Les commentaires sur Pamplona, Bilbao, et plus généralement sur d’autres arènes méritent réflexion.
Iruña ? Que les plus beaux spécimens des ganaderias défilent en Navarre, c’est évident.. Mais pourquoi faire, hormis de superbes photos sous la lumière rasante de l’encierro? Cela fait vingt ans que j’ai cessé d’aller dans cette enceinte où l’aficion est inversement proportionnelle au trapio des toros, où le bruit permanent provenant des tendidos sol avinés totalement indifférents à ce qui se passe en piste, gâche le meilleur spectacle.
Bilbao ? Ce n’est plus l’austère enceinte, grise du sol au plafond où le sérieux était la règle. Les gradins se sont remplis, pas d’aficionados, mais, pour une grande part, de spectateurs invités par les grandes entreprises locales. On a aménagé les cartels en conséquence. Restent un fond de rigueur et une présentation de bétail en rapport, sauf semble-t-il cette année où l’on rapporte qu’on vit sortir des animaux bien modestes. Accident de parcours ou début de déchéance ?
Vic ? Pour moi, cette arène et son public sont dans le flou le plus total. On a connu une période historique des toros venus de planètes inconnues pour matadors mal informés, suicidaires ou inconscients. Puis vint une période bien adoucie où un tiers de la feria ressemblait, en mal, à ce qu’on pouvait voir partout ailleurs, pour à présent, revenir à une volonté de retrouver son âme sans y parvenir tout à fait. Et le « respectable » d’y perdre son latin, tant-il est composé de tendances les plus diverses du torista fanatique pour qui la corrida s’arrête après la pique jusqu’au spectateur venu par agence de voyages et qui se situe entre le dernier armagnac et le futur «pousse-rapière»…
Ne parlons pas de Dax qui a, c’est au moins son mérite, radicalement choisi son camp, celui de la corrida où la fonction du toro est de servir le torero.
Et Mont-de-Marsan ? Absence de volonté d’affirmer une politique taurine, laxisme de s’en remettre depuis la nuit des temps à un prestataire qui, au vu des programmations, se moque de ceux qui le payent. Prenons un seul exemple parmi tant d’autres : il y a deux ou trois ans, on programme pour le dimanche une corrida de Sanchez Ybargüen. Tout aficionado moyennement averti savait que la ganaderia était dans un mauvais moment et qu’on allait à la catastrophe. Alors, qu’en est-il des responsables ? Font-ils leurs choix « entre copa y copa » où n’ont-t-ils aucun pouvoir ou volonté de refuser des offres aussi insensées ? Une gabegie vous-dis je.