Des éditos et des compte-rendus libres et indépendants sur les spectacles taurins du sud-ouest.
De mémoire de vieil abonné, je n’ai pas de souvenir d’avoir vu autant de rangs libres sur les tendidos gersois. Une petite demi-entrée pour la novillada, c’est dans l’ordre des choses mais des manques que j’estimerais approximativement entre deux et trois ou quatre cents places suivant les autres corridas, voilà qui constitue une donnée nouvelle dans cette Feria où le « No Hay billetes. » était la norme.
Quelles peuvent-être les causes de cette désaffection ? On ne saurait faire abstraction de la baisse tant rebattue du pouvoir d’achat qui n’épargne pas les aficionados qui réduisent le nombre des spectacles auxquels ils assistent. Ou peut-être font-ils des choix. L’édition précédente si terne et si pluvieuse venant après d’autres ferias médiocres a pu aussi décider de l’abstention de quelques-uns.
Ne faudrait-il pas non plus que les organisateurs s’interrogent sur la compacité excessive de leur programmation. Deux journées avec un spectacle matin et soir constituent, même pour l’aficionado par définition passionné, un programme stakhanoviste. Passer près de douze heures en trois jours, installé sur (au mieux !) trente centimètres de ciment, est une dure épreuve pour les dos les plus solides.
Il y a donc matière à réflexions et à inquiétude pour les organisateurs de Feria. Pour ceux qui ne remplissaient pas leurs arènes bien sûr mais peut-être aussi pour les autres. Sans être encore revendicatif, faute d’organisation capable de le fédérer, l’aficionado pourrait devenir un consommateur comme les autres et voter avec ses pieds…
Suite du bilan demain…