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Des éditos et des compte-rendus libres et indépendants sur les spectacles taurins du sud-ouest.

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Vic, 31 mai 2009. Matin. Corrida-concours

 

 

« Selon que vous serez puissant… » ou non, ce pourrait être un raccourci de cette corrida-concours dont le résultat a fait débat, ce qui constitue d’ailleurs le sel de l’aficion.

18°, temps nuageux puis ensoleillé, léger vent. On se retrouve fort serré, confirmation ressentie du lleno constaté visuellement.

 

Le MIURA, « Flamenquillo », né en décembre 2004, sort. Haut et long comme il se doit, bizco, corne gauche vite escobillée. Dans la cape, prise en « encensant », il ne semble pas très gaillard des pattes avant.  Première pique avec force coups de tête, seconde idem mais se reculant du cheval après le contact. Troisième prise en s’endormant sur le peto. Aux banderilles, de la  réserve assortie de codicia. A la muleta, dangereux des deux cotés, avec des coups de tête inquiétants vers le torero. Un alimaño ou presque. Applaudissements…

 

Le PALHA, « Camarito » né en août 2004, est un tio impressionnant tant en volume qu’en armures. Cette impression de force transparait déjà à la cape. Venons-en au tercio de piques : première rencontre d’une violence terrible, le picador manquant d’être éjecté sur l’impact. Grosse et longue poussée. Deuxième où le toro part après avoir gratté le sol et hésité avant de s’élancer vivement pour une poussée très forte avec fixité sur la moitié inférieure du peto. Même réflexion et grattage avant la troisième rencontre à nouveau franchement poussée. On passe à la pique de tienta pour la quatrième rencontre encore prise avec vigueur et style. Malgré cette dure épreuve, « Camarito » a gardé du nerf et ne rend pas les  banderilleros tranquilles : charge rapide et poursuite active jusqu’aux barrières après les poses. On rêve à un toro de bandera, on imagine déjà le lobby des « indultistes » se chauffant la voix quand la faena débute. Mais problème, le moteur du toro a (logiquement) perdu beaucoup de puissance dans le très sévère premier tiers, et sa mobilité dans les deux premières séries à droite s’avère réduite. On passe sur l’autre bord et là, ça coince franchement, l’animal se montre plus que rétif. Il se montre « agotado » sur la reprise à droite, devenant arrêté ce qui clôt la faena, à défaut du débat. Pétition de vuelta de la part des tendidos, bronca au palco.

 

Voici « Baraquero », de novembre 2003 représentant le fer de VICTORINO MARTIN. De la branche cardeño veleto, comme la maison en présente souvent. Il apparait léger, on lui voit les côtes. Coups de cornes rageurs  des deux cotés pour tenter de déchirer le capote. Premier contact avec le cheval violent et pique très vite relevée. Deuxième contact bref, poussée correcte. Il s’élance de loin freine un instant avant le contact puis s’engage franchement pour pousser avec style mais sans force au troisième contact. Pique de tienta pour une quatrième rencontre bien débutée pour finir par recharger par à coups. En revanche, il n’est pas à son avantage au tercio de palos, ne démarrant pas aux cites. A la muleta, il présente une charge noble mais sans naïveté des deux cotés. Applaudi.

 

Le CEBADA GAGO, « Asistente » né en novembre 2004 possède un très large berceau de cornes.  Il envoie un hachazo à gauche dans la cape et des coups de cornes dans la toile de l’autre. Il cherche le haut du cheval dans la première pique prise avec violence. Il pousse avec rage et se montre difficile à sortir du cheval à la seconde rencontre. Enfin, il chargera de loin, donnant force coups de tête dans le troisième assaut. Aux palos, il se plaint du châtiment et se montre distrait. Lors de la faena, il se montrera d’une noblesse à aspérité à droite, très avisé à gauche, querencioso aux planches à la fin.

 

Au tour de « Palomito », d’octobre 2004, toro long et ensellé de débouler, coupant vivement le terrain des deux cotés et cornéant à droite dans le capote. Sans pourtant s’être franchement employé lors de la première pique, il fléchit à la sortie. Poussée encore modérée à la deuxième rencontre, par à coups et sans style à la troisième. Inabordable à gauche, il se montre bien peu amène à droite, collant et bousculant le torero qui se blessera sur la chute.

 

Restait « Agitador », nettement moins armé et « acochinado »qui occupait depuis octobre 2004 le domaine de chez FUENTE YMBRO. Charge sans vice apparent à la cape. Première pique prise à la sauvette en s’échappant de la lidia. Beaucoup de coups de tête. Seconde rencontre aussi impromptue que la précédente, charge par à coups. Dernière fort médiocre : poussée parallèle au cheval,  coups de tête et sortie à la première sollicitation. Aux palos, si collaborateur que le tiers sera écourté. Le début de faena est trompeur avec une charge longue, humiliant beaucoup mais la bonne impression ne va pas durer. A gauche, il montre du genio. Puis il commencera à rechercher l’abri des planches et se décomposera complètement  se montrant très difficile à fixer pour l’estocade. Applaudi.

 

Vous connaissez la fin de l’histoire : partage du prix entre le PALHA et le VICTORINO, décision mi-chèvre mi-chou qui mécontente deux franges de l’aficion. A mon humble avis, le PALHA excellent durant les deux premiers tiers, ne présentait pas suffisamment de qualité à la muleta pour l’emporter, même s’il convient de préciser qu’il aurait sûrement permis une faena de qualité à droite s’il n’était pas sorti exsangue de son combat au cheval. Le VICTORINO, très juste de force et à la bravoure bien moins spectaculaire, se montra très correct à la pique et a affiché une noblesse très présentable à la muleta. Très médiocre cependant aux banderilles. La conclusion la plus logique eut été : desierto.

 

 

Les faire-valoir de ce genre de spectacle un peu frustrant pour eux étaient  ROBLEÑO, pas vraiment gâté par l’ordre de sortie des concurrents. Il fait face avec sang-froid au MIURA qu’il tue d’une épée très laide mais il s’agissait de légitime défense. On entrevoit un espoir de faena devant le CEBADA mais ce dernier se délite et la mise en place interminable se termine par un nouveau bajonazo pour se défaire du pénible.



VALVERDE compose avec le reste de forces du PALHA à droite et fait dans l’effort minima à gauche. Toujours rien à gauche devant le toxique ESCOLAR GIL qui le bouscule lors d’un redondo –manège finissant en éjection et réception très approximative avec coude luxé, c’est ROBLEÑO qui en terminera.

 

Restait Luis BOLIVAR dont le toreo technique et distingué me plait. Il connait la camada de VICTORINO comme sa poche. Faena ajustée et pertinente. Petite pétition mais oreille méritée. Devant le FUENTE YMBRO, deux ou trois bonnes séries avant de bâcher, (d’une épée très basse) au vu de la décomposition avancée de l’adversaire.



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