Des éditos et des compte-rendus libres et indépendants sur les spectacles taurins du sud-ouest.
Le commentaire de Christophe ainsi que l’article traduit ne représente hélas que l’application à la tauromachie de ce que l’on constate tous les jours dans le domaine du sport.
La télévision n’annonce pas les affiches sportives, elle nous les vend, les survend en nous les vantant au-delà de la raison, au-delà de leur déontologie pourrait-on presque dire tant l’emphase et l’enflure l’emportent sur la pertinence et l’objectivité. Il en va de même dans les commentaires qui se gardent bien d’être trop virulents dans la critique tout en versant dans la louange démesurée à la moindre action sortant de la routine.
Canal +, pour parler d’elle, a appliqué à la corrida la même recette que pour les sports qu’elle traite. La sélection du meilleur, le dithyrambe comme règle « aidé » par des consultants occasionnels parfois ridicules (Ah les commentaires ineffables de Marie Sara …)
La radio est un média moins servile en sport mais peu utilisé en matière de toros. Une radio locale landaise mêle le meilleur et le pire en fonction des intervenants.
La presse ? Variable là-aussi suivant les titres, très inégale en qualité et en crédibilité. Les magazines sont cependant les médias les moins complaisants.
La presse régionale ? Exercice de haute voltige, art consommé des chroniqueurs pour tenter de faire comprendre la réalité du spectacle entre les lignes tant il convient de ne pas froisser les organisateurs.
Le net ? Nouveau, très riche, complet et rapide pour informer, on peut quand même s’interroger sur l’indépendance de sites acceptant de la publicité pour les toreros.
La situation dénoncée par les aficionados espagnols peut donc l’être également de ce coté des Pyrénées. Elle ne l’est guère. Pourquoi ? Probablement parce que le monde des toros est réduit, que l’aficionado français a intégré mentalement toutes ces manigances et qu’il n’écoute et lit les comptes-rendus qu’avec beaucoup de circonspection, ou plus prosaïquement, qu’il s’en contrefiche, s’en remettant à la confiance qu’il accorde à tel ou tel chroniqueur ou à des amis aficionados dont il connaît les compétences.
Cette triste situation me semble être la conséquence d’une trop grande proximité entre les acteurs, les organisateurs et les critiques. A manquer de recul, on manque de hauteur, l’on passe de la complicité à l’indulgence pour finir par la connivence, à moins que le journaliste choisisse sa déontologie au détriment de son confort.
Et même si cette derniére catégorie est rare , elle existe et existera toujours.