Des éditos et des compte-rendus libres et indépendants sur les spectacles taurins du sud-ouest.
Tout voyageur en Espagne a entendu dans les rues cette psalmodie des aveugles vendeurs de billets de loterie : “Billetes para hoy, billetes para hoy !”
On pourra peut-être bientôt l’appliquer pour les indultos tant cet événement, autrefois exceptionnel, devient fréquent. Depuis le fameux épisode dacquois, un toro d' Alcurrucen, lidié par Juan Bautista a bénéficié de cette distinction à Almodovar del Campo. Introuvable sur la carte me dira-t-on. D’accord, mais ce dimanche, à Barcelone, localité un peu plus connue on en conviendra, c’est notre José Tomas qui est au centre d’un même fait d’armes. Avec cette fois, un Nuñez de Cuvillo comme héros.
Que dire ? Pas grand-chose quand on n’assiste pas à ces après-midi. Sauf un fait remarquable. Dans les deux relations (par Mundo Toro) du comportement des toros ainsi récompensés, il n’y a pas mot, pas un seul mot sur leur combat au premier tiers. On en déduit que pour avoir la vie sauve, il convient donc de se prêter avec le plus de civilité et de constance possible au jeu du leurre. La bravoure au cheval ? Sans intérêt voyons, ce désastreux épisode des piques s’avère préjudiciable aux capacités de charge ultérieure de l’animal. On ne va donc pas se priver de vingt ou trente passes de muleta pour satisfaire une petite frange d’illuminés rétrogrades. « Hay que la gente se divierte ! » Point.
C’est le sens des propos de Margé, fort marri qu’à Nîmes, la semaine dernière, un de ses toros, n’ait pas eu la vie sauve car « …le Président ne l’a pas voulu…il n’y avait pas assez de monde dans les arènes…et les gens avaient froid… »
Si, en plus la météo n’y met pas du sien, où va-t-on ? Au vu de toute cette parodie, j’ai envie de sortir moi aussi mon mouchoir, pour en pleurer…