Des éditos et des compte-rendus libres et indépendants sur les spectacles taurins du sud-ouest.
6 Toros de Luc et Marc JALABERT (Arles)
pour :
Ivan VICENTE (Silence ; Deux Oreilles ;Vuelta)
SERRANITO (Silence et Silence)
Joselito ADAME (Oreille)
(Joselito ADAME, blessé à la main lors de l’estocade donnée à son premier toro ne put combattre le sixième, lidié par Ivan VICENTE)
Beau temps chaud, quatre-cinquièmes d’arène avec un public bruyant, distrait et peu averti pour une grande part. Vu du deuxième rang du tendido ombre, 46 €.
DECEPTION…
Comme souvent, le retour d’une ganaderia brillante l’année précédente a déçu. Pas en terme de présentation, le lot était très bien présenté, hormis quelques pointes de cornes vite abîmées après la sortie, mais en comportement. Souvent juste de forces, notamment le premier, ils firent le minimum : 9 piques pour le lot et les picadors n’appuyèrent guère sur la puya…
Au moral, parfois de légéres complications. De l’allant à la cape, sauf pour le troisième, du genio aux palos et de la collaboration mesurée à la muleta. Le quatrième était en revanche d’une extrême bonté, le sixième plus retors. Rien de commun avec l’intérêt soutenu de l’an dernier.
Ivan VICENTE est sorti en triomphe…Cela fait drôle d’écrire cela tant je l’ai trouvé superficiel et ennuyeux. Il fait tenir debout le noble mais faible premier qu’il tue d’une hideuse épée latérale à mi-longueur du toro !
Il fait passer et repasser à l’envie cette « hermana de caridad » de quatrième. Mais comme cette bonté était un peu fade et que le toreo était marginal, vous imaginez la passion…La mise à mort est bien exécutée, l’épée bien placée. Deux oreilles de bazar.
Ce n’est pas la même chanson devant le sixième, faux dur mais vrai compliqué dont il arrive à tirer quelques séries sans grand intérêt mais qui demandait des efforts.
SERRANITO a bien toréé à la cape, c’est le point le plus positif de sa prestation. Faenita dont on sortira deux bons redondos devant le deuxième, qu’il tue d’une entière desprendida venant après quatre pinchazos. Avec le cinquième, on conserve quelques naturelles de trois-quarts face avant qu’il ne nous inflige une séance de toreo encimiste très pénible conclue par un bajonazo des familles.
Le seul vrai moment d’émotion, nous le devons à l’énorme estocade d’ADAME. Lors de son exécution, le toro le prend sous la chaquetilla, le secoue pendu sous la corne droite, le rejette, le cherche au sol de manière émotionnante, le piétine. Il se relève k.o. debout mais miraculeusement sans cornada. Son toro, l’épée dans la croix, s’écroule ! Auparavant, il avait tiré le maximum d’un animal réservé, notamment trois naturelles bien dessinées et trois redondos inversés successifs dans un mouchoir de poche.
Ce petit homme prouve chaque fois qu’il est un véritable torero !
Un prix était promis à la meilleure pique et mise en suerte. En toute justice, il ne fut pas attribué. On aurait pu donner en revanche un blâme au ¨Président qui changea le tiers des banderilles alors que deux toros n’avaient que trois palos sur le dos et le dernier seulement deux !