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Des éditos et des compte-rendus libres et indépendants sur les spectacles taurins du sud-ouest.

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LES AFFRES DU JUGEMENT

DIMANCHE 15 MAI APRES-MIDI CORRIDA

Lleno, temps un peu frais; la pluie s'arrête miraculeusement au moment du paseo

6 Toros de CRIADO HOLGADO (Badajoz)

pour :

DENIS LORE (salut des barrières et salut au tiers)

Luis VILCHES (salut au tiers et oreille)

Serafin MARIN (silence et bronca)

Hormis les confits de certitudes et les imbéciles (ce sont souvent les mêmes) tout aficionado honnéte s'interroge souvent pendant et après une corrida. Ai-je bien apprécié les qualités du torero? Ai-je bien perçu les possibilités ou les difficultés que présentaient le toro ? Le torero a-t-il été au-dessus, à la hauteur ou en dessous de son adversaire ?

La corrida de ce jour a illustré une fois de plus ces dilemnes qui font les délices des discussions passionnées d'après corridas.

Très bien présenté, avec beaucoup de trapio et des armures aux largeurs parfois impressionnantes, le lot de CRIADO HOLGADO, au comportement avisé, ne présenta que très rarement le caractère de sauvagerie brute qui avait tant impressionné l'an dernier avec la prestation de deux sobreros de ce fer.

Il en résulta une impression bizarre de déception que le public mis souvent, parfois avec raison me semble-t-il, sur le dos des toreros.

DENIS LORE eut en partage un premier toro plutôt difficile au comportement compliqué par une faiblesse le faisant charger à mi-hauteur Quelques naturelles estimables et une conclusion en deux temps. Toro applaudi à l'arrastre et salut poli du torero pour répondre à une ovation polie.

Le quatrième CRIADO HOLGADO fut sévèrement piqué et LORE réalisa un bon torero de cape, souvent serré face à ce toro vif et collant. Mais la faena, malgré quelques séries dignes d'intérêt, ne fut jamais vraiment liée. Le torero allongea beaucoup trop, le toro se décomposa et l'on finit dans un certain désenchantement. Toro applaudi à l'arraste. Salut frustré du torero.

LUIS VILCHES représente la surprise et divise déjà les tendidos. Pour lui, une véritable personnalité torera en ces temps où presque tous les toreros sont interchangeables, de l'élégance, des capacités et de la volonté. A son débit, une afféterie qui déplait à certains, un manque de rigueur dans la lidia et, en ce jour, des qualités de tueur très sujettes à caution. Face au très bon deuxième, il réalisa d'excellentes séries à droite et à gauche avec des passes très bien guidées avec temple et sentiment. Oubliant l'avertissement donné à gauche en début de faenan, il prit trop confiance et reçut une sanction du CRIADO HOLGADO auquel il ne fallait pas laisser trop d'espace. Sonné, il revint pour cinq très bons derechazos, montrant par là ses qualités de torero. Tout cela aurait fait oublier le caractère très ambulatoire de la faena si VILCHES n'était pas rentré dans une catastrophique série de six coups d'épée allant du pinchazo à l'atravesada en passant par le mete y saca... On applaudit à juste titre toro et torero à l'issue du combat.

J'ai beaucoup moins apprécié la faena au cinquième CRIADO HOLGADO. Ce toro afficha beaucoup moins de caste que les autres, chargeant tête haute et tentant d'échapper vers sa querencia du toril dès le milieu de la faena. VILCHES ne fit pas grand chose pour l'en empêcher, donnant des passes un peu au hasard dans une faena très décousue. Il tua d'un pinchazo et d'un entière tombée. la pétition n'était pas majoritaire mais on lui donna une oreille... curieusement on applaudit fortement le toro qui ne le méritait pas.

Serafin MARIN remplaçait ENCABO blessé. On peut parler de déception pour ce torero qui arrivait auréolé d'une oreille coupée la veille à la San Isidro. Héritant d'un manso con casta en troisième, mais avec une excellente charge à gauche où le mufle du toro carressait le sol, MARIN ne fit rien de très convaincant, tout du moins rien de vibrant. Il allongea lui aussi trop et en paya le prix  : mise à mort calamiteuse. Voyant arriver le second avis, il se jette pour une septième fois, enfouit une entière et récolte un coup au genou droit. Le dernier toro sera un chemin de croix pour le torero absent mentalement et physiquement ne profitant pas des possiblités que laisse entrevoir le toro. Une espantada à l'épée (deux hideuses estocades tangentielles, deux mete y saca et deux descabellos) pour en finir avec cette corrida nous laissant un peu dans l'expectative.

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