Des éditos et des compte-rendus libres et indépendants sur les spectacles taurins du sud-ouest.
SAMADET 4 Février 2007 : Public en hausse, PALLA en baisse.
6 NOVILLOS D’ANTONIO PALLA
pour :
PEREZ MOTA ( Silence et Oreille)
Pepe MORAL ( Oreille et Silence)
EL SANTO (Salut au tiers et Oreille)
Dix degrés de plus à 15.30 H pour la novillada et des gradins pleins au 5/6ème. 2.15H de spectacle. Vu du troisième rang : 25€.
Les novillos d’Antonio PALLA se sont montrés en recul par rapport à leurs excellentes sorties des années précédentes. Présentation correcte, armures variées…Comportement divers aussi :
-Premier castaño à la sortie très vive, prend deux piques sans s’employer et parallèle au cheval ; mobile aux banderilles, noble mais très fade à la muleta.
-Deuxième colorado bizco plein de gaz ; une première pique dont il sort seul très rapidement, une seconde en restant à distance et donnant des coups de tête ; avisé aux palos, démarrant tard et allongeant le cou pour tenter de prendre le banderillero ; excellent à droite à la muleta, plus incommode à gauche et baissant de ton en fin de faena. Le plus encasté.
-Troisième : autre colorado plus léger mais mieux armé ; bonne charge en humiliant beaucoup à la cape, d’où une vuelta de campana ; une pique poussée mais en se tenant parallèle au cheval ; mobile aux banderilles ; très bon à droite à la muleta, plus réservé à gauche.
-Quatrième : Noir liston, armé playero ; bonne et longue charge à la cape, une pique fortement poussée et il recharge spontanément le cheval après avoir été sorti ; très combatif aux palos, poursuivant les banderilleros jusqu’aux barrières ; charge de rêve et inépuisable à la muleta, allant à mas, manquant d’un zeste de transmission cependant. Une vuelta ne m’aurait pas parue scandaleuse.
-Cinquième : colorado costaud, armure correcte ; fait semblant de prendre deux piques avec violence et mansedumbre et en sort flageolant ; andarin, chargeant à mi-hauteur et distrait durant la faena.
-Sixième : noir aux cornes très écartées d’un frontal frisé lui donnant une tête à faire de la publicité pour Buffalo Grill ; de l’allant à la cape ; mansote dans une seule pique dont il sort éteint ; désordonné, incommode et court dans des charges à mi-hauteur.
En somme, pas un mauvais lot et d’ailleurs un novillo excellent mais un manque de piquant et une impression ternie par les deux derniers faibles et pleins de défauts.
PEREZ MOTA est agaçant et manque de discernement. Il sait toréer mais fait le plus souvent dans le superficiel. Il ne passe pas la rampe face au fade premier qu’il tue médiocrement. Il donne trois mille passes au quatrième mais on ne se souviendra que de deux séries de naturelles. Là aussi une épée de bandit pour finir. Le pire étant de recevoir une oreille que personne ne demandait…
Pepe MORAL, bon capeador, débute très bien par des redondos interminables face au deuxième mais un peu bousculé à gauche, se garde bien de reprendre ce coté là, termine en baissant de ton et conclut correctement. Début par statuaires devant le cinquième, puis, désabusé et énervé par la piètre qualité de l’adversaire, il verse dans un toréo de porfia clinquant et vulgaire qui finit par mettre en colère le public qui s’endormait.
EL SANTO fût bien à la cape, correct aux banderilles et pas mal à la muleta face au bon troisième. Il allait couper une oreille tranquillement en tuant bien mais la bonne estocade ne vint qu’à la cinquième entrée. Il fut bien à la cape, correct aux banderilles, bien peu en confiance à la muleta, et très médiocre à l’épée devant le dernier novillo. Il suffit de quelques cris du « kop » et deux à quatre mouchoirs de gens qui s’enrhumaient pour que le Président Biec ne ressorte le mouchoir qu’il avait déjà rangé : oreille-gag !