Des éditos et des compte-rendus libres et indépendants sur les spectacles taurins du sud-ouest.
VIC 2004. Un sobrero de CRIADO HOLGADO, entré par hasard dans le ruedo vicois lors de la corrida-concours, doit encore hanter les nuits de Fernando ROBLEÑO qui se souvient d’un derrote lancé lors d’un derechazo. La corne aurait pu lui trancher la gorge, elle ne lui souleva que la cravate…
Les polémiques qui fleurissent ces temps derniers au sujet de la corrida de PALHA lidiée à Lachepaillet m’ont rappelé cette tarde gersoise. Le CRIADO HOLGADO avait livré un combat d’une sauvagerie inouïe. Allié à son trapio et sa force impressionnante, le résultat fut détonant ! Tercio de quatre ou cinq piques de toutes les émotions, banderilles ébouriffantes, faena où rôdait le tragique en permanence, conclusion où l’animal semblait menaçant au-delà de la mort.
Le public, pourtant habitué à la dure, en paraissait saisi. Pour ma part, j’étais transporté d’émotion devant ce moment brut de férocité encastée. Comme quelques uns, je réclamais alors bruyamment la vuelta pour ce rare animal qui avait livré un combat d’une telle intensité… Je me souviens alors du regard condescendant et un peu ironique d’un éminent notable (dans tous les sens du terme…) membre du club taurin vicois se retournant depuis sa barrera éternelle pour considérer qui pouvait formuler une si incongrue pétition.
Quand je repense à ce regard satisfait de si tranquilles certitudes, je suis conforté dans mon désir forcené de ne pas vieillir notable…