Des éditos et des compte-rendus libres et indépendants sur les spectacles taurins du sud-ouest.
Revenons sur le commentaire de Juan, le sujet le mérite.
Le tercio de piques a bien changé. Plutôt en bien pour une part, plutôt en mal pour une autre. En bien par la modification, en allègement de poids du "peto", en allègement des chevaux ensuite.
Ceux qui se souviendront des statues de marbre de l'époque "Chopera pére", des chevaux en plomb qu'un ouragan n'aurait pas renversés me comprendront. Les piqueros étaient alors fort tranquilles, inexpugnables sur ces citadelles et la bravoure éventuelle en sortait, dans tous les sens du terme, exsangue.
Plus rien de tel aujourd'hui. Les cavaliers ne sont, dans leur grande majorité, pas plus adroits, ou aussi malintentionnés, mais leurs montures ont gagné en vivacité ce qu'elles perdaient en solidité. Pour quel résultat ? Presque rien de mieux, tant les toros, de plus en plus lourds, sonnent de plus en plus creux dans cette épreuve.
Encore plus que le talent des picadors, c'est la race et la force qui manquent aux toros et qui transforment ce tiers en pénible fac-similé.
On pourrait faire un parallèle entre la médiocrité des médias télévisuels et une certaine vision de la "Fiesta Brava" édulcorée qu'on cherche à nous vendre. On nous inflige un ersatz de tercio de piques en expliquant doctement que cela n'intéresse pratiquement plus personne, tout au moins la majorité du public. Cela s'appelle en réalité du mépris et en la matière , les "taurins" et leurs complices, sont experts