Des éditos et des compte-rendus libres et indépendants sur les spectacles taurins du sud-ouest.
Il a triomphé à Pamplona, San Sebastian et Bilbao tout dernièrement, étant déclaré triomphateur de la Feria . Il s'agit bien sûr de Juan José Padilla. Ces succès ont suscité des réactions de tous ordres. Voici celle de Zabala de la Serna, parue dans le journal "A B C", édition du dimanche 28 août 2005 dont je vous traduis ci-dessous quelques extraits :
"Illa ,illa, illa , Padilla maravilla." De la même manière qu'on encourage Juan Gomez "Juanito" à San Bernabeu, les peñas pamplonaises, dans leur état éthylique, reprennent en coeur le nom de Juan José Padilla...Les mérites de JJ ont enchanté le Nord. Bilbao l'a réclamé pour remplacer Enrique Ponce après qu'il ait croisé sur son chemin, à Saint Sebastien une perle grise, "Muroalto" un toro de Victorino qui sauva sa vie dans l'arène grâçe à ses charges braves, d'une exquise pureté, de classe pure, d'une suprême noblesse. Devant le fatras de valeurs, de promesses, de figures et demi-figures que constitue le panel des toreros actuels, la Commission taurine de Vista Alegre, par l'intermédiaire de Pablo Chopera a eu recours à Padilla ..."
Oublié le parfum "ordoñeciste" qui démontrait alors qu'en Biscaye les vapeurs des hauts fourneaux ne nuisaient pas au bon goût et n'anèsthésiaient pas le palais. Aujourd'hui les télévisions regorgent de personnages grossiers , acteurs de programmes aux contenus nauséabonds et qui atteignent de vertigineux pics d'audience. Le triomphe du lutteur de Jerez se trouve en adéquation avec cette société née avec les tubes cathodiques qui pervertissent la sensibilité .
Son caractére de lutteur ne lui donne cependant pas carte blanche pour triturer la toreria avec la moulinette de ses attitudes, gestes et détails. Juan José Padilla en use pourtant en défilant chaque aprés midi sans jamais attacher la cape de paséo de la même façon...Juan José Padilla s'habille de costumes de pseudo or, chargés de fleurs, sortes de pyjamas élastiques très commodes pour pouvoir mettre en oeuvre les mouvements athlétiques de sa grossière tauromachie. Peu lui importe de donner un coup de pied a la montera posée au sol après le brindis...Juan José Padilla a pour habitude de s'essuyer les mains sur l'arriére de son pantalon de costume, qui prennent ainsi l'apparence des parois peintes des grottes préhistoriques ...Juan José Padilla a amené au toréo des zapatillas à crampons pour banderiller et, comme on sait , il dégrafe son gilet trempé de sueur et cite pour un "violin" avec la braguette en avant ...
Juan José Padilla est depuis longtemps annoncé comme " Le cyclone de Jerez" et , pour ma part , je suis enchanté par la douce brise du toréo suave éternel ; les cyclones m'aveuglent et me mettent dans un état d'hébétude. Il y a quelque chose de pourri dans le royaume des toreros pour que Padilla ait pu conquérir le Nord : "illa , illa, illa , Padilla maravilla ."
Comme vous avez pu le constater , cet article a une volonté polémique, il ne me déplairait pas qu'il en engendre une ici ...