Ils y étaient. Une vingtaine demanifestants avec leur grande banderole, leurs pancartes à la main ou au cou, la haine et l’intolérance sur leurs figures. La contre-manifestation ayant fait long-feu du fait d’une inorganisation chronique et d’un manque d’information. L’organisation militante en commando est du coté des « antis », l’amateurisme l’apanage de l’aficion… Nous nous sommes contentés de considérer silencieusement, avec curiosité, ce groupuscule dont l’audience médiatique est inversement proportionnelle au nombre.
Seul «l’Alguacil des alguaciles» crut bon de venir prendre à partie ces provocateurs trop heureux de l’aubaine. Mais le (léger) service d’ordre ramena sans peine le matamore à l’ordre.
Nous avons abandonné les fielleux pour près de trois heures de spectacle où se mêlaient nostalgie, plaisir simple de voir toréer pour le plaisir et simple volonté commune des acteurs et des spectateurs de passer un moment de petit bonheur. Le bonheur de toréer pour les uns, de profiter de cette soirée bon-enfant pour une bonne cause pour les autres.
Nous sortîmes. Dehors, transis, ceux pour qui l’aigreur tient lieu de philosophie poussèrent des huées bien timides. On rentra content. Et eux, probablement frustrés de nos sourires…