Des éditos et des compte-rendus libres et indépendants sur les spectacles taurins du sud-ouest.
Mercredi 19 juillet 2006. 5ème corrida de la Madeleine. Temps chaud. Arènes pleines. Vu du balconcillo soleil n° 133 (48€ +1€ de location)
2 toros de PEÑA DE FRANCIA (1et5) et
4 toros de HERMANOS GARCIA JIMENEZ ( 2,3,4 et6)
(le 6ème fut remplacé pour boiterie par un DON JOSE
IGNACIO SANCHEZ-TABERNERO)
pour:
MORANTE DE LA PUEBLA ( Silence et Silence )
EL JULI ( Oreille et Salut au tiers )
Eduardo GALLO ( Oreille et Silence )
Cette corrida est l'exemple de la dérive qui mènera la Fiesta Brava à sa perte à moyenne échéance. Des toreros venus pour "cobrar" entre deux rendez-vous importants de leur saison. Une corrida alimentaire en quelque sorte, du toréo de salon, à peine un peu plus difficile du fait de la chaleur. En face, un lot de toros ridiculement petit pour les trois premiers, à peine plus présentable les trois derniers. Des toros qui n'en ont que le nom, se comportant soit comme d'aimables collaborateurs, soit avec des défauts d'animaux décastés. Nous discutions de cette déviance avec nos voisins quand des personnes devant nous se retournèrent courroucées en nous reprochant de ne pas avoir de respect. Je doute que ces personnes lisent ces lignes mais si c'était le cas, je leur dirais que ceux qui manquent de respect en l'occurence, ce sont les organisateurs qui présentent un ersatz de corrida à prix d'or.
TOROS
Un premier PEÑA DE FRANCIA sans malice avec juste une tendance à relever la tête en fin de passe. Une pique très légére prise en se tenant parallèle au cheval. Le deuxième, un GARCIA JIMENEZ devait être plus petit (et bien moins armé !) que beaucoup des erales de Valdefresno que l'on peut voir en novillada sans chevaux à Rion. Peu de forces, un picotazo, et au moral, la réincarnation de soeur emmanuelle. Idem pour le troisième qui ne prit qu'une pique très légére et deux paires de banderilles afin de l'économiser vu qu'il pouvait passer et repasser jusqu' au lendemain matin dans la muleta avec une naïveté confondante. De la faiblesse aussi pour le quatrième qui prit une pique poussée et s'avéra bon à droite et compliqué à gauche. L'autre PEÑA DE FRANCIA sorti en cinquième fut protesté car faible. Une pique tenant du symbole et un travail d'infirmier pour le tenir debout. Las, à la fin, le toro perd son sabot avant droit...Un sixième vite changé pour infirmité évidente (à mon avis la précipitation du Président me laisse penser qu'on était au courant de l'état du toro avant sa sortie !) et un sixième bis de IGNACIO SANCHEZ TABERNERO, espèce de manso agité et décasté au comportement décourageant.
TOREROS
Aprés-midi en demi-teinte pour MORANTE qui n'appréciant pas les accrochages en fin de passe du premier toro, l'expédia après avoir subi un désarmé. Un effort face au quatrième, très collaborateur à droite, qu'il tua mal. Reste son toréo de cape et quelques derchazos profonds face à ce toro qui constituèrent de loin les meilleurs moments de l'aprés-midi.
Le JULI a passé une tarde on ne peut plus tranquille, une sorte d'entraînement léger, un tentadero en costume de lumières. Le seul risque dans la première faena étant que le toro ne lui tombe dessus par faiblesse. En cette après-midi, on donnait une oreille pour deux cents passes. Oreille d'abattage donc...
Une faena pleine de componction pour garder debout le pauvre infirme de cinquième. Les visiteurs de l'hôpital n'apprécièrent que moyennement et l'infirmier ne fit que saluer.
En débutant sa faena à genoux, le GALLO avait encore la tête au dessus du toro ! Il fit à peu près tout, à part monter sur son dos, à ce torito qui suivait comme un chien dressé. Comme il avait fait deux cent cinquante passes, le public demanda la deuxième oreille. Le Président, ayant heureusement le sens du ridicule, ne céda pas.
Changement face au manso agité du bocal qu'était le sobrero. Ne parvenant pas à canaliser les charges désordonnées, GALLO conclut par un horrible bajonazo .
A noter l'incroyable candeur du public qui ne protesta pas devant la présentation ridicule de certains toros, qui réclama, et obtint des oreilles de pacotille qui devait bien faire rire les toreros. Qui a dit que Mont-de-Marsan avait un public torista ..?