Des éditos et des compte-rendus libres et indépendants sur les spectacles taurins du sud-ouest.
Compte-rendu de la première N.S.P de Rion-de-Landes.
Coté bétail, rien de nouveau, le lot de FRAILE (nés entre septembre 2004 et mars 2005) fut un régal pour le public comme pour les novilleros. Au physique, hormis les deux premiers, corrects, les quatre autres présentaient des gabarits très sérieux et pour la plupart, sauf deux présentant une pointe abîmée, des armures très respectables. Seul, le deuxième, faiblard et, de ce fait, réservé, se montra un ton en dessous.
Le premier était idéal de noblesse et de douceur ; le troisième, un peu compliqué car plus violent, était meilleur à gauche qu’à droite ; le quatrième très bon aussi à gauche, protestant un peu sur la corne droite, le cinquième possédait une charge très forte et encastée à droite, plus courte à gauche, le sixième, d’un allant et d’une noblesse extraordinaire.
Mario GUIRAO a montré ses limites, du moins actuelles, à ce niveau. Il toréa beaucoup et longtemps l’idéal premier, sans parvenir à susciter un véritable intérêt. Une épée basse et en avant, une entière desprendida, un descabello. Devant le quatrième, aussi bon à gauche que le précédent, mais qui se retournait vivement, il est mis en danger à la cape. De bonnes séries de naturelles, final encimiste et conclusion laborieuse : cinq entrées et trois descabellos. A noter des poses de banderilles ni très précises ni très variées.
Damian CASTAÑO ne me plait pas du tout. Comme à Mont-de-Marsan, son toreo buste «cassé» (comme Emilio Muñoz pour ceux qui ont connu) est inesthétique et il ajouta ici une bonne dose de vulgarité dans ses attitudes. Devant le moins bon, le deuxième mansote, sa faena fut très ordinaire mais une bonne estocade d’effet immédiat lui permit d’obtenir l’oreille.
Peu confiant à la cape devant le cinquième, avec un désarmé, il parvint ensuite à canaliser la charge forte mais claire sur la corne droite. Presque rien à gauche. Trois-quarts d’épée en avant suffisante et une autre oreille pas vraiment convaincante.
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TOMASITO a triomphé très légitimement, profitant des qualités de deux excellents adversaires, et l’on sait qu’il est difficile d’être bon avec de très bons novillos. Varié à la cape au troisième, débuts par doblones pour assujettir une charge violente et compliquée qui nécessitait des qualités techniques pour en venir à bout. Il y parvint et la faena monta en qualité avec d’excellentes séries à droite et à gauche, finissant par des statuaires serrées et une démonstration d’aguante étonnante. Une estocade entière, en arrière, bien portée et une oreille sans rapport avec les deux précédentes.
Il s’agenouille face à la porte du toril pour une porta gayola. Larga afarolada bien exécutée suivi d’un farol (devenu si rare !) encore à genoux et une série de véroniques dont une superbe. La faena, devant un novillo partant de quinze mètres aux cites, sera un régal de douceur, de temple, de profondeur, avec des redondos interminables, des naturelles de face superbes et un « trois en un » bienvenu. Je n’ai pas le souvenir d’avoir vu un novillero français au toreo aussi inspiré. Deux oreilles on ne peut plus méritées et une vuelta triomphale auquel il associe le ganadero.