Des éditos et des compte-rendus libres et indépendants sur les spectacles taurins du sud-ouest.
Dimanche 21 août 2005 .Rion des Landes. Novillada sans picadors
Temps agréable. Arénes pleines
Durée: 2.20H
Présidence bonhomme de Pierre Arnouil
6 erales de HERMANOS FRAILE MAZAS
pour:
Juan FERNANDO (Oreille et Silence)
Marco LEAL (Salut au tiers et Silence)
El SANTO (Oreille et Oreille)
Prix du triomphateur attribué à EL SANTO (difficile de faire autrement ...) A l'issue de la novillada, les autres prix (meilleure faena et meilleur banderillero) n'ont pas été annoncés par les organisateurs peut être embarassés, cette information devait être fournie à la tertulia à laquelle je n'ai pas assisté . Donc, je vais prendre des risques et un pari. Le prix de la meilleure faena devrait aller à Marco LEAL qui réalisa deux faenas pleine de "poder" face à des opposants sérieux. Pour les "palos", ce sera plus difficile, aucun des trois n'ayant réussi des tercios parfaits à cause en partie de cette piste vraiment inadaptée. Par défaut, et pour deux "violins" trés exposés, Marco LEAL devrait l'emporter là aussi.
Comme on s'y attendait, le lot d'erales était costaud, très costaud et les trois derniers n'auraient pas déparés en novilladas piquées, tant "trapio" et armures étaient sérieuses. Et comme une caste piquante, parfois trés piquante les animait, l'après-midi s"avéra des plus sérieuses pour les toreros, des plus intéréssantes pour le public.
Juan FERNANDO reçoit la charge forte du premier qui prendra de plein fouet M.LEAL lors de sa première chicuelina du quite. La faena sera un peu inégale avec de bons moments surtout à droite car sur la corne gauche, la charge très encastée et agressive débordera souvent le mexicain. Un pinchazo, une entière basse et en avant . La pétition était minoritaire mais le Président n'est pas comptable...oreille. Le FRAILE sera applaudi en toute justice.
Un pas de recul sur les véroniques de réception du quatrième. Ce FRAILE chargera sans baisser la tête, et en l'agitant beaucoup dans les passes, puis finissant avec une tendance à partir vers les planches. FERNANDO parvient en deux ou trois occasions à capter la charge et à la guider en trouvant l'exacte distance. Mais le reste du temps, il subit et ne trouve pas le sitio. Petit désastre pour finir : six pinchazos avant une entière (Un avis) . Semi-échec donc mais la tâche était vraiment difficile.
Marco LEAL repart sans trophée . Pourtant on lui doit les meilleurs moments de l'aprés-midi. Cape plus technique qu'élégante face au premier, bon début par "doblones" autoritaires et plusieurs bonnes séries à droite en citant l'eral de loin. A gauche, plus ardu : trois désarmés par une corne violente et accrocheuse. L' Arlésien reprend tout son sitio à droite avec deux bonnes séries bien conduites, un redondo suivi de deux passes de poitrine enchaînées. Mais le final sonne le glas du succès entrevu : une entière transperçante, trois-quart d'épée contraire et trois descabellos.( Un avis).
Le cinquième, chargeant sans baisser vraiment la tête ne permet pas de briller à la cape. En revanche, ce FRAILE se révèle puissant avec une charge très encastée qui donne de la valeur aux passes. Bonne série conduite à droite. Meilleure à gauche car plus longue et bien exploitée par LEAL. On espère beaucoup mais à mi-faena le toro se blesse à la patte droite et il faut conclure. Mais là encore, la fin est pénible: deux pinchazos, encore une épée transperçante, un descabello. En conclusion, deux faenas intéressantes et méritoires mais pour triompher, il faut tuer !
EL SANTO ne devait pas être étranger au "No hay billetes" du jour, on s'en rendit compte aussi aux nombres de mouchoirs reflètant bien la proximité géograhique entre Rion et Pontonx... Le troisième Fraile permettait peu à la cape, du fait d'une charge courte de d'une tête mobile. La faena résulte bien pauvre: charge désordonnée, à mi-hauteur, s'arrêtant dans les passes. Bien compliqué pour le SANTO trés peu confiant et sans solutions. Un pinchazo et une entière verticale et contraire. Et pourtant, grande pétition comme on en voit dans les "pueblos" pour le torero "de la tierra" . Oreille...petite oreille.
La vitesse et la violence du sixième qui arrache la cape du torero suscite l'émotion des gradins. Le SANTO reprend par véroniques sans gagner de terrain. Des charges sans baisser la tête, des retours très secs, une tête très agitée dans les passes, le Fraile n'est pas commode du tout. Le torero s'accroche avec mérite mais restera dominé . Mais il termine rapidement: un pinchazo et une entière . Même cause, même effets : oreille de même valeur que la première et sortie en triomphe.
Aux banderilles , les trois toreros se les offrirent mutellement dans la première partie, puis assumèrent le tiers aux trois animaux suivant. Comme souligné auparavant, cette arène ne se prête que très mal à cet exercice et les trois garçons, pourtant brillants, ne purent vraiment s'exprimer. Retenons une bonne paire classique de FERNANDO au premier, deux excellents "violin" de LEAL au deuxième et cinquième et une bonne pose du SANTO au sixième.
Bronco