Des éditos et des compte-rendus libres et indépendants sur les spectacles taurins du sud-ouest.
La corrida de dimanche dernier à Aire-sur-Adour suscite quelques réflexions sur l'attitude du public. Les aficionados ont l'habitude de déplorer que la frange la moins avertie des spectateurs réagisse de manière exagérée et naïve à des faenas superficielles et clinquantes.
D'autres fois, on regrette que les efforts méritoires d'un torero, face à un adversaire difficile, ne soient pas appréciés à leur juste valeur. Mais la connaissance du toro constituant un apprentissage aussi passionnant que difficile, on excuse ces carences des spectateurs plus ou moins occasionnels.
En revanche, le manque de perception, de réaction, d'enthousiasme devant certaines séquences vraiment superbes paraissent plus étonnantes et ouvre un débat : le ressenti du beau requiert-il la connaissance ? J'avais tendance à répondre par la négative, la certaine tiédeur d'une partie du public aturin me fait douter. La faena de Vilches comportait des passages qui aurait fait lever les tendidos dans beaucoup d'arènes. Là, on percevait un soutien attentif sans vraie passion.
Alors, d'où vient cette réserve ? De la crainte du néophyte d'être abusé, d'une accentuation de la traditionnelle réserve du public français ? D'une évolution pernicieuse de la sensibilité artistique générale ? D'un mélange de tout cela ? Je l'ignore , mais il serait dommage que le public français privilégie par trop sa tête à son coeur...