Des éditos et des compte-rendus libres et indépendants sur les spectacles taurins du sud-ouest.
Dimanche 15 mai - CORRIDA-CONCOURS DE GANADERIAS
Toros :
LA QUINTA
HERNANDEZ PLA
Don Juan FRAILE Y MARTIN
Don F.GALACHE DE HERNANDINOS
VALVERDE
HOYO DE LA GITANA
Pour :
EL FUNDI : Deux oreilles et Salut au tiers
Domingo LOPEZ-CHAVES : Salut au tiers et sifflets
Javier VALVERDE : Silence et Applaudissements
Le succès de la corrida-concours vicoise se poursuit et ce n'est que justice tant le soin apporté à la présentation des toros, essentiel dans le genre, est respecté ici. Cette année, on vit encore défiler de superbes exemplaires, avec mention spéciale pour le toro de GALACHE, véritable estampe de toro bravo. Au moral de la diversité, comme toujours. Détail des combats.
LA QUINTA
Il débute à la cape avec des scories : ne répétant pas, jetant les pattes et serrant le torero du côté gauche.
Au tercio de banderilles, il répondra bien aux appels et poursuit le torero après les poses. Dans la faena, il démontre une bonne charge longue et douce, baissant bien la tête dans la muleta.
En conclusion, un excellent toro avec beaucoup de classe, brave et noble à qui il ne manquait qu'une pointe d'agressivité dans la charge pour rendre la faena plus vibrante.
HERNANDEZ PLA
Jette les pattes dans la cape, donne des coups de cornes et de tête, tout en sautant dans la cape à la rencontre.
Aux banderilles, il répond mal aux appels et ne poursuit pas les banderilleros. A la muleta, il ne baisse pas la tête, il s'arrête en cours de passe, avance au pas sans se fixer, refuse de paser du côté gauche. Hormis à la pique, ce toro s'avère un manso sournois et décasté. Disons qu'il n'a pas décu puisque, compte-tenu de la prestation du lot d'hier, on s 'attendait au pire.
FRAILE Y MARTIN
Il n'apparait pas très solide sur ses pattes dès sa sortie mais il affiche une charge longue et claire.
Il répond aux cites des banderilleros mais ne les poursuit pas. A la muleta, il passe et répète mais en donnant des coups de tête de bas en haut du fait de sa faiblesse de pattes qui le fait chuter pratiquement à la fin de chaque série de muletazos. Un infirme injugeable.
F.GALACHE
Toro magnifique de trapio, ensellé avec des cornes dirigées vers le haut et très aigües. Il freine avant d'arriver à la cape, il cornée, donne des coups de tête, jette les pattes vers l'avant et serre à gauche.
Il ne répond pas aux appels des banderilleros. A la faena, il charge tête haute en cherchant le torero et s'avère dangereux durant toute la faenan. En conclusion, un "alimaño" plein de codicia au pique, et de sentido à la muleta.
VALVERDE
Une curiosité exotique, tant ces toros sortent peu souvent, ce que l'on peut comprendre vu le comportement un peu "à l'ancienne" de celui-ci. Très réservé à la cape.
Coupe le terrain aux banderilleros créant une pagaille terrible dans l'arène. La faena, le toro sera peu vu, passant tête à mi-hauteur et imposant une pression sur le torero telle que celui-ci abrègera rapidement.
Un toro spectaculaire, faisant illusion au tercio de piques par plus de violence que de bravoure. Très compliqué, car avisé, pour le torero en général, trop pour celui-ci en particulier.
HOYO DE LA GITANA
D'aspect bas et massif, au cou très court, il suit bien à la cape.
Beaucoup d'allant et de mobilité aux banderilles. A la muleta, du bon : il baisse la tête et répète mais du mauvais aussi : voyage assez court et tête très mobile en fin de passe.
Un toro au final peu intéressant ni pour le torero ni pour les spectateurs. Compliqué sans être vraiment dangereux, plutôt collaborateur mais sans fond ni transmission.
Au bilan le LA QUINTA "Uber Alles" et deux toros aux comportements passionnants : le GALACHE et le VALVERDE. A noter l'excellent tercio de piques, très technique, administré au GALACHE;
Côté toreros :
EL FUNDI fut vraiment bien, dans deux genres différents. Posé, avec beaucoup de sitio et de douceur pour mettre en valeur la qualité du LA QUINTA. Belluaire et lidiador avisé devant le GALACHE qui nécessitait technique, sang-froid et courage, avec en prime une excellente estocade en dépit des impressionnantes armures.
Si la deuxième oreille face au LA QUINTA m'a paru un tout petit peu généreuse, en revanche, j'ai regretté qu'il n'en obtiint pas une pour son deuxième combat; Je me suis d'ailleurs interrogé si le refus d'exécuter la vuelta réclamée ne provenait pas de cette déception du torero.
DOMINGO LOPEZ-CHAVES m'a semblé peu approprié pour cette corrida, tout en ayant eu la volonté et le mérite de faire front. Si il n'y avait pas grand chose de plus à tirer du pénible HERNANDEZ PLA, en revanche, on le vit très et trop rapidement dominé par le VALVERDE qui n'eut pas là un adversaire à sa mesure.
JAVIER VALVERDE fit sa carrière, brillante, de novillero sur ses qualités de lidiador. Le voici donc revenu aux sources. Sur cette corrida, on se saurait le juger puisqu'il eut en partage un infirme, le FRAILE et un toro au comportement peu brillant et rapidement éteint : le HOYO DE LA GITANA.
Pour conclure, un grand bravo au Président pour avoir redonné de l'honneur au palco en imposant aux banderilleros de LOPEZ-CHAVES de respecter le règlement. Rappelons celui-ci : on doit poser au minimum quatre banderilles, au maximum six. Comptant sur le laxisme et la faiblesse coutumière de présidence "d'hommes de paille", la cuadrilla voulut s'exonérer de ses obligations. Elle est tombée sur un véritable Président et elle a cédé. Il ne s'agit que d'un détail peut-être mais à mon avis très symbolique qui devrait faire réfléchir beaucoup de pseudos décideurs en matière taurine. On peut dire non, encore faut-il oser le faire...