Des éditos et des compte-rendus libres et indépendants sur les spectacles taurins du sud-ouest.
La dernière Madeleine n'a fait que confirmer la tendance actuelle. La majorité du public qui va aux arènes se soucie de moins en moins de la qualité de l'estocade pour autant que la faena l'ait satisfaite et que le taureau se couche vite. De nombreuses oreilles tombent après des conclusions pourtant bien critiquables. Et des présidents peu scrupuleux n'hésitent pas à sortir le deuxième mouchoir (le leur pourtant !) même si l'épée se situe dans des zones éloignées de l'emplacement idéal.
J'imagine le sentiment des matadors tentant d'éxécuter la suerte suprême de manière la plus honnête possible, "pincher" plusieurs fois, perdant ainsi des succès et qui voient leurs compañeros moins scrupuleux brandir des trophées après des bajonazos.
Gageons, s'il n'y pas de réaction, qu'avant longtemps la facilité et la roublardise feront beaucoup d'émules et que le fameux "rincon d'Ordoñez" reviendra en force.
Alors certes le combat pour le tercio de piques est essentiel et mérite d'être mené pour éviter de tristes dérives. Pour autant, l'aficion militante ne devrait-elle pas se mobiliser aussi pour dénoncer les tricheries à l'épée et expliquer au public moins averti qu'il se fait souvent berner.