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29 août 2008 5 29 /08 /août /2008 21:17

 

 

 

« Le fait que l’idéal du torero porte le nom même de sa fonction réelle est significatif d’un autre aspect de l’éthique « torera ». Lorsqu’on dit : «Il s’est conduit en soldat», ou : «il s’est comporté en ministre de la République», cela signifie qu’ils ont eu le comportement ou la conduite qu’on attend, dans ces circonstances, d’un soldat ou d’un ministre. L’attitude et les actes sont en tout point conformes à la « fonction » - ce que les grecs appelaient l’ergon, les latins l’officium. Ils ont fait preuve au suprême degré des qualités nécessaires à l’accomplissement de leur fonction, et seulement d’elles. De même, lors d’une grande après-midi, quand on qualifie un torero de « torero ! », on veut dire qu’il s’est totalement identifié à de qui le définie, à sa seule fonction de torero. Il ne s’est pas comporté en homme, avec ses sentiments et ses faiblesses, ni en mari volage, en fils respectueux, en bon père de famille en Espagnol de naissance, en catholique plus ou moins pratiquant, en trentenaire vaguement aigri. Il n’a pas réagi avec son caractère, sa complexion, son tempérament, ses goûts, il n’a pas suivi ses humeurs, ses envies passagères, ses pensées secrètes. Il a éteint en lui toute «individualité». Homme sans qualités, il est torero de toutes les vertus. Il n’a conservé que sa personnalité «torera» : par exemple, son style, mais pas seulement. En tout cas, tout ce qu’il a fait, il l’a fait seulement en conformité avec son office de torero, en tant que torero.

 

 

Extrait du livre « Philosophie de la corrida » de Francis Wolff (Editions Fayard).

 

 

 

Je vous livre cet extrait pour donner envie à ceux qui ne l’auraient pas encore fait, d’acheter ce livre. Francis Wolff exprime avec art ce que nous ressentons confusément sans être capables de le formaliser.

Et, dans ce passage, chacun peut retrouver, au-delà des mots, les racines indicibles de l’émotion que l’on éprouve en scandant : « Torero ! Torero ! » lors d’une de ces soirées de triomphe qui marquent la mémoire d’un aficionado.

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Published by Bronco - dans Éditos
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Pierre064 01/09/2008 17:44

Petite info pour signaler que le livre de Francis wolff a été traduit en espagnol. C'est pour moi un des meilleurs livres qui existent sur le sujet.Il faut l'acheter ! ! !

ludo 29/08/2008 23:35

"homme sans qualité" . phrase non verbale très bien amenépar wolff qui fait "allégeance" certainement à ce chef d'oeuvre de la littérature qu'est "l'homme sans qualité" de robert musil et qui n'est jamais très loin dans les bagages de tout bon philosophe (ce qui est rare, peu d'ouvrages de fictions y figure en général).wolff, pour ceusses qui tcharent l'espingouin vient de publier une remarquable tribune dans l'abc (que je n'achète jamais parce que rien que les gros titres en portada me hérissent le poil, mais on ne peut pas nier que sa section taurine est d'importance.cecidit, une des dernières tribunes livrée par wolff en france le fut pour l'huma. c'est cela être philosophe !)http://www.abc.es/20080828/opinion-tercera/arte-jugarse-vida-20080828.htmlludofym

Bronco 31/08/2008 22:09


Merci de cette info, Ludo. Pour les paresseux comme moi, T.T a livré une traduction de cet article dans son édition du 30 septembre.