Des éditos et des compte-rendus libres et indépendants sur les spectacles taurins du sud-ouest.
Vic-Fezensac. 8 août 2009. 21 H. Corrida
6 Toros de L’ASTARAC
Pour :
SANCHEZ VARA (Silence et Sifflets)
Julien MILETTO (Salut au tiers et Silence)
Fernando CRUZ (Silence et Ovation)
Une récompense a été décernée au picador « EL PIMPI » pour sa prestation face au cinquième toro.
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Temps agréable, puis frais en fin de spectacle. Demie-arène d’un public peu averti dans l’ensemble. Durée : 2.25H.
Presque deux-heures et demie en effet, ce fut très long. Les six toros de L’ASTARAC en sont responsables : plus lourds que beaux (à l’exception du troisième) d’armures moyennes, sauf pour le cinquième avec quelques pointes s’abîmant rapidement.
Le lot a été désolant de comportement dans l’ensemble :
-Premier : charge correcte à droite et serre à gauche dans la cape. Juste de forces. Première pique en donnant des coups de tête, se reculant du cheval. Seconde sans s’engager pour un picotazo où la pique est aussitôt relevée. Peu de mobilité aux banderilles. Voyage court et sans répéter à la muleta. Quelques sifflets à l’arrastre.
-Deuxième : charge d’abord allègre à la cape mais distrait et ne répétant pas ensuite. Une pique juste posée sur le faiblard qui pousse par à-coups. Seconde rencontre à peine plus poussée mais d’un châtiment symbolique. Réponse très médiocre aux cites des banderilleros. Charge sans humilier à droite, s’arrête et ne répète pas à gauche. En résumé, une certaine mobilité mais ni caste ni force. Quelques sifflets.
-Troisième : Charge vive à la cape. Une pique attaquant avec violence le cheval par l’avant. Ne prend la seconde, très peu poussée, qu’après de longues sollicitations. Très pénible aux tercio de banderilles, écourté car il ne répond ni aux cites des banderilleros ni aux capes. Ensuite, faena impossible, il reste sur trois mètres carrés, refusant obstinément de passer. Bronca posthume.
-Quatrième : Coups de tête et peu clair à la cape. Soulève le cheval sans être piqué à la première rencontre. Deuxième brutale avec chute du cheval. Troisième où il pousse par intermittence avant de s’échapper seul du cheval. Très peu de répondant aux banderilles. Réservé et défensif à la muleta. Sifflé.
-Cinquième : Ne met pas la tête dans la cape. Distrait. Première pique en soulevant spectaculairement le cheval. Seconde constituée d’un bref contact sortant aussitôt. Troisième : forte poussée par l’avant entraînant chute. Bon comportement agressif aux palos poursuivant les banderilleros. Ne se « pare » pas lors des cites à droite, défile tête haute, se défend sur place à gauche.
-Sixième : Charge en jetant les pattes dans la cape. Première rencontre poussée mais la puya étant très vite relevée. Idem au second contact. Signes de faiblesse de pattes dans le quite. De l’allant aux banderilles. Pour la faena : dix cites pour une charge d’un mètre coté droit ; dix cites pour une charge de cinquante centimètres.
A partir de là, on devine le résultat :
SANCHEZ VARA fut pathétique. Transparent à la cape, sans aucun intérêt aux banderilles, paniqué à la muleta, consternant à l’épée. Racontons pour l’anecdote la conclusion au quatrième : devant la porte des cuadrillas, une épée basse à mi-longueur du toro (ce n’est pas une image, mais la réalité). A la suite de cette brillante estocade, l’animal entreprend un demi-tour du rond en longeant les barrières au cours duquel il prend six descabellos. Un peu fatigué, on le comprend, par ce périple, il s’arrête sous la présidence, collé aux planches. Notre matador (si l’on peut employer ce terme) reprend alors l’épée pour un bajonazo (enfin, bien plus bas, mais j’ignore d’il y a un terme pour cet emplacement ) dont l’angle d’attaque est de 45°. Même dans les pires des sans-chevaux où des gamins débutent, on ne voit pas aussi laid…
Julien MILETTO avait un « kop » qui le fit saluer après son premier combat. Pas possible, même en étant le plus chaud supporter de renouveler cette récompense devant le cinquième (5 entrées à l’épée et dix descabellos…). Pour autant, le garçon semblait décidé face au second, mais il faut tuer les toros pour triompher, et pour tuer il faut de la décision.
Fernando CRUZ est sorti sous l’ovation sans n’avoir pu faire autre chose, vu ses opposants infumables, que de démontrer l’impossibilité de toréer, On le remerciera surtout d’avoir conclu rapidement.
En conclusion, si l’an dernier, il pouvait y avoir débat sur le lot de L’ASTARAC, cette année, les choses sont plus claires. Une corrida sans caste, mansa et souvent faible. L’an prochain, s’ils reviennent, je reste chez moi.
Vu des barreras avec une file 1 : 46 €.