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Des éditos et des compte-rendus libres et indépendants sur les spectacles taurins du sud-ouest.

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Avis partagés...

34° écrasants pour monter vers Lachepaillet. Depuis ma dernière visite, il y a du neuf : un moderne local de distribution de billets à gauche, extérieur aux arènes et un bar bien fourni (et plutôt cher…). Pas trop de monde, des locaux (tiens, Ellissalde père), et quelques touristes reconnaissables à leurs regards curieux et leurs dos écarlates.

 

Entrons. Vue la chaleur, nous voici au numéro 103, balconcillo ombre (34 € ), très confortable (ce qui confirme que le Plumaçon détient la triste palme de la plaza la plus inconfortable du S-O). Juste derrière nous une famille lyonnaise fait son baptême de toros. Un abonné bayonnais leur servira obligeamment de guide.

 

Au moment du paséo, on compte un tiers d’arène, très majoritairement à l’ombre, seuls les inconscients ou vraiment peu argentés ayant choisi de rôtir.

 

 

Libertino, noir aux armures peu aigües, 471 kilos, né en septembre 2003, sort vivement et tape haut sur les deux premiers burladeros rencontrés. Il charge de loin, vivement et de manière désordonnée dans la cape de PEREZ MOTA. Une vuelta de campana de rêve pour les photographes lors de la mise en suerte. Une pique bien poussée avec les reins et une autre symbolique, du fait d’une génuflexion. Un joli quite d’ADAME. Aux palos, beaucoup d’allant du novillo, qui fait briller ANDANA REYES. Brindis au public. Vu l’allant de l’adversaire, PEREZ MOTA attaque par statuaires, puis deux séries à droites templées et valorisées par l’excellente et longue charge. PEREZ MOTA s’étant regardé toréer à droite, cite à gauche décontracté, ce qui suffit au novillo encasté pour le rappeler à plus de respect (voltereta et léger puntazo à la cuisse gauche). Il reprend ses esprits et la main droite : un désarmé puis une série à droite suivie de redondos longs, avec parfois la muleta accrochée. Histoire de montrer un peu d’amour-propre, il reprend à gauche pour trois naturelles très peu confiantes. Fin de faena près des planches. L’illusion d’oreille ne résiste pas à la conclusion : pinchazo perdant l’épée, tiers d’épée ressortant vite et entière couchée et en avant. Avis et salut au tiers.

Bilan : Libertino, très mobile, plutôt brave avec une excellente charge encastée. PEREZ MOTA, élégant et toujours plutôt superficiel.

 

 

Brincador, joli colorado bien armé de 487 kilos, né en décembre 2003, s’engage bien dans la cape d’ADAME pour trois bonnes véroniques. Il prend une longue (et vilaine) pique en arrière dont il fléchit en sortant. Après le quite serré, le torero demande le changement, que le Président refuse. Donc deuxième rencontre où le novillo pousse encore. ADAME et SANTO se partagent les banderilles : la paire du SANTO est moyenne, ADAME pose bien la première et tente un passage risqué entre novillo et barrière pour la troisième. Le novillo anticipe : une seule banderille et une petite frayeur. Brindis au public et début de faena copié-collé de la précédente. Ensuite, viendront deux séries à droite et une à gauche où le toro devient tardo (la deuxième pique était de trop, monsieur le Président…). Le meilleur de la faena seront deux séries de naturelles : la première de trois-quarts face et la seconde de face, passes sincères, élégantes, tirées et conduites. Avec cette façon très torera de « quitter » le toro. Un estoconazo superbe en décomposant. Oreille. Une voisine bayonnaise fait la fine bouche…

Bilan : Novillo brave et noble manquant de moteur dans la faena car trop et mal piqué. ADAME, technique et élégant, bref, torero.

 

Melindroso, un autre colorado, bien armé, commence la série des novillos-toros avec ses 538 kilos bien portés. Il est né en décembre 2003. Il sort en rasant les planches. Sa charge forte et agressive ne permet pas au SANTO de poser son toréo de cape. Alors que ce novillo part de loin sur tout ce qui bouge, la cuadrilla inattentive le laisse foncer du centre de la piste, sans mise en suerte, sur le picador. Il le contourne par l’avant, pousse fort, soulève l’ensemble : chute, le picador tombe au sol, le cheval prend une rouste, la lyonnnaise sort. Après ce batacazo, le novillo prend une pique dans l’épaule (applaudie !?). Le changement est demandé et accordé.

Palos partagés : ADAME : une très bonne paire, SANTO, une moyenne et un bon violin face à un novillo très rapide.

Brindis au public. Trois séries à droite : lointaines, profilées, sans aucune confiance, insipides.

Une à gauche, accrochée, pas conduite. Une autre à droite où, à présent, le novillo qui chargeait sans trop humilier, s’arrête. Quatre aidées par le haut pour finir avant un pinchazo, trois-quarts d’épée et un descabello. Salut au tiers par le fait d’un public par trop indulgent.

Bilan : novillo mansote, plutôt noble mais sans classe. Le SANTO totalement hors du coup, visiblement sans aucune confiance.

 

 

Sonajero est un castaño, né en février 2004,de 563 (!) kilos haut comme un miura, très armé, superbe. De voyage court dans la cape de PEREZ MOTA pour des véroniques serrées. Notre lyonnaise est revenue, elle croyait le cheval mort. On la rassure. Impression assez moyenne aux piques : une poussée plus avec la tête et latéralement, la deuxième où il s’endort contre le cheval. Quite par chicuelinas d’ADAME que la corne gauche frôle dangereusement. Tercio de palos qui permet de vérifier la qualité d’ensemble des péons du torero. La faena, cinq séries à droite, une à gauche, sera longue, très longue, trop longue, confinant au soporifique, essentiellement par la faute d’une charge molle et sans transmission du novillo, un peu aussi par le manque de profondeur de PEREZ MOTA. Trois manoletinas et un abanico pour tenter de faire monter la pression et une entière bien basse qui ne choque pourtant pas ma voisine, satisfaite de l’oreille accordée.

Bilan : novillo le moins intéressant du lot. Peu brave, mou et terne. PEREZ MOTA a fait dans la quantité, parfois avec élégance. Je ne suis toujours pas convaincu.

 

 

Duque, noir liston, est né en décembre 2003, pèse 534 kilos, est très fortement armé. Sa prestance est altérée par la devise qu’on lui a posée entre les cornes comme une cocarde ! Dès sa sortie, il se montre d’une rare violence dans ses charges, se jetant furieusement sur tout ce qui bouge. C’est cependant un faux dur qui sort très facilement d’une pique (au milieu du dos…) puis ne prendra, à regrets, que deux brefs autres contacts. Il en faut plus pour impressionner ADAME qui plantera une superbe deuxième paire de banderilles sur ce novillo qui partait comme une fusée. Je reste circonspect en le voyant brinder. En effet, la faena se résumera à un combat de rue, à l’ancienne, face à un animal, peu piquée, manso, d’une sauvagerie inouïe, se retournant comme un chat et cherchant le mauvais coup avec une corne droite chercheuse. Une série à droite et une série à gauche très émotionnantes, puis le soudard part se réfugier dos aux planches. On commence à se demander par quels moyens le torero viendra à bout de ce piège, quand ADAME plonge une entière très engagée qui renvoie ce diable en enfer. Oreille qui scandalise ma bayonnaise. Bien que peu enclin à batailler sur les gradins, je me permets de lui faire observer qu’il conviendrait peut-être de considérer les adversaires pour fonder ses jugements.

Bilan : Un manso très violent et dangereux, un animal de nature à rappeler que la Fiesta brava est d’abord un combat sauvage et non un aimable ballet. Et quand ce genre d’animal trouve un vrai torero, en face de lui, cela procure de vraies émotions, du moins pour ceux qui savent le voir.

 

 

Carasucio ferme l’envoi. Noir, haut, lourd et très armé ; 537 kilos, né en décembre 2003. Il jette spectaculairement les pattes et envoie des hachazos impressionnants dans la cape du SANTO. La cuadrilla est toujours aussi absente et le novillo part seul au cheval. Il va le regretter car entre le picador de service (deux rencontres ) et le suppléant (trois rencontres), il en sortira fortement châtié. Il lui reste des forces pour prendre trois paires de banderilles médiocres du SANTO (le violin dans le cou…). Comme le troisième, il chargera sans baisser la tête et se montrera distrait dans la muleta. Encore totalement fuera de cacho, prêt à reculer en citant, le SANTO se montre incapable de donner une vraie passe. Cela se termine tristement dans la querencia que prend le novillo au soleil. Un trois-quarts d’épée, une agonie longue, un puntillero laborieux. Silence consterné.

Bilan : novillo brave mais sans classe. Pour le SANTO, triste prestation très inquiétante pour l’avenir.

 

 

2.15 H de spectacle intéressant de bout en bout pour l’aficionado comme pour le néophyte, les lyonnais derrière nous reviendront je pense.
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