Des éditos et des compte-rendus libres et indépendants sur les spectacles taurins du sud-ouest.
Temps nuageux puis ensoleillé, lourd puis agréable. Près de dix minutes de retard pour le paséo et pas d'explication...Une minute de gesticulations pour parvenir à faire taire la désharmonie locale et obtenir une minute de silence en honneur à un aficionado local récemment décédé.
NOVILLLOS
Parlons d'abord des novillos. Une présentation très sérieuse du lot, sans excès de poids mais avec des armures très larges et souvent d'un aigü auquel nous sommes peu habitués.
Au moral, penchons nous sur leur combat au cheval .
1er : Une pique prise par à coups, peu appuyée.
2ème: Une pique où le novillo part seul sur le cheval, bouscule le picador avec plus de violence que de bravoure. Deuxième où le toro donne surtout des coups de tête et cherche à déséquilibrer le cheval par l'arrière.
3ème: Il part également seul sur le cheval pour une première pique poussée fortement. Deuxième pique prise aussi avec bravoure.
4ème: Première pique fortement poussée, deuxième poussée par à coups.
5ème: Première pique fortement poussée en soulevant l'avant du cheval. Deuxième contact symbolique.
6ème: Une pique poussée très fortement avec fixité, bloquant le cheval contre la barrière.
Au bilan 10 rencontres et un novillo vraiment brave en deux piques (troisième), deux autres assez spectaculaires mais sur un seul contact.
Aux banderilles, de la mobilité en général, surtout pour les 3ème, 4ème, 5ème et 6ème.
A la cape, des sorties pas toujours brillantes, novillos souvent abantos et distraits (1er, 3ème) ; freinant et donnant des coups de tête dans le capote (2ème) ; chargeant sans humilier (4ème). Les 5ème et surtout 6ème possédaient une charge vive.
A la muleta : le 1er collaborateur sans transmission ; le 2ème compliqué, serrant le torero à gauche et répétant peu ses charges ; le 3ème au comportement parfois bizarre, brusque et violent dans des charges réfléchies; le 4ème d'une noblesse confinant à la naïveté ; le 5ème andarin et distrait au début puis bien sur la corne droite et ne permettant presque rien du coté gauche ; enfin le meilleur pour la fin avec le 6ème mobile avec une charge exigeante qui transmettait aux gradins .
Les dépouilles des 2ème et 5ème furent ovationnées (?!), celle du 6ème aussi, à juste titre. On peut donc penser que la prestation du dernier a rejailli sur tout le lot...
TOREROS
Gabriel PICAZO gaspille les novillos ! Toréant avec la muleta grande comme un drap de lit, en arrière, sur l'oeil contraire, toujours profilé , alignant des passes sur le voyage sans conduire les novillos, il se montra agaçant et désespérant, écoeurant par sa médiocrité le public et même cette "soeur de charité" qu'était le cinquième Riboulet qui finit en querencia près des barriéres pour ne plus voir cela...
Perez MOTA en fait beaucoup et souvent trop. Buste exagérément cassé dans la passe, attitudes théatrales frisant le vulgaire, peu enclin à insister sur les cotés difficiles des novillos, incertain avec l'épée, il coupe une oreille bien petite. Reconnaissons lui des qualités de muletero mais il reste beaucoup de travail...
Joselito ADAME a de quoi faire un torero. Il possède un potentiel artistique indéniable : ses serpentinas excellement réalisées, des naturelles de trois-quarts face bien dessinées, un début par quatre redondos à genoux bien conduits le prouvent. Restent des scories : des estocades en se jetant dehors face au premier, une difficulté à maintenir le ton d'une faena jusqu'au bout le démontrent. Il fut malgré tout quelque peu débordé par la caste du sixième novillo.
Terminons par le Président. Incorrect d'abord puisqu'en retard... Adepte de musique (de bruit plutôt !) sans doute puisque l'on dut subir la tornade de la désharmonie à tous les toros ! Pressé de rattraper les minutes initialement perdues je suppose puisqu'il interrompit de manière incongrue le tercio de banderilles au 5ème alors que la première paire avait été excellente ! Fâché ensuite avec les mathématiques puisque lors des deux pétitions l'amenant à sortir le mouchoir, la proportion des demandeurs devait représenter un quart de l'arène...