élégant, toujours prudent et Thomas JOUBERT qui demeure  encore l’ombre du garçon décidé et brillant que l’on connut en non-piquées. Le jeune inconnu (du moins pour moi) Esau FERNANDEZ, se montra à la hauteur d’un novillo idéal de douceur, par un toreo templé et rythmé. On sait qu’il n’est pas aisé d’être bon lorsque l’adversaire est excellent.

 

Parlons à présent de l’essentiel, surtout ici : les toros. Première surprise, la présentation qui ne fut pas sans reproche, contrairement à l’habitude. Certains exemplaires de la corrida-concours n’honoraient pas leur éleveur et certains lots étaient inégaux. Plus grave, on vit un certain nombre d’armures dont les pointes éclatèrent très rapidement après la sortie en piste.

Les novillos de FLOR DE JARA furent très compliqués, hormis le troisième, une véritable « sœur de charité » (à mon avis, il avait du sauter clandestinement la clôture de la finca). Face au cheval, il y eut du très bon (excellent premier qui permit au picador de saluer et bon cinquième ) et du beaucoup moins bien (manso deuxième). Dans la muleta, beaucoup de défauts : charge tête haute, courte, coups de tête en fin de passe etc… Bref la panoplie du genio désagréable.

 

Les ESCOLAR GIL montrèrent des comportements divers à la pique : coups de tête et peu d’entrain du premier ; forts hachazos pour désarçonner le picador de la part du second ; illusion initiale pour le troisième qui sort seul très vite lors du second contact ; pas de faux-semblants en revanche pour le quatrième qui sort seul des trois rencontres ; codicia et mansedumbre pour le cinquième qui tente de contourner le cheval et de lui crocheter la patte avant droite avant de s’en aller ; le sixième clôture de manière cohérente par rapport aux précédents : pas d’engagement sous le fer et sorties sans sollicitation.

Pour le reste, le premier n’humiliait pas et se défendait à gauche ; le second se comporta bien jusqu’à l’entame de la faena puis devint réservé, ne répétant pas et terminant distrait. Le troisième afficha de la caste mobile et de la classe dans la muleta. Le quatrième montra peu d’allant et de caste, restant défensif. Le cinquième cornéait dans la cape, se retournait très sèchement dans la muleta cherchant les chevilles du torero et eut ensuite tendance à vouloir s’échapper des passes pour rejoindre les barrières. Le sixième était un « tio »qui s’avéra impossible à la muleta.

 

La corrida-concours s’avéra un désastre.

 Un LA QUINTA noble, de bravoure limitée, fade et faiblard.

 Un MARIA LUISA P.D.V lourd, massif, âgé, d’une bravoure mêlée de genio et qui reçut un traitement fort sévère de la part du picador de A.BARRERA (à noter qu’à la fin de la troisième « rouste », ce torero, toujours aussi inénarrable qui demande le cambio à la présidence…) ensuite réservé et avisé dans la faena.

.Un SAN ROMAN à la sortie nerveuse et spectaculaire (corne droite en plumeau dès les premiers remates) ; très peu d’engagement dans un tercio de piques peu appuyé du fait d’une relative faiblesse. Ensuite, fond de noblesse gâché par les défauts des toros de peu de forces : charge à mi-hauteur et coups de tête.

.Un DOLORES AGUIRRE, manso sortant seul et vite des trois rencontres où il fut piqué. Plutôt brillant au tiers des banderilles. Mobilité agressive intéressante dans la muleta désespérante du torero qu’il dut affronter.

.Un ALCURRUCEN court de charge et réfléchi au capote. Il s’élance vers le cheval puis freine avant le contact ; hachazos terribles en direction de la tête du cheval qu’il contourne par l’avant. Il sort seul comme il le fera des deux autres rencontres. (Une altercation entre le très vulgaire BARRERA et « EL PIMPI » provoque de la part de ce dernier deux piques de plus sous la bronca qu’on devine) le toro restera ensuite en querencia près du burladero de lidia durant le tiers des banderilles et la (façon de parler) faena.

.Un REHUELGA de peu de prestance, aux armures abîmées, prend la première pique avec de la volonté et du style mais baisse beaucoup de ton dans les deux suivantes. Charge sans humilier et au pas dans la muleta.

 

Corrida de PALHA. Premier d’une noblesse anodine gâchée par sa faiblesse de pattes ; deuxième brillant aux piques, de la qualité dans sa charge à la muleta mais un manque de moteur. Une mort de toro de caste. Troisième : bonne charge dans la cape, peu piqué et sortant seul du cheval, intéressant jusqu’au milieu de la faena puis se décomposant (à sa décharge, la lidia indigente avait de quoi le décourager). Quatrième sortant rasant les planches pour chercher une issue, moyen aux piques, charge exigeante et incommode à la muleta. Le cinquième prend la première pique avec violence puis pousse avec fixité, seconde également poussée, il vient avec enthousiasme à la troisième rencontre, où la pique est aussitôt relevée après le contact. Beaucoup de vitesse dans ses courses aux banderilles où il met en difficulté le torero. De la classe et de la rage dans sa charge lors de la faena. La vuelta ne m’a pas paru scandaleuse. Le sixième jette les pattes et la tête dans la cape, fait montre de puissance violente face au cheval (entrainant une chute du picador sur l’impact lors de la seconde rencontre) puis débute avec de la mobilité lors de la faena avant de baisser de ton (cette fois encore avec la complicité du torero).

 

Conclusion pesante avec un lot de VICTORINO aussi superbe qu’ « infumable ». Toros nés entre octobre 2004 et janvier 2005, présentant beaucoup de sentido, de genio. Le second permit une faena au gout sauvage où chaque passe était une épreuve, le troisième désordonné et faiblard et sixième qui envoyait des coups de tête étaient un peu moins inabordables. Le cinquième était une peste applaudi à son entrée et sifflé à sa sortie. Les premier et quatrième mirent en échec total un torero certes en baisse mais malgré tout habitué à ce genre de combats. La corrida dura 1 heure 53’, c’est tout dire.

 

 

Cette médiocre édition 2010, subie de plus sous une chaleur épuisante, souligne les limites d’une Feria stakhanoviste (cinq spectacles en trois jours, c’est beaucoup trop. Douze toros par jour, c’est abrutissant !) Il conviendrait de réduire ou d’aérer ce rendez-vous de Pentecôte sous peine de voir encore plus nettement des vides dans les gradins. (Aucun spectacle ne fit le plein.)

 

Vu de la file 1 du tendido sol (c’est terminé, je passe à l’ombre, plus haut, mais à l’ombre !) 31€ pour la novillada, 54 € pour les corridas.

 

 

 

 

 

P.S : En illustration de ces propos, voir les photos de Victorino dans la rubrique  "Album" ( à gauche)

 

 

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Published by Bronco - dans Compte-rendus
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