Des éditos et des compte-rendus libres et indépendants sur les spectacles taurins du sud-ouest.
Dimanche soir dernier, j’allume la télévision, deux spectacles taurins : une corrida à VINAROZ retransmise par Télémadrid et une novillada sans picador à UBRIQUE que Andalucia avait choisi de nous faire vivre.
Je commence par pester de la simultanéité des deux événements qui va m’obliger à sauter d’une chaîne à l’autre en fonction de l’intérêt des moments. A VINAROZ, la présentation du lot de toros me refroidit un peu et la prestation de JESULIN, bien superficiel commence à m’inquiéter. Passons chez lui, à UBRIQUE dont la petite plaza se situe dans un joli décor montagneux. Là, les erales sont bien présentés et donnent du jeu. Mais, déception, les jeunes aspirants sont bien habillés, connaissent tout de l’apparence du toréo, ils savent même déjà pas mal de chose de la technique du toréo, hormis le maniement de l’épée ; ceux qui leur fait défaut, c’est la volonté et l’enthousiasme.
Retour à VINAROZ où les oreilles tombent, le président cédant facilement à un public visiblement peu exigeant. Je retrouve à présent Vicente BARRERA qui ressort son numéro un peu usé mais qui lui suffit ici pour triompher. Je repars à UBRIQUE pour tomber sur le traitement « people » de la novillada. Une assommante interwieweuse se promène dans le callejon pour nous infliger les réactions des pères et mères (très enthousiastes on le devine…) de leurs rejetons en piste. On a droit aussi aux clubs de supporters locaux des novilleros, tee-shirts à l’effigie et enthousiasme dehors. En piste, toréo marginal et satisfait des gamins.
Retour à VINAROZ. Les pointes des toros souvent honteuses, ce qui ne gêne pas le public et encore moins CANALES RIVERA (j’avais oublié son existence à celui-là !) dont on comprend, au vu de la médiocrité et de la vulgarité (il embrassera son toro au cours d’une passe…) qu’il n’officie plus que dans des arènes de troisième catégorie.
Bon, l’embarras du choix n’existe plus. J’éteins la télévision en songeant un peu tristement que nous ne voyons que l’écume des choses. Qu’il est presque pathétique de voir ce coté obscur de la Fiesta Brava où des toreros qui ont connu des parcelles de gloire finissent leur carrière dans des spectacles piteux. Qu’il n’est pas rassurant de constater le manque d’envie de jeunes toreros qui laissent l’impression d’être blasés avant d’être connus.
Quelle contre-publicité médiatique !