Des éditos et des compte-rendus libres et indépendants sur les spectacles taurins du sud-ouest.
Retour sur un article paru en juin 2006 dans « Mundo Toro » au sujet de la proposition de loi des parlementaires catalans. L’auteur y stigmatise, dans un contexte politique, la faiblesse de la réaction par rapport aux attaques contre la Fiesta Brava. En clair, il ne s’agit pas de se sentir honteux d’être aficionado mais plutôt de réagir contre des amalgames scandaleux et agressions aussi illégitimes. Une prise de conscience salutaire dans une période agitée. Voici la traduction d’extraits de cet article :
La qualité humaine, c’est l’essence de l’existence des hommes. De même, dans le développement des groupes et des institutions, c’est la hiérarchie morale des actions qui leur confèrent crédibilité et légitimité. Les républicains de Catalogne et les Verts présentent à présent une proposition de loi au Parlement de cette communauté afin de mettre fin aux corridas de toros en Catalogne. Cette action est aussi vieille que la propre histoire entre l’Espagne et la Catalogne. Elle n’a rien d’originale ni dans sa forme, ni dans son fond : proposer pour ne pas progresser. Ni l’intention ni la proposition ne nous gênent.
C’est autre chose qui nous dérange. La blessure et l’insulte résident dans l’argumentation morale rocambolesque, puérile et séditieuse qu’utilisent les auteurs de ce texte. Du strict point de vue de l’opposition des idées, il n’y a rien à redire si quelqu’un se situe aux antipodes des nôtres. C’est la confrontation des contraires qui rend la vie possible, ainsi que l’exposèrent, il y a fort longtemps, les philosophes grecs pré-socratique Héraclite et Parménide, bien avant le moindre concept de république (…)
Il semble donc que les politiques de ces groupes n'aient rien d' original. Par ailleurs, les noms mentionnés trois lignes au-dessus ne sont pas les nouvelles recrues du Barça. On n’exigera pas des parlementaires de l’E R C qu’ils les connaissent mais qu’au moins ils ne les confondent pas.
L’argumentation actuelle des tenants de l’E R C se base sur deux thèmes : l’un concerne les atteintes physiques causées aux animaux lors des corridas, selon lequel qu’étant dotés d’un système nerveux central voisin de celui des humains, ils bénéficieraient des mêmes droits. D’autre part, ils exposent dans leur proposition, sur la base de leurs propres études (qui nous paraissent sans valeur) qu’il est démontré que la violence contre un animal constitue une violence contre l’être humain lui-même. En clair, elle participe de la violence en général. Il faut donc interdire les corridas de toros, non pour des questions morales ou éthiques mais parce que le toro possède ses propres droits (similaires aux droits de l’homme) sauvegardés juridiquement afin de mettre un terme à la violence intrinsèque, au machisme et à la xénophobie.
Voilà l’argumentation qui va se défendre, en 2006, dans un parlement démocratique. Voilà ce qui va être argumenté sans que personne ne soit capable de contrer cette proposition sur le lieu adéquat : dans une cour de justice. Dans toute l’histoire de l’Espagne et la Catalogne, on n' jamais a attaqué de manière aussi sauvage, impunément et gratuitement des millions de citoyens qui s’intéressent aux spectacles de toros dans le monde entier. Répétons le, ce n’est pas le propos de la loi : en finir avec les corridas de toros qui nous blesse. Ce qui nous agresse en tant que citoyens, c’est d’être les victimes d’une argumentation extrémiste, mensongère, insultante et vexatoire.
Si la qualité du monde politique était autre qu’elle est de nos jours, les juges seraient en train d’analyser cette brutale violation du droit constitutionnel contre ces millions de personnes accusées, on ne sait pour quelle raison scientifique, d'appartenir à la catégorie de ceux qui violentent, qui frappent et qui brûlent les femmes. Et si le monde taurin était ce qu’il devrait être, cela ferait longtemps qu’une action criminelle aurait été entreprise contre l’E R C pour avoir rédigé cette loi qui les assimile ouvertement à cette forme de violence si méprisable de ce pays. Mais en Espagne, ces qualités politiques et taurines sont inexistantes.
Un chien ne mord pas un autre chien. Les bœufs ne se battent pas à coups de cornes. On peut comprendre qu’un parlementaire n’en traîne pas un autre devant les tribunaux, mais c’est la forme d’action que la structure taurine aurait du choisir depuis longtemps. Aujourd’hui, à cet instant, n’importe qui appartenant à E R C, insulte et accuse, sous le paravent parlementaire, des millions de personnes. Au delà de l’agression par ce groupe, qui s’apparente à la pyrotechnie suite à leurs deux désastres historiques en politique : sortie du gouvernement et perte de leur base électorale dans le dernier référendum, la réalité est affligeante : on peut, en 2006, accuser des millions de citoyens de se complaire dans le crime le plus abject, sans qu’il y ait de réaction.
La rédaction de la proposition émanant des politiciens actuels de l’E R C n’aurait pu se réaliser dans un aucun autre pays européen sans recevoir, en retour, des milliers de plaintes pour injures. De plus, sur un plan strictement démocratique, un parlementaire capable d’utiliser cette idée comme argument est mesquin, mauvais, hypocrite, mafieux, inculte et couard. Il s’agit d’un pur fascisme. Cette argumentation qui met l’animal à égalité de droits par rapport à l’homme atteint un tel niveau de délire qu’elle fait s’interroger sur la défense de l’être humain lui-même.
Jusqu’alors, le droit et la loi étaient édictés pour protéger l’homme de lui-même. Voilà déjà plusieurs dizaines d’années que la République Française a écrit que les droits légitimes des hommes sont supérieurs aux droits supposés des animaux (1968 Parlement Français : droit des corridas de toros en France). Et voilà qu’à présent, dans un exercice de mauvaise politique, avec un comportement incivique et vulgaire, l’E R C donne la priorité à la santé de l’animal en contradiction par rapport à la loi, sous prétexte de mettre fin à la violence. Voici la hiérarchie morale qui caractérise, pour l’éternité, un groupe inculte, malfaisant et retors. Et pour autant, la vie d’ une minorité dépendra toujours de l’aspect utilitariste de la politique au gré du contexte.