Des éditos et des compte-rendus libres et indépendants sur les spectacles taurins du sud-ouest.
Madeleine 2009. Quatrième Corrida.
6 Toros de SAMUEL FLORES
Pour :
Enrique PONCE (Oreille et Deux Oreilles)
EL CID (Sifflets et Oreille)
Salvador VEGA (Salut au tiers et Applaudissements)
Salut du banderillero Francisco Raul Nuñez au sixième toro
Vuelta posthume du cinquième toro
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« J’aime beaucoup l’aficion des arènes (…) avec ce public respectueux, silencieux, qui comprend ce que l’on fait en piste et qui valorise nos efforts. » Ces propos émanent d’Enrique PONCE et les arènes concernées sont celles de…Mont-de-Marsan. J’imagine que beaucoup ont du se frotter les yeux en lisant cela et qu’à Dax, cette appréciation suscite une sorte de dépit amoureux tant l’on vantait comme particulière, voire exclusive la relation entre le torero valencien et la cité dacquoise.
Quant à la petite frange qui pensait encore que le Plumaçon conservait une identité propre, plus sévère, plus rigoriste que sa voisine landaise, ils ont perdu hier leurs dernières illusions à l’issue d’une triomphale corrida de SAMUEL FLORES dont la présentation ne méritait pas de critiques mais où l’on entendit pas une seule protestation lors de la sortie du troisième toro qui pourtant trainait avec peine les pattes arrières. La faena d’infirmier de Salvador VEGA m’apparut désespérante tant ce toro avait des difficultés à se déplacer, et pourtant, si le torero avait tué rapidement, je pense qu’il aurait coupé une oreille là où il y a quelques années, VEGA aurait torée aux sons des sifflets et le Plumaçon aurait scandé « Des Toros, des Toros ! »
Voilà donc l’aficion landaise uniformisée. Selon sa vision de la Fiesta Brava, on le déplorera ou l'on s'en réjouira.
Compte-rendu :
Temps très chaud et lourd devenant très nuageux et sombre nécessitant l’allumage des projecteurs au cinquième taureau. Légère averse de pluie lors du début de la lidia du sixième qui cessa ensuite. Quelques vides sur les tendidos bajos de part et d’autre de la porte des cuadrillas.
Toros
Cela faisait un long moment que je n’avais pas vu sortir des SAMUEL FLORES. Au vu du comportement affiché, j’ai eu des retours de mémoire tant leur comportement est particulier.
1er : Joli castaño qui sort au pas. Ne passe pas à la cape .S’enfuit au premier contact avec le cheval. Même scénario lors du contact avec le picador de réserve mais il y revient et prend une pique poussée plus avec la tête qu’avec les reins. Aux banderilles, comportement de manso, se plaignant des palos et très difficile à fixer Dans la faena, noblesse très fade. Toro sans race.
2ème. Noir et plus lourd. Passe bien dans la cape, surtout à droite. Deux piques sans grande poussée et sortant seul à chaque fois. Court sans se fixer lors du tercio de banderilles. Andarin, donc impossible lors de la faena.
3ème. Affecté de problèmes de locomotion arrière dès la sortie. Une pique poussée et assez longue. Deuxième contact court. Se déplace difficilement et se plaint des banderilles. La faena se déroulera péniblement du fait des handicaps de mobilité de l’animal, la course étant saccadée, à mi-hauteur et souffreteuse.
4ème. Sortie au pas pour ce toro lourd qui passe de manière anodine dans la cape. Une pique poussée sans style se jetant sur le haut du cheval et sortant seul. Lors du second contact, il fera des va-et-vient seul contre le cheval. Encore un tercio de palos écourté et erratique. Noblesse stakanoviste et naïve à la muleta.
5ème. Toro ensellé et lourd. Il freine, s’arrête et ne met pas la tête dans la cape. Il part seul sur le cheval pour une pique assez longue d’abord poussée puis ensuite subie. Deuxième rencontre où il se laisse fortement piquer. Là encore, le toro est très malaisé à fixer aux banderilles. Dans la muleta, le toro débutera de manière désordonnée mais charge avec alegria, puis canalisé, se montrera très noble. Vuelta discutable au vu de son comportement à la cape et aux palos.
6ème. Castaño chorreado rétif à la cape puis correct dans deux piques poussées avec force. Agressif aux palos. Très compliqué à la muleta : très court de charge, envoyant de méchants coups de tête dans la muleta et se retournant de manière très vive et menaçante.
Toreros
Comment aborder ce triomphe d’Enrique PONCE quand on ne fait pas partie des admirateurs de ce torero. Essayons de faire un récit synthétique et objectif. Voir toréer PONCE ne m’arrive pas très souvent mais je retrouve aussitôt son style d’une technique clinique, savante et précise qui me laisse assez froid lorsque, comme ce fut le cas ici, les adversaires manquent de race et de piquant. On assiste alors à de très longues faenas données avec une très grande muleta (je parle de la superficie), orientée sur l’œil contraire et des pechos donnés en ligne droite. Cites de loin, tauromachie propre sur elle, sans sentiment, puis utilisation ensuite de figures de types redondos inversés avec changement de main suivi de naturelles ou derechazos (cela dépend du sens). Là, les tendidos s’enflamment et si l’épée est bonne, le triomphe survient. Ce qui fut le cas lors du quatrième toro. On s’était chauffé lors du premier. J’étais semble-t-il un des rares à ne pas être en communion lors de la vuelta de feu et du salut au centre fusionnel entre le torero et le Plumaçon. Tant pis pour moi.
Disons le tout net, j’ai plus apprécié la faena d’EL CID à son cinquième toro. Le matador mit un peu de temps à canaliser la fougue désordonnée de son adversaire. D’où des naturelles et des derechazos longs et rythmés et des véritables passes de poitrines mandées en faisant défiler le toro. Bonne conclusion à l’épée. Il avait subi un très pénible toro andarin et les protestations des ignares qui ne savent pas voir les défauts des animaux.
Salvador VEGA a récité un long et fastidieux numéro d’infirmier face au troisième toro. Ennui total pour ma part. Pas de chance puisque le sorteo lui réservait ensuite un toro d’une violence défensive très désagréable ne lui permettant pratiquement rien.
Vue du Tendido 4 à 72 €