Des éditos et des compte-rendus libres et indépendants sur les spectacles taurins du sud-ouest.
La scène se passe au quatrième toro de J.J PADILLA. Le matador s'est mis à dos une partie du public vicois. Il décide donc de ne pas poser les banderilles et confie ce tiers à sa cuadrilla. MORENITO D'ARLES, dont on connaît les qualités pour l'exercice cite, entame sa course et , délibérement,cyniquement, pose une seule banderille.
L'autre banderillero plante deux "palos" tout à fait normalement. MORENITO, pour la troisième paire, exécute le même simulacre insultant sous une bronca trop légére à mon avis !
Peut-être conviendrait-il de rappeller à ce torero la notion de conscience professionnelle. Lui rafraîchir les idées en lui remémorant que, en castillan, le public, qui paye fort cher pour s'asseoir sur les tendidos, s'appelle le "respectable", et que, s'il vit de sa passion, c'est grâce à lui.
Une telle conduite constitue une offense pour l'arène et les organisateurs, il déshonore la profession des subalternes.
Va-t'en et ne reviens jamais à Vic MORENITO, sauf à t'excuser de ton attitude scandaleuse !
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Le reste relève de l'anecdote. Les six toros de CHARRO DE LLEN, énormes, laids et pesant de comportement ne suscitèrent que l'ennui. Sans possibilités ou presque à la cape, ils furent court de charge , sans caste, marchant, ne se fixant pas à la muleta. Pénibles, voire difficiles mais sans intérêt. Médiocres aussi et mal piqués à l'exception remarquable du cinquième, brave, qui permit le seul moment vibrant de la soirée avec une très forte ovation au piquero dont le matador eut le mauvais goût de ne le pas faire saluer...
Que J.J PADILLA est détestable lorsqu'il se comporte avec une telle désinvolture ! Il ne fit rien de bien de l'après-midi, se mit l'arène à dos par ses attitudes "je m'en foutiste". La seule chose positive à retenir fut son action pour rentrer le toro laissé vivant par SAVALLI alors que la cuadrilla de l'arlésien, discutant dans le callejon, ne se entait visiblement pas concernée.
LOPES CHAVES devait penser à autre chose. Vulgaire, profilé, mobile, honteux à l'épée, sa réputation de "valiente" en prit un sacré coup !
Un désastre salutaire pour Medhi SAVALLI ? Je l'ignore mais cette l'impression de désarroi pathétique que laissa le français ce soir sera difficile à oublier. De la cape à l'épée en passant (oui , même là !) aux banderilles, on ne vit qu'un torero perdu, sans la moindre confiance, sans volonté ni même fierté. Simple "bâche" ou mise en évidence des lacunes d'un torero à l'ascencion trop rapide et sans recours ? L'avenir nous éclairera mais cette démonstration d'impuissance suscitait plus la pitié que la colère...