Des éditos et des compte-rendus libres et indépendants sur les spectacles taurins du sud-ouest.
Il fût un temps où les toreros seraient venus à genoux pour toréer à Madrid, où faire le paseo à la Monumental était une chance extraordinaire, un honneur pour un matador. C'est désormais du passé. Une figura (Castella) refuse une corrida prestigieuse du fait d'un lot de toros (Torrestrella) pourtant pas réputés comme les plus dangereux du monde ; des demi-figures (Fandi, Vega) eux aussi s'abstiennent de participer au cycle isidril et même un novillero (Luque) préfère prendre son alternative à Nîmes plutôt qu'à Madrid ...
Exigences impensables de toreros pleins de fatuité ? Perte de prestige d'une plaza aussi incontournable que terrifiante il y a encore peu de temporadas ? Les raisons de cette évolution se situent probablement là et je ne suis pas sûr que l'aficion puisse s'en réjouir. Car si la carrière des toreros ne souffre pas de leur absence dans la Feria la plus prestigieuse, leurs exigences deviendront difficiles à refuser par les autres arènes.
Un certain équilibre entre les pouvoirs des uns et des autres doit être sauvegardé afin de préserver l'authenticité du spectacle. Il était de bon ton de déplorer depuis quelques années l'absence de toreros "locomotives" pour tirer la Fiesta Brava, on pourrait demain regretter que, comme cela s'est produit à d'autres époques, ces mêmes figuras n'imposent leur loi.