Des éditos et des compte-rendus libres et indépendants sur les spectacles taurins du sud-ouest.
orejofilo : propension du public à réclamer une oreille.
( Et voilà un autre grand théme de discussion chez les aficionados qui eux , ne sont guére "orejofilo" et qualifient parfois les récompenses d'adjectifs peu élogieux : "petite" oreille, oreille "cadeau", oreille de "plage" voire de "bazar". A l'inverse de cette sévérité parfois injuste, je me suis toujours demandé pourquoi la partie du public la moins avertie se comporte de maniére aussi enthousiaste et pétitionnaire .A cette demande, les présidents réagissent de maniéres diverses , la plupart cédent à la pression populaire et à celle des...personnalités locales quand elles sont proches .Certains se figent en statue du Commandeur pour signifier le pouvoir suprême ( et si dérisoire !) qu'ils détiennent .D'autres enfin jugent en aficionado plus qu'en représentant de l'autorité qu'ils devraient être .
Où est la vérité ? A mon sens ,dans la simplicité et la clarté . Que l'on distribue partout , comme cela se fait dans certains endroits, des mouchoirs de papier blanc et que le Président accorde ou non l'oreille si la pétition lui semble majoritaire, et non selon sa propre opinion. De même , qu'il sorte spontanément les deux mouchoirs s'il estime qu'un deuxiéme trophée est mérité ou qu'il refuse si c'est son choix ! Il est horripilant de voir le palco céder , comme à regret , lorsque la manifestation du public enfle .
Enfin, je serais assez partisan de réhabiliter une certaine hiérarchie dans les récompenses hélas tombée un peu en désuétude chez les toreros . Nous sommes actuellement presque dans le tout ou rien. Or , il serait plus judicieux de nuancer ses appréciations qui peuvent se concrétiser en : salut du callejon, salut des barriéres, salut au tiers , salut au centre et vuelta .Et , à titre d'exemple , une vuelta chaudement fêtée vaut bien une oreille contestée...)