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22 août 2011 1 22 /08 /août /2011 20:19

 

 

Roquefort avait donné satisfaction en terme de bétail mais Rion (y aurait-il une bénédiction pour les arènes en bois ?) a fait mieux car les novillos de qualité ont trouvé en face d’eux des opposants qui pouvaient et qui voulaient.

 

Et si l’affluence était plus mince que d’habitude en quantité, la qualité était au rendez-vous, le public comprit les difficultés des piétons et les soutint.

 

Malgré la chaleur étouffante, il n’y avait aucun signe de somnolence dans les gradins car on ne s’ennuya jamais.

 

 

_______________

 

 

Le premier VALDEFRESNO apparaît en dessous des canons habituels de présentation en ces lieux. Mais au moral, il affiche violence et genio. JIMENEZ doit s’employer pour canaliser la charge. Aux banderilles, le SANTO fait mieux que le SAN GILEN. Faena batailleuse, tête désordonnée et retours très secs contre aguante et technique, JIMENEZ s’en sort et conclut avec ¾ d’épée. Salut au tiers.

 

 

Le deuxième correspond aux critères « rionnesques » et, à l’instar du sixième, aurait fait honte à certaines sardines sorties dans les deux capitales landaises. A la cape, il charge avec puissance et violence. Le métier déjà affirmé de MARTIN n’est pas de trop ! Panique aux palos malgré des vieux routiers des cuadrillas. La faena est brindée au public et le torero doit composer d’abord avec des coups de têtes de son adversaire. Deux séries méritoires car le FRAILE s’avise dès la seconde série. Une série à gauche guère plus rassurante et David reprend à droite et subit une très dure voltereta ! On le relève et on tente de le sortir d’un k-o debout. Après beaucoup d’eau sur la tête, il revient encore un peu sonné et, après trois naturelles bien données, il reprend une rouste sévère. Re-soins et une entière très basse que personne ne siffle vu l’intensité du combat. Silence.

 

 

Le troisième novillo est bien fait et comme les autres, débarque comme un train à grande vitesse. Brandon CAMPOS soutient impavide l’impétueuse charge dessinant de plus un toreo de cape de qualité. Tercio de banderilles encore éprouvant pour les péons. Brindis au public et entame par le bas plein d’autorité et de calme. Deux très bonnes séries à droite. Le mexicain s’éloigne un peu avant de préparer un cite pour une autre série. Pas le temps. Le FRAILE, aux aguets, part sur lui comme une fusée et ne manque pas sa cible. Deux coups de corne au niveau de la ceinture expédient le novillero à l’infirmerie puis à l’hôpital de Dax. Curieusement, c’est David MARTIN qui expédie, non sans danger, le novillo.

 

 

Une annonce au micro nous donne les explications. Un malaise de JIMENEZ après le premier novillo avait laissé seul MARTIN. Encouragé par VICTORINO fils, il va s’envoyer en suivant deux novillos sans avoir donné vraiment l’impression d’être totalement remis de la secouée reçue.

 

Le quatrième FRAILE est encore un dur à cuire dès sa sortie. Confusion une nouvelle fois aux palos. Faena inégale et ambulatoire avec des bons moments à gauche par des naturelles de trois-quarts face fort allurées, moins accomplie à droite. Un pinchazo suivi d’une entière bien portée. Oreille.

 

Le cinquième, sobrero, un jabonero sucio, jette les pattes avant (faiblardes) dans la cape. Le SANTO doit saluer pour deux très bonnes paires de banderilles. Début de faena où le novillo confirme sa faiblesse mais se montre en plus andarin. Une noblesse un peu fade n’empêche pas David MARTIN de faire étalage d’un toreo distingué, fin et précis. Encore une entière décidée et deux oreilles légitimes.

 

 

JIMENEZ sort aussi pâle que décidé de l’infirmerie pour accueillir son très sérieux second adversaire qui serre à droite au capote. Le SAN GILEN est à la brega pour les banderilles. A l’issue du tiers, toujours souriant et décontracté, un peu trop, il amène le novillo vers le burladero situé sous la présidence. Le FRAILE saisit cette seconde de facilité, accélère, rattrape l’imprudent juste au moment ou celui-ci tente de se jeter dans l’abri. Il le crochète pour lui envoyer un sérieux puntazo au mollet gauche. Pour faire bonne mesure, il dégage une, puis deux planches de la barrière, et châtie, sans trop de mal, la jambe d’un autre membre de la cuadrilla.

 

Début très « tomasiste » de JIMENEZ par statuaires et passes du mépris. Ensuite, faena pleine d’enthousiasme communicatif. Certes, il y aurait à redire (pico, toreo avec le buste « cassé » ) mais aussi des qualités de mando permettant de longues naturelles et des pechos superbement enroulés. Deux-tiers d’épée efficace (avec l’aide des enteradores…) pour deux oreilles qu’on ne chicanera pas à un gamin plein d’énergie vitale. Vuelta posthume pour un novillo plein d’allant et de noblesse encastée.

 

 

Sortie en triomphe des deux novilleros. Salut du ganadero qui nous a rappelé, par la qualité de ses erales, que seule la caste peut sauver la Fiesta Brava.

 

 

Entrée générale à l'ombre : 20 €

 

 

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15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 10:48

Chronique de la novillada de Roquefort 

 

 

Premier constat : l’aficion se lamente du manque d’animaux braves. A raison. Mais il convient de constater que lorsque la caste sort en piste, ce sont les toreros qui manquent le plus.

 

Second constat : même dans une placita pourtant normalement plutôt torista, on peut prendre des vessies pour des lanternes. Il semble que la frange la plus avertie du public soit diminue, soit se manifeste moins.

 

Troisième constat : ceux qui sont en charge d’une part d’autorité, par facilité ou démagogie, prennent des décisions qui confortent la partie du public la moins connaisseuse.

 

Conclusion : Roquefort représentait jusqu’à présent une exception, il serait dommage que cela change.

 

 

_______________

 

 

 

Le premier SAN ROMAN, gaillard et cornalon déboule avec force et vitesse et  Carlos DURAN s’accroche à sa cape comme aux branches et manque de se faire désarmer. La cuadrilla sort vite pour mener le novillo au cheval. Première rencontre où le picador se fait désarçonner second contact violent mais poussée moins soutenue.

 

Le novillo a beaucoup d’allant au tercio de banderilles, ce qui permet à l’excellent banderillero et peon de brega de DURAN de saluer. Entame de faena sans la moindre confiance. Le SAN ROMAN prend avantage de ce début à reculons et domine le débat. Idem à gauche avec un désarmé. Le novillo a du genio certes mais la lidia à la dérive de DURAN ne permet que d’entrevoir fugacement le fond de noblesse de son adversaire.

Un pinchazo précédant une entière caidita d’effet assez rapide concluent cette entrée en matière.

 

 

 

La tête de Mathieu GUILLON lors du paseo traduisait bien la tension du montois. En voyant sortir le très haut, très armé (il serait édifiant de comparer une photo de ce novillo et celle du Bohorquez sorti vendredi à Dax…) on imagine que cette tension ne va pas retomber ! Même si la charge parait claire, les quatre véroniques de Mathieu s’exécuteront avec un pas en arrière.

Les deux piques prises avec entrain seront courtes car le SAN ROMAN présente quelques signes de faiblesse des pattes avant (une génuflexion).

Mathieu saisit les banderilles mais se fait prendre de vitesse sur le premier cite ; meilleur tempo sur la deuxième tentative pour une pose correcte et un violin ensuite.

 

Début de faena à droite très prudent. Lors de la seconde série un peu moins sur la défensive, Mathieu se fait légèrement bousculer par un adversaire exigeant. Nouvelle série à droite comme on se jette à la mer. A gauche, cinq naturelles aidées et un pecho en ligne droite. Dernière série à droite mais on sait que le novillo a pris le dessus. Quatre passes d’enjolivements qui ne trompent personne avant un pinchazo en se jetant dehors suivi d’un hideux bajonazo.

 

 

 

Ovation à la sortie du troisième toro-novillo ! Le pasito atras de JIMENEZ sur chaque véronique n’entame pas l’enthousiasme populaire.

 

 Le novillo sort seul de la première pique qu’il a prise en se tenant parallèle et saute vers le picador lors de la seconde rencontre durant laquelle il est fort (et mal) piqué. Les banderilleros poursuivent la mauvaise lidia avec le SAN ROMAN qui confirme des signes de mansedumbre.

 

La faena est brindée au public par le sympathique blondinet. Ce seront des séries sans profondeur avec un animal noble et fade. Les trois manoletinas  finales sortent un peu le public de sa torpeur. Un pinchazo suivie d’une entière décidée et efficace permettent un salut au centre que le gamin transforme en vuelta forcée.

 

 

 

Encore un novillo de gabarit et d’armures impressionnants devant lequel Carlos DURAN tente de ne pas trop perdre de terrain sans pouvoir se centrer une seule fois à la cape.

 

Trois rencontres poussées, le novillo sortant cependant seul de la deuxième. Bon tercio de palos et encore un salut d’un banderillero de cette cuadrilla. Faena sans intérêt ni confiance, heurtée, confuse sans dominer une charge parfois incommode. Le novillero termine d’une entière delantera habile. La pétition est nettement minoritaire ce qui n’empêche pas l’oreille de tomber…

 

 

 

Le costaud cinquième présente une grosseur sur la patte arrière droite mais n’en sera pas affecté. La corne gauche d’abord, puis la droite ensuite finiront en pinceau. Rien au capote.

Lors de la première rencontre, le cheval, peu agile, tombe et, comme souvent, le picador rattrape le temps perdu lors du second contact, châtiant durement le novillo.

Aux banderilles, première pose sur la corne extérieure pour GUILLON, seul un bâton planté. Seconde rapide sans temps d’arrêt à la réunion. Violin exposé près des planches pour finir.

 

Début par le bas sans autorité. Le SAN ROMAN toise le torero et ne met pas la tête dans la muleta. A l’évidence perdu, Mathieu esquisse quelques cites avant d’aller chercher l’épée. Six « entrées » a matar plus ou moins calamiteuses. Un avis avant un descabello libérant le torero et nous d’une impression de malaise. Reste à réfléchir devant un tel désarroi et les questions qu’il suscite pour l’avenir du torero.

 

 

 

Le dernier novillo est magnifique de trapio, avec des armures cauchemardesques. Javier JIMENEZ, comme au troisième, recule la jambe à chaque véronique.

 

Vient le tercio de piques qu’il convient de détailler : première rencontre piquée très en arrière. Le novillo pousse fort. A sa sortie, il effectue une vuelta de campana.

Seconde pique, toujours poussée, toujours appliquée loin. Le châtiment est déjà dur. JIMENEZ demande le changement. Le picador soulève le castoreño et salue donc le palco mais le Président ne sort pas le mouchoir ! Le novillo prend alors une troisième pique, partant de loin, brève, toujours loin derrière le morillo.

 

Changement de tiers après seulement deux paires de banderilles alors que le novillo se prêtait bien à l’exercice.

 

Que je sache, nous n’assistions pas à une novillada-concours ! Donc, pour quelle raison demander cette troisième rencontre alors, qu’à l’évidence le châtiment était déjà bien suffisant avec, de plus la roulade qui n’est jamais sans effet sur le potentiel de l’animal ? Quant au picador, pourquoi cette ovation lorsque l’on voit qu’il pique, de manière délibérée si loin sur le dos de l’animal ?

 

Les conséquences ne se firent pas attendre longtemps. Après une série à droite où le novillo charge de loin avec alegria, rideau !  Une deuxième série où il avance à grand peine, avant de se figer. D’où des attitudes forcées voire grotesques de porfia où la cuisse du torero touche le mufle du novillo de marbre, où il faut une dizaine de cites bruyants pour provoquer une charge de cinquante centimètres sous aussi bruyants que ridicules « Esoooo es ! » de la cuadrilla.

 

Retenons cependant encore une entière bien placée et portée avec décision. Une pétition, cette fois majoritaire, réclame une oreille. Et une fois obtenue, une partie du public réclame la seconde, ce qui laisse songeur sur l’évolution de la sensibilité populaire.

 

Quant à la vuelta au SAN ROMAN, j’aurais aimé demander au trio du palco comment on peut la décerner après avoir écourté un tiers sans raison et avoir annihilé les capacités de charge, donc ses possibilités d’exprimer caste et noblesse à la muleta ? Serait-ce donc la naissance d’un nouveau concept : la vuelta au bénéfice du doute ?

 

 

 

Vu depuis la delantera ombre. 44 €.

 

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13 août 2011 6 13 /08 /août /2011 17:48

 

Chronique de la corrida dacquoise du 12 août 2011

 

 

 

Porte Nord. Escalier 11. Me voici en contra-barrera ombre. Ce n’était pas prévu de longue date. Il y a une dizaine de jours, un ami m’a proposé cette place libérée par une indisponibilité du titulaire de l’abonnement.

 

Je n’étais pas revenu dans l’arène dacquoise depuis plusieurs années. En m’installant, je redécouvre l’ambiance particulière du lieu. L’armée des soldats rouges et blancs, venue voir et complimenter les généraux « del arte » se saluent, s’embrassent, se congratulent avec le sentiment d’être vraiment entre eux.

 

L’aficion apparaît, du moins dans ce secteur, vraiment particulière. Le trapio du taureau, ses armures ne font guère débat. Tant que l’animal ne s’écroule pas, une boiterie manifeste ne choque pas. On peste plus sur les piques (toujours trop dures). On s’enflamme sur une véronique, moyenne, si son auteur est catalogué come artiste. On se pâme sur un changement de main même si l’ensemble de la faena demeure médiocre.

Un derechazo méritoire mais rapide du fait de la vitesse de l’adversaire laisse de marbre alors qu’une naturelle lente par le fait d’une charge anémique suscite l’enthousiasme.

 

Même si l’expérience dans ces contrées, est chère, très chère, il faut la faire de temps en temps pour en comprendre le fonctionnement. Mais en ce vendredi, ce fut la face grise tant les taureaux n’eurent pas le bon goût de se prêter à la fête que cet aimable public était prêt à faire.

 

 

________________

 

 

 

Christophe Andine ne se doutait pas qu’il allait devoir sortir deux mouchoirs verts lors du premier quart d’heure. Le premier d’EL PILAR boîte dès sa sortie et les protestations arrivent après quelques véroniques de MORANTE. Après une légère pique, le sabot avant droit tournant de manière trop manifeste, l’animal rejoint le corral.

 

Voici le un bis de MOISES FRAILE. Une série de capote et le remplaçant ne paraît guère assuré des pattes avant. Mais nous ne sommes pas à Las Ventas et on se dit que l’on va faire avec. A la sortie de la pique, on entend distinctement un bruit semblable à une branche qui se casse. Et le taureau ne pose plus la patte avant droite par terre. Exit le sobrero.

 

 

Le un ter n’est pas le MOISES FRAILE figurant sur le document du sorteo mais un BOHORQUEZ de poche. On pense avoir mal lu la pancarte (justement prudente) annonçant : « 508 kgs à l’embarquement ».

tant la prestance de l’animal est modeste.

 

Le ramage est à la hauteur du plumage. Le gadget saute dans la cape sans y mettre la tête mais en serrant le torero. Il pousse bien dans la (vilaine) pique en arrière. Une génuflexion en sortant, une autre dans le quite.

 

Comportement désolant aux banderilles. MORANTE, à juste titre, limite la faena à quatre passes de tanteo, trois de piton a piton avant un pinchazo puis une entière couchée plus que prudente.

 

 Les « Il n’a pas voulu le voir ! » vocifèrent. Ceux qui ont vu l’absence totale de caste de l’ersatz sans trapio, sans forces, sans caste, soupirent et remercient le torero de nous avoir fait rattraper un peu de temps. (la pendule affiche 18.40 H !)

 

 

 

A coté du précédent, l’EL PILAR semble gigantesque. En réalité, il présente plutôt bien, assez haut et long. La pointe des armures laisse en revanche à désirer. Malgré deux véroniques allurées, MANZANARES est plutôt dominé au capote.

 

Après une pique prise sans style, le taureau se plante les cornes dans le sable lors de sa sortie. Pas affecté, il démontre une charge enthousiaste lors du tiers des banderilles, permettant au peon de (justement) saluer.

MANZANARES ne fait pas preuve d’une grande confiance en début de faena. Séries prudentes à droite et à gauche. Un désarmé où il tente de reprendre la muleta au sol, ce que lui interdit le taureau.

 

Ce n’est qu’après une baisse de régime physique de son adversaire (se traduisant par une génuflexion) que le torero reprend de l’assurance. Deux séries de redondos inversés. Le changement de main fait monter en pression l’arène prête à sortir les mouchoirs mais qui les range après un pinchazo, une entière en travers et un descabello.

 

 

 

Jusque là, ça va doit penser Thomas DUFAU à qui le public dacquois fait une affectueuse ovation avant que ne sorte son léger (488 kilos… au campo) adversaire aux armures correctes. La charge désordonnée ne donne pas d’opportunité à la cape.

Une lidia plus que consternante permet au taureau de partir seul sur le cheval pour une vilaine mais courte pique. Le tercio de banderilles étant aussi brillant que celui des piques, le palco limite les dégâts à deux rencontres

 

 

Thomas brinde au public et la faena ressort du standard : passes changées au centre, trois séries à droite rythmées profitant bien de la charge du taureau venant de loin. La bête ne débordait certes pas de caste mais une certaine alegria compensait la froideur du toreo. A gauche, une seule série où la muleta sera constamment accrochée.

Deux redondos inversés consécutifs sans avoir besoin de se replacer. Un succès se profile mais le temps d’aller chercher l’épée (Quand les toreros comprendront-ils que ces pertes de temps favorisent la « décomposition » des taureaux ?) son adversaire a du mal à être placé et Thomas, après deux pinchazos et une entière laisse s’envoler l’oreille entrevue.

 

A propos de la partie du public qui protesta contre Thomas DUFAU pour l’utilisation (effective) du pico, je ne doute pas qu’ils auront la même intransigeance lorsque des toreros plus prestigieux utiliseront le même procédé…

 

 

 

La sortie du petit quatrième n’incite pas à l’optimisme. La nervosité de sa charge met MORANTE peu à l’aise avec la cape. Le syndrome de la lidia désastreuse frappe encore et le PILAR part seul de trente mètres sur le cheval. Contact bien plus agité que brave. Changement de tiers, courses en tous sens dans le ruedo, une cape abandonnée par un peon, bref, une pagaille noire.

 

Certains prophétisent déjà un « pétard » de catégorie quand le torero prend la muleta. Première série à droite et MORANTE reçoit impavide la charge aussi brutale que désordonnée du manso. Les ricanements cessent. Seconde série sans rompre conclue par une trinchera « maison ». Vient le meilleur : une série à gauche avec une merveille de première naturelle longue, mandée, templée, calmant l’agité qui suit docilement la muleta  Un autre série à droite confirme que le torero, ébouriffé par l’effort consenti, a gagné son duel.

 

Le taureau, cité, se met alors à reculer de deux ou trois pas. MORANTE s’avance vers lui. Nouveau recul de son adversaire. Avancée du torero, recul du taureau. La scène se reproduit sur une vingtaine de mètres. Là, près des barrières, le PILAR, se sentant acculé, va brutalement charger avec genio pour sortir de l’étreinte.

 

Une fin laborieuse par trois entrées précédant deux-tiers d’épée nous privent d’un succès populaire après un renversement de situation très inattendu.

 

 

 

Passons rapidement sur le cinquième. Très faible, il eut été changé si les jokers n’avaient pas été épuisés d’entrée. Malgré une pique frisant le simulacre, le taureau, noble, s’écroulait dès lors que MANZANARES l’obligeait un tant soit peu avec la muleta. Le torero prend assez rapidement l’épée et en termine avec une entière décidée.

 

 

Le sixième, dans ce lot très disparate, présente une allure proche du deuxième. Mais rien de commun au moral : il est plus proche du morucho que du taureau brave. Distrait, ne mettant pas la tête dans la cape, il assure tout seul (du fait d’une cuadrilla aux abonnés absents) le tercio de piques, allant d’abord sur le picador de service puis sur celui de réserve. Le tiers des palos varie entre le comique et le pathétique, le PILAR marathonien visitant plusieurs fois l’arène tandis que les banderilleros amorcent une involontaire paire par colleras.

 

Brindis de Thomas à ses deux prestigieux compagnons de cartel. Comme on espérait rien, on est agréablement surpris de voir le torero enchaîner deux redondos mains basses. Le manso baisse de ton à la troisième série. A gauche, il défile au pas sans baisser la tête. La faena est bien décousue. Le redondo inversé était tellement prévisible qu’il ne fait aucun effet. Conclusion peu brillante par pinchazo suivi d’un bajonazo de catégorie. Un avis précède un descabello.

 

 

Les trois toreros sortent sous des applaudissements, mêlés de sifflets pour MORANTE ; sans sifflets pour MANZANARES toutefois moins applaudi que DUFAU.

 

Bronca ensuite pour l’organisation et j’ai cru déceler un fugace sourire sur le visage de Mme Darrieusecq quittant le secteur des invités.

 

 

 

2.25 H de spectacle. Vu de la contra-barrera ombre : 95 €…

 

 

 

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10 août 2011 3 10 /08 /août /2011 20:48

 

Chronique de la corrida du centenaire des Arènes de Villeneuve-de-Marsan

 

 

Thomas Dufau effectue sa vuelta, l’oreille de son second adversaire acquise. Lancées depuis les tendidos, trois poules blanches atterrissent sur le sable. Le torero ne s’en est pas rendu compte et son pied bute contre l’une d’elles. Il considère le gallinacé, se penche vers lui, et d’un geste sûr, attrape une de ses pattes pour se saisir du volatile, au grand plaisir du public.

 

Où il se vérifie que nous sommes bien au pays de la volaille et que le torero, s’il en était besoin, est bien reconnu des siens en démontrant, par cette dextérité, qu’il n’est pas landais pour rien.

 

______________

 

 

Quand à 19 heures, Manolo Gloria sort le mouchoir blanc, de nombreux spectateurs n’ont pu encore trouver place, resteront dans les escaliers et ne pourront s’asseoir qu’après le premier taureau.

 

 

Le premier Sotillo Rodriguez apparaît assez lourd et bas. Dans la cape de Julien Lescarret, les pattes avant qu’il jette ne paraissent guère solide. Le matador gagne du terrain puis le place pour un picotazo fort léger ou le taureau contourne le cheval par l’avant. Joli quite de Julien puis tercio de banderilles correct. Le matador de Pissos brinde à celui du Frêche et au novillero du Moun. La faena de Lescarret sera plaisante et aisément oubliable du fait d’un manque de profondeur d’une part et à cause de la noblesse mollasse de son adversaire d’autre part. Le meilleur moment fut un redondo droitier bien rythmé. Le Sotillo Rodriguez s’éteint et quelques manoletinas lointaines précédent un pinchazo et une entière contraire qui suffit à en finir et à faire sortir les mouchoirs. Oreille.

 

 

On se serre pour permettre à tous de prendre place et sort le deuxième taureau. Au micro, une annonce avait été faite pour prévenir qu’une corne était escobillée suite à un débarquement orageux. Même prévenu, voir débouler deux embouts de cornes aussi aigus que pour une corrida de rejon laisse quand même une drôle d’impression d’autant plus que, de surcroît, le pauvre animal boîte de la patte avant droite. Hormis un quarteron de protestataires, le reste du public ne parait guère choqué par l’imprésentable. Une rencontre symbolique contre le cheval de la cuadra Pimpi et l’on passe aux banderilles que Thomas prend pour honorer « son » public. Hélas, le Sotillo a pris querencia aux planches sous la présidence, d’où un tiers plus laborieux que brillant. La faena aura tendance à faire bailler tant le taureau est court de charge d’abord, arrêté ensuite. Thomas s’efforce et tire tout ce que l’on peut extraire de son triste adversaire. Toreo de porfia un peu pénible pour en terminer. Pinchazo, entière contraire et salut au tiers affectueux du gentil public.

Voici Mathieu Guillon qui reçoit un novillo rond et brocho. Charge vive et cape très, trop rapide. Pique vite relevée, le châtiment consistant surtout pour l’animal dans le soulèvement de l’avant du cheval avec la tête. Eprouvé, il s’affale en sortant.

Mathieu prend les banderilles et demande la musique que le palco avait tardé à lancer ! Première paire : 1 sur 2 ; deuxième rageuse et correcte ; violin classique pour finir. L’animal est faible et fade, d’où une faena sans aucune vibration. Toréant de ceinture, à mi-hauteur, Mathieu est mis en difficulté sur une série à gauche et que fait-il ? Une passe à genoux totalement incongrue ! On passe à deux redondos inversés, le second s’achevant de manière « pagaillous ». Cinq manoletinas vulgaires, une entière couchée. Descabello fulminant. Oreille locale.

 

 

Le quatrième Sotillo, d’un trapio correct, cornée du coté droit et serre un peu à gauche obligeant Julien à céder un peu de terrain à la cape. Courte pique prise avec entrain, mobilité agressive aux palos, cet animal présente de l’intérêt. Hélas, il se blesse lors de la dernière paire de banderilles. Rien à faire, le taureau conserve sa volonté de charger mais ne peut tenir debout. Julien prend l’épée et en finit un peu laborieusement. Applaudissements compatissants.

 

 

Le cinquième est bien fait mais petit. D’abord distrait puis canalisé par Thomas, il pousse et recharge dans une rencontre au cheval où la pique est, une fois de plus, vite levée. Quite serré et varié de Dufau. Le Sotillo se montre désormais intéressant aux banderilles. Début par cambio au centre puis la faena baissera rapidement de ton, la faute à un sabot déficient empêchant le taureau de se livrer. Vraiment dommage. Deux-tiers d’épée en place et d’effet rapide. Oreille logique.

 

 

Le novillo castaño chorreado qui sort ressemble à une carte à jouer ! Efflanqué à faire peur, il ne fera pas les affaires du boucher. Là non plus, personne sur les tendidos ne parait s’en offusquer…

Capote encore une fois électrique, deux paires de banderilles à cornes passées et un violin, Mathieu apparaît bien médiocre sur ce qui constituait ses points  forts.

Son point faible, on le connaissait : la lidia. Rien de nouveau sur ce point. Mathieu donne des passes mais ne torée pas, subit la charge un peu désordonnée mais sans malice de l’animacule. Quelques gestes pour donner le change. Mais après un pinchazo perdant l’épée, une entière d’effet rapide suffit à réveiller des gradins assoupis. Oreille d’illusion.

 

 

 

Arrivé assez tôt donc vu du 4ème rang pour 25 € , tarif de l’entrée générale.

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20 juillet 2011 3 20 /07 /juillet /2011 12:12

 

Chronique de la 5ème corrida de la Madeleine 2011

 

 

 

A voir ainsi Marie SARA se précipiter vers le patio de caballos, puis se glisser  à la suite du train d’arrastre de l’ultime taureau, j’ai compris que, pressentant une nouvelle averse, elle courait mettre à l’abri son casque d’or qu’il serait bien dommage de voir terni par la pluie. Laisser penser qu’elle aurait, par cette sortie discrète, voulu éviter d’entendre le ressenti des montois ne serait bien sûr que pure calomnie.

 

_______________

 

 

 

Déploiement impressionnant de pelletées d’une sciure qui, sur le sable mouillé du Plumaçon, exhalait une odeur rappelant celle des cirques de notre enfance. Il n’y eut pas d’autre occasion de ressenti de sauvagerie dans la soirée.

 

A 18.05 H, le paseo est lancé et le nouveau matador n’a pas la démarche  moins élégante que ses deux désormais collègues.

 

Quand sort le premier LA QUINTA, on est saisi d’un doute. Un novillo aurait-il été embarqué par erreur ? Le petit animal, aux armures modestes, n’a rien d’un toro. La charge un peu désordonnée ne permet presque rien à Curro DIAZ, le préposé de service chef de lidia. Après un picotazo pris sans conviction, pour compléter le triste tableau, on constate que la pointe droite de la corne est escobillée. On met sur le compte de la piste refaite la première génuflexion subie lors des banderilles.

 

C’était une erreur. Deux autres chutes dans la faena exonèreront l’état du sol .En plus d’être imprésentable, le LA QUINTA cumule faiblesse, fadeur et innocence. D’où une séance de toreo de salon qui, semble-t-il n’enthousiasme que la cuadrilla de Curro DIAZ. Les « Bieeeeenn ! » sonores ne parvenant pas à sortir de leur torpeur, puis d’un certain agacement les tendidos, le torero prend l’épée et enfonce une bonne estocade. Premier taureau sifflé. Premier silence au matador.

 

 

On se dit que, passé cette entame incongrue, la corrida va reprendre un cours normal, d’autant plus que voici à présent le JULI qu’on sait capable de faire charger un réfrigérateur.

 

Sort du toril, comme une balle, un animal à peine plus présentable, du fait surtout d’armures vers le haut. Les promesses de sa sortie très vive étaient fallacieuses car il ne met pas la tête dans la cape et le JULI doit se contenter de le canaliser sans donner une seule passe.

 

Pique prise avec fougue, pattes arrières hors du sol lors du contact avec le cheval. La vara est vite relevée. Une certaine réserve et deux chutes lors du tercio de banderilles ne rendent pas optimiste pour la suite.

 

A raison : charge très courte et retours secs à droite, peu clairs et serrant le torero à gauche, la mansedumbre du LA QUINTA décourage le JULI qui plie et pinche deux fois pour en terminer d’une épée basse posée en passant au large. Deuxième bordée de sifflets à l’arrastre, deuxième silence.

 

 

Deux minutes d’averse puis retour d’un rayon de soleil à l’entrée du troisième LA QUINTA dont le gabarit ne dépare pas des deux précédents. Mais comme c’est le tour de Thomas, le public s’en offusque peu. Capote sans vibration et le taureau file sur le picador de réserve. Bref contact dont il s’échappe avec une ruade puis pique en s’élançant de loin et poussée en faisant tourner. Génuflexion en sortant.

 

Mobile au tercio suivant, il permet un salut des banderilleros. Le torero brinde au public. Deux séries à droite templées mettent en évidence la charge noble et douce, mais aussi un peu fade de ce taureau. Baisse de ton ensuite, la charge devenant plus courte. Une série à gauche pour deux bonnes naturelles puis un redondo où le toro défile au pas. Les deux passes inversées habituelles. Conclusion plutôt bienvenue par aidée par le haut et trinchera. L’oreille est proche mais s’éloigne avec un pinchazo hondo, puis se transforme en salut au tiers après un second pinchazo  qui suffira.

 

 

Le quatrième LA QUINTA, plus présentable, sort avec vivacité, mais peu clair, reste quasi-inédit à la cape.

Le manque de franchise se confirme lors de la première pique où l’animal contourne le cheval par l’avant, le pousse et provoque sa chute. Seconde rencontre plus conventionnelle où il se laisse piquer sans grande poussée. En revanche, il se prête à un bon tercio de banderilles où l’on aurait pu et du faire saluer les acteurs.

Faena réduite aux aguets. A droite, le LA QUINTA ne répète pas, serre le torero et sa charge est réduite à deux mètres cinquante. A gauche, Curro DIAZ se contentera d’un essai limité à une demie-passe. Un vieux bajonazo des familles pour expédier ce manso infumable, sifflé à sa sortie. Curro DIAZ poursuit lui sa cure de silence.

 

 

Comme cette corrida express  a pris de l’avance sur l’horaire, on peut se permettre de renvoyer aux corrales « Ermitano », ce vieux boiteux (presque six ans) pour le remplacer par « Zapatero »,ce qui permet à nos voisins madrilènes des « chistes » prévisibles et favorisés par la présentation de ce sobrero aux armures indignes.

 

Le ramage est à la hauteur du plumage et la tête du JULI s’allonge constatant que le taureau ne met pas la tête dans sa cape. Une pique donnant force coups de tête sans vraiment s’engager et tercio de banderilles semblant vexer le manso qui poursuit dangereusement les banderilleros.

 

Très désabusé, le JULI, avec beaucoup d’efforts, ne peut  qu’extraire quatre erzats de série de muletazos au morucho. Un tiers d’épée fort prudent et deux descabellos avant le retour dépité dans le callejon. Le public salue le LA QUINTA comme il se doit et quelques sifflets se font même entendre pour le maestro qui, en l’occurrence, n’en pouvait mais.

 

 

On se demande si le pétard va être majuscule quand déboule le dernier animal, le plus présentable de ce triste envoi. Sa course ne donne pas confiance en ses pattes avant mais cette impression sera démentie par la suite. Après une pique prise, faisant tourner le cheval, il passe bien dans un quite de chicuelinas vaillantes et un peu confuses de DUFAU. Le public, très frustré jusque là, applaudit.

 

Le tercio de banderilles, où le LA QUINTA parait distrait, est limité à deux paires. Brindis à Richard Milian et début de faena un peu hésitant, puis viendront trois séries bien rythmées à droite. La charge est fort noble et transmet, ce qui donne un supplément d’âme au toreo plutôt froid de Thomas. A gauche, deux séries aidées s'avérent plus compliquées, le torero devant se replacer entre les passes.

 

Le ton avait baissé, mais quelques passes d’enjolivement avant l’estocade le font remonter. On craint que DUFAU, après un pinchazo, ne laisse à nouveau échapper un trophée, mais il enfonce une entière, en arrière, qui suffit pour lui permettre de couper sa seconde oreille de la feria. Le landais a été favorisé par le sort, ses quatre adversaires permettaient tous le succès. Il n’en a qu’à moitié profité mais a conservé le droit de croire dans son avenir, ce qui fait plaisir pour lui.

 

 

 

Ce final ne fait pas oublier le bas niveau où les deux compères ont mis notre place. Ils nous avaient annoncé des événements quotidiens pour une Madeleine redorée. Sur les trois corridas auxquelles j’ai assisté, on est loin du compte et le final ressemble à s’y méprendre au pétard de l’édition précédente. Ils vont nous ressortir la glorieuse incertitude du comportement des taureaux. Pourraient-ils nous expliquer s’ils ont choisi ce lot de nuit, par un brouillard à couper à couteau, s’ils se sont trompés dans les numéros ou bien qu’ils n’ont  un rendez-vous prévu chez l’ophtalmologue a été différé ?

 

 

 

 

 

Si par malheur, ils étaient reconduits, ce serait à désespérer de tout. Cela constituerait un pied de nez cynique à l’aficion montoise pour laisser se poursuivre la décadence de notre plaza qui mérite autre chose. Qu’on nous rende du sérieux, pas de la com. Qu’on bâtisse une Feria en fonction de nos moyens, mais avec un minimum d’intégrité. Bref qu’on redonne un peu d’authenticité à notre Madeleine.

 

Parce qu’elle, oui, elle le vaut bien !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vu du tendido 3 à l'ombre 73 €

 

 

 

 

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18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 18:42

Mont-de-Marsan. 17 juillet 2011.

 

 

La rumeur annonçait la corrida de MARGE impressionnante, la communication nîmo-montoise vendait le « geste » de CASTELLA acceptant ce lot de « cinqueños » comme un événement.

 

Qu’en est-il au bilan ? Une corrida inégale de présentation et de comportement. Un CASTELLA superficiel et qui ne parut pas vraiment concerné par l’ "événement" vanté.

 

A noter aussi l’évolution notable du public qui garnit (presque complètement ce dimanche) les gradins du Plumaçon. Les rares interventions venant de la frange contestataire de l’arène sont rabrouées par la rumeur de l’ensemble du public. La paire organisatrice a réussi son pari de transformer la Madeleine .Les tendidos ne s’attachent plus à des détails ridicules comme l’état des cornes, le trapio, les piques pour se consacrer à l’essentiel : la longueur des faenas, le nombre de trophées et les sorties en triomphe. Encore un petit effort, il ne nous manque plus qu’un indulto. Pas pour longtemps sans doute.

 

_____________

 

 

 

Le FUNDI reçoit le premier MARGE qui charge avec force en jetant les pattes dans la cape. Petit pas en arrière sur les véroniques du coté gauche, plus centré à droite. Première pique poussée correctement, seconde par à-coups.

Le toro reste mobile aux palos. Le FUNDI brinde au public, ce qui parait a posteriori surprenant devant la charge brusque accompagnée de derrotes en fin de passes, le torero ne sortira pas d’une grande prudence. Epée habile du vieux routier qu’il est.

 

Le quatrième MARGE a beaucoup plus d’allure, montre de l’allant au capote et pousse fort dans deux rencontres au cheval, s’élançant de loin. Il garde son enthousiasme face aux banderilleros. Début sans confiance du FUNDI. A la fin de la deuxième série à droite, le MARGE pose l’arrière-train au sol ! Le reste de la faena sera ennuyeux : deux séries à mi-hauteur, toreo lointain, toro atone. Un pinchazo et une entière. A ainsi prolonger sa carrière, l’image du FUNDI se délite lentement mais sûrement.

 

 

 

Sebastien CASTELLA portait hier un costume d’une teinte ocre qui ne tranchait pas beaucoup avec le sable de l’arène. Il ne fit non plus rien de bien tranchant, sauf, soyons objectifs, d’être terriblement efficace avec l’épée.

Pour le reste, il promena une suffisante superficialité. Il paraissait cependant décidé face au joli deuxième, bien armé. Capotazos d’assujettissement genou ployé et demie élégante pour débuter. Après la première pique, où le taureau donne plus de coups de tête qu’il ne pousse, le matador demande le changement que Marcel Garzelli refuse. Seconde rencontre de pure forme donc. A la demande de CASTELLA, le tercio de banderilles est vite, et plutôt bien, expédié. (Salut des banderilleros). Brindis au public et joli début par le bas, avançant et pliant la jambe. On a vu le meilleur. Le reste, ce seront des séries sans profondeur avec un toro à la charge quelque peu incommode certes mais sans rien d’insurmontable cependant pour un matador de ce niveau. Deux inévitables redondos inversés plus l’efficacité de la conclusion évoquée plus haut suffisent pour couper une oreille. Il est vrai que l’on est devenu très généreux ici.

 

L’averse arrive lorsque sort le cinquième, un castaño aux armures discutables qui s’écrase sur le burladero en voulant sauter dès sa sortie Six parones initiaux précédent une première pique prise avec du genio, puis une seconde très légère. La pluie redouble lorsque CASTELLA entame la faena par des statuaires. Début correct puis, son adversaire baissant, le torero passe à un toreo de porfia, termine par des séries fades dans l’ennui général. Malgré la fin rapide, silence pour le torero, qui joue toujours le bel indifférent.

 

 

 

Heureusement, la corrida fut sauvée par le lot qu'eut la chance de recevoir, et le mérite de bien toréer, Matias TEJELA. Le castaño, à la corne droite en pinceau est accueilli par des véroniques du matador qui gagne du terrain. Le MARGE pousse par à coups faisant tourner le cheval par l’arrière. Il pousse encore dans la seconde mais en sort seul assez rapidement.

Aux banderilles, le taureau est mobile mais se secoue au contact des palos.

Début par cambio légèrement bougé. La faena sera longue, rythmée, exploitant au mieux la charge d’un toro à la fois très noble avec de la transmission. Muleta très grande à droite,   mais détachons deux superbes séries à gauche et un redondo à droite interminable.

Matias TEJELA s’engage et, si l’épée résulte un peu pasada, elle s’avère quand même efficace. Deux oreilles, méritées, et vuelta pour le MARGE.

 

Le sixième est noir, long. A la cape, toreo de cape ordinaire par delantales. On sent que le torero ne veut pas se satisfaire de son succès précédent, il veut en faire beaucoup et se fait désarmer lors de la mise en suerte. Une pique, plus légère que la pose de la devise et changement. Le MARGE se réserve lors des banderilles et accuse la pose des harpons. Brindis à Marie-Sara. Dès l’entame, à droite, la muleta est accrochée par des derrotes. Le torero est à nouveau un peu gêné dans la série suivante, encore à droite. A gauche, première série vibrante du fait de l’agressivité de la charge. Deuxième série de naturelles aussi intéressantes valorisées par la rage du MARGE qui s’exprime par un retour très violent lors du pecho.

Repris à droite, le toro serre en fin de passe. A gauche, quatre naturelles très bien dessinées et une frayeur en fin de série du fait d’un retour très sec.

Un pinchazo et une entière trasera. Oreille pas volée de par un adversaire encasté avec une pointe de sauvagerie qui entretient l’intérêt.

 

 

Durée : 2.05H . Vu du tendido 3 à l'ombre. 73€.

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17 juillet 2011 7 17 /07 /juillet /2011 22:49

 17 juillet 2011. Troisième corrida de la Madeleine.

 

6 toros de Robert MARGE ( Béziers)

 

Pour:

 

EL FUNDI (Silence et Silence)

 

Sébastien CASTELLA(Oreille et Silence)

 

Matias TEJELA(Deux oreilles et Oreille)

 

 

La dépouille du troisième toro fut honorée d'une vuelta et le mayoral invité à saluer à l'issue de la corrida.

 

 

Ainsi présenté, le compte-rendu frise l'après-midi rêvée. Nuancons donc. Le FUNDI, pas trop bien servi, se contenta du minimum. Pour CASTELLA, le gentil public montois lui fêta une oreille de peu de poids. Matias TEJELA profita de la noblesse idéale du troisième et  batailla avec mérite  avec l'âpre dernier.

 

 

Le détail demain...

 

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16 juillet 2011 6 16 /07 /juillet /2011 09:07

 

 

 

 

Toujours plus. Que peut-il faire de plus? Que doit-il faire de plus ? Monter sur le taureau ? Toréer avec un mouchoir ? Une main attachée dans le dos ? Je me posais ces questions en milieu de faena du JULI face à ce triste adversaire décasté qui passait et repassait sans style, sans rien de ce que l’on attend d’un taureau de combat. Donc, Julian LOPEZ en fit beaucoup, avec sa maestria, sa technique, sa science, son expérience, bref, tout ce qui lui vaut, à juste titre, l’admiration de tous.

 

Après de nombreuses séries sur les deux cotés, vinrent des redondos dans un sens, puis dans l’autre, des tourniquets aussi étourdissants pour l’animal que pour nous, toute la panoplie (et elle est vaste !) du savoir de la figura. Le saut du jeune ange pour en finir. Enthousiasme et mouchoirs. Deux oreilles. La routine.

 

Mais, à moyen terme, l’écueil réside dans le principe du dressage. Le public se lasse du numéro et en veut toujours plus. Le JULI se devra donc d’inventer encore et encore pour parvenir à masquer la fadeur, la médiocrité, l’indigence de ses sparring-partenaires. On mesure toute la limite de cet exercice lorsque les cinquante ou soixante passes face au second GARCIGRANDE ne suscitèrent qu’un silence poli du fait de quelques scories dont deux désarmés

La Fiesta Brava n’a perduré jusqu’à nos jours que par l’émotion que procure la caste de son protagoniste essentiel. Si on le remplace par un faire-valoir, la fin est proche.

 

 

 

Restent, pour retarder l’échéance, des artifices comme ceux de Daniel LUQUE. Avec deux taureaux présentant le meilleur équilibre de l’alchimie de la ganaderia commerciale : noblesse docile avec un zeste de piquant, le garçon m’a paru franchement très bien. Toreo de cape mains basse très rythmé. Muleta allurée utilisant au mieux la longueur de la charge. Inspiration très torera pour remater ses faenas par des séries de passes d’une élégance originale.

 

Deux estocades engagées. Le Président lui ayant curieusement refusé la seconde oreille qu’il avait accordée au stakhanoviste chef de lidia. Donc LUQUE sortit de la plaza à pied mais à la hauteur, sur cette soirée, du triomphateur.

 

 

 

Parlons de Thomas DUFAU. Entre la puissance scientifique du monstre et l’exquise délicatesse de l’artiste, il ne lui restait que très peu de place. Il hérite du faiblard et innocent taureau d’alternative. Faena courte et fade qu’une grande épée aurait pu sauver. Mais pas deux estocades médiocres entrecoupées d’un descabello malvenu.

 

Ce ne fut guère plus brillant face au dernier, un manso bonasse. La faena s’étirait en longueur, l’ennui gagnait les tendidos. On se mit à craindre une issue bien terne devant les difficultés du torero pour la mise en place finale.

 

Mais, cette fois, final heureux, pour une conclusion par une estocade décidée qui fit tomber une petite oreille qui ne promet rien pour la suite mais qui suffit au bonheur du jour.

 

 

 

Soleil un peu voilé après un tiers de la corrida. Température de saison. Arènes pleines. Président (Guy Bournac) en retard de cinq minutes, ce qui, sauf raison majeure, est inexcusable. Salut des banderilleros de Daniel Luque au cinquième taureau. Durée de la corrida : 2.25 H.

 

Vu du rang 4 du tendido ombre, hauteur depuis laquelle on peut apprécier l’ « aigu » des pointes…(73€).

 

Voir les photos

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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 21:12

Madeleine 2011. 1ère corrida

 

 

6 toros de GARCIGRANDE pour :

 

EL JULI : Deux oreilles et Silence

 

Daniel LUQUE : Oreille et Salut au tiers

 

Thomas DUFAU : Salut au tiers et Oreille

 

 

Un peu de tout : de l’abattage avec le JULI, de la suavité élégante avec LUQUE, de la sympathie pour DUFAU. Et peu d’émotion avec des toros allant de l’atone faible au collaborateur parfois piquant. Bref, comme on s’en doutait, un spectacle, pas un combat.

 

On détaille tout cela demain…

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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 12:02

 

 

 

Ils ne sauront pas ce que je pense d’eux mais, c’est égal, je veux quand même ici redire tous le mépris que je leur porte. Je veux parler de cette frange de spectateurs qui ont hurlé, avec leurs faces vulgaires, leurs mimiques obscènes, contre Fernando Robleño lors de sa vuelta. J’imagine que leurs vies doivent être remplie de hauts faits, marquées d’un courage et d’une probité de tous les instants. Cette haute qualité leur confère l’autorité morale pour insulter grossièrement un homme qui vient de risquer sa vie en s’engageant pour enfoncer une épée dans un animal sauvage de plus de cinq cent kilos.

 

A tous ces héros méconnus, je dédie ce propos d’Albert Enstein.

 

« Deux choses sont infinies : l’Univers et la bêtise humaine. En ce qui concerne l’Univers, je n’en ai pas encore acquis la certitude absolue. »

 

 

 

 

 

Compte-rendu de la corrida de l’après-midi du dimanche 12 juin 2011 à Vic-Fezensac

 

 

 

 

A l’heure du paseo, on perçoit quelques espaces vides du coté des tendidos soleil. Il fait chaud, un peu lourd et, sont-ce ces conditions atmosphériques où les difficultés désormais exaspérantes pour parvenir à se garer dans cette anarchie vicoise, une grande partie du public sera nerveuse durant la tarde.

 

 

Le premier CEBADA, un colorado fort et fin d’armures, ne semble pas très lourd. Une sortie vive et une bonne charge permette un toreo de cape vibrant pour RAFAELILLO.

Une pique courte et peu appuyée n’empêche pas le toro de s’affaler en quittant le cheval, d’où un second contact symbolique. Il est mobile lors du tercio de palos mais se secoue pour tenter de sortir les banderilles.

Brindis au public et début à droite démontrant beaucoup de noblesse  mais aussi une certaine faiblesse chez le toro. Il en va de même lors de la série à gauche où RAFAELILLO subit un désarmé. Sentant peut-être que la faena ne suscite qu’un intérêt poli, le torero verse dans le baroque. Deux passes à genoux incongrues puis pechos enchainés à la va-vite font monter le niveau des applaudissements. L’oreille entrevue s’envole après trois tentatives à l’épée, une entière tombée et contraire, un avis et un descabello. Silence déçu.

 

ROBLEÑO reçoit un toro noir, fin de type, aux pointes aigües, qui jette les pattes et se retourne vivement lors des véroniques.

Sa cuadrilla, médiocre toute l’après-midi, laisse échapper le CEBADA qui va au contact des picadors dès leur sortie. Une pique légère à l’improviste dont il sort facilement. Puis une seconde brève, prise correctement, aussi peu appuyée que la précédente.

L’animal confirme ses mauvaises manières lors des banderilles, dont il se plaint beaucoup et en sautant lors de la pose.

ROBLEÑO utilisera une grande surface de muleta, le pico lors s’une faena prudente. Prudence compréhensive devant les derrotes inquiétants du CEBADA en cours de passe.

Lorsqu’il se profile pour l’estocade, on ne s’attend guère à ce qui va suivre : une entière plongeant sur le toro. Le matador est soulevé spectaculairement par la corne droite. Retombé au sol, il manque de peu d’être pris et se relève heureusement et miraculeusement. Le toro tombe rapidement.

Du fait de cette conclusion pleine d’émotion, des mouchoirs sortent. Et, bien que la pétition soit très minoritaire, le palco accorde l’oreille, ce qui donnera lieu à d’odieuses manifestations évoquées plus haut. Bronca au Président.

 

 

Le troisième CEBADA est magnifique, veleto. Sa charge vive s’exprime bien dans la cape rapide de Luis BOLIVAR.

On assiste à un bon tercio constitué de trois piques, le toro s’élançant de loin sur un picador de qualité.

Le tercio de banderilles est long, trop long du fait des difficultés à fixer l’animal.

BOLIVAR se plante au milieu du rond pour deux passes changées impressionnantes d’aguante et de sérénité. On ne sait pas encore que l’on a vu le meilleur. Le CEBADA va, à partir de là beaucoup baisser de ton, se réserver, d’où des passes, à droite et à gauche, dispensées une par une, sans pouvoir enchaîner. Malgré une certaine élégance dans le geste, cette absence de liant finit par ennuyer, puis indisposer le public. D’autant plus que le toro finit par se décomposer et que le final démontre une très grande prudence avec l’épée. Deux pinchazos et une entière. Silence désabusé.

 

 

Le quatrième de l’envoi est plus haut, ensellé et, comme les précédents très armé. RAFAELILLO apparaît très incertain avec la cape, le toro est distrait mais fait illusion dans la première pique, prise avec force en partant de loin. Bonne impression atténuée lors de la deuxième rencontre : il s’écroule au contact, se relève, pousse légèrement puis sort seul. Comme ses frères, il accuse la pose des banderilles.

Lors de la faena, on constatera un comportement proche du second : court de charge et coups de tête vers le haut dans la muleta. Le matador décide d’en finir, d’une entière basse portée sans s’engager. Silence résigné sur les tendidos.

 

 

Après la série de très bonnes véroniques serrées que délivre ROBLEÑ0 au cinquième toro aussi beau que le précédent, on se prend à espérer. La charge est forte et transmettante. Les péons réitèrent la même faute qu’au deuxième et le toro prend une pique près de la porte des cuadrillas. Puis deux autres sans style et enfin une quatrième après la sonnerie alors que le picador rentrait au patio ! Avec la muleta, ce sera réduit à quasiment rien. Le toro ne veut pas se fixer sur les cites. Devant un animal aussi peu clair, ROBLEÑO sans aucune confiance, en finit d’une entière basse. Sifflets énervés.

 

 

Final en deux épisodes. Un colorado fléchit plusieurs fois, est protesté et le Président sort le mouchoir vert après la seconde pique, ce dont torero et cuadrilla ne s’aperçoivent pas tout de suite ! Retour aux corrales d’un amateurisme folklorique.

Sortie d’un sobrero noir et rond, de cinq ans, sans aucune annonce ni au micro, ni par panneau, sans devise. Il s’agissait d’un toro de LA CAMPANA qui prend une première pique poussant par à-coups puis une seconde rapidement relevée. Long et pénible tercio de banderilles où BOLIVAR montre des signes d’agacement envers sa cuadrilla. Le début de la faena laisse quelques espoirs devant la mobilité et une certaine noblesse du toro. Mais cette espérance va se déliter : à gauche, le torero doit se replacer entre les passes et la charge ne transmet guère. La charge se raccourcit et l’on tombe dans une médiocrité. Et comme BOLIVAR se jette dehors pour un pinchazo, puis deux-tiers d’épée, on n’a qu’une envie : partir reprendre sa voiture (à deux kilomètres…) pendant que le public se partage entre palmas y pitos.

 

 

 

Fin pour ma part de cette Feria vicoise. Aucun regret d’avoir choisi cette version allégée.

  

 

Vu du huitième rang ombre (heureusement !) pour 57 €.

 

 

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