Des éditos et des compte-rendus libres et indépendants sur les spectacles taurins du sud-ouest.
Cette réflexion m’est venue à la lecture de l’éditorial de T.T du 22 octobre dans lequel A.Viard rapporte l’estime dans lequel est tenue, outre Pyrénées, l’afición française.
Elle me semble en effet mériter certains éloges mais, à l’inverse, susciter aussi des critiques.
Reconnaissons-lui une certaine objectivité dans le jugement des toreros. Je veux dire par-là qu’il est rare de rencontrer des publics assez injustes pour ne pas reconnaître les efforts d’un torero dans l’arène. Cela vaut aussi pour des banderilleros, voire, mais beaucoup moins souvent, pour des picadors qui saluent lorsque leur prestation sort de l’ordinaire.
Soulignons aussi, pour le bonheur des organisateurs, que l’afición française persiste à garnir les gradins de la plupart des spectacles : de ceux promotionnels jusqu’aux pléthoriques Ferias bien que le prix des places soit trop souvent inversement proportionnel à la qualité et à l’authenticité des spectacles offerts.
Pour le reste, elle a pris bien des travers de sa voisine : indulgence coupable devant les entorses au règlement et la désinvolture fréquente des cuadrillas (je sais qu’il n’y a pas de véritable règlement ici mais quand même…) ; absence quasi-totale de réaction face aux cas de présentation douteuse de toros (blessures, trapio modeste, cornes abîmées etc.) ; inflation dans les demandes de trophées et, pour finir, hystérie collective pour gracier des « sœurs de charité. »
Il est donc permis de se demander où se trouve l’identité, la réelle particularité de cette afición. Elle retrouve bien des travers de son homologue hispanique sans en posséder certaines qualités, du moins celles que l’on rencontre dans certaines grandes plazas, comme cette spontanéité de réaction à certains gestes toreros.
Cette afición, au sens large car cette notion mériterait débat, était auparavant plus cartésienne que passionnée, plus soucieuse de sérieux qu’enflammée. Elle me paraît être devenue moins exigeante, plus encline à s’émouvoir collectivement au détriment d’une analyse rationnelle de la valeur de la prestation du binôme toro-torero. Confirmation en somme de la recherche du spectacle brillant plus que du combat.
En cela, elle n’a hélas rien de bien original ni de réellement admirable, du moins à mes yeux. Que ceux qui partagent cette analyse, aussi modeste que personnelle, ou la jugent erronée n’hésitent pas à exposer leur propre avis.