Des éditos et des compte-rendus libres et indépendants sur les spectacles taurins du sud-ouest.
6 erales de SANTA FE MARTON
pour :
Miguel CUARTERO (Oreille et Salut au tiers)
Mario GUIRAO (Deux oreilles et Oreille)
Mathieu GUILLON (Deux oreilles et Oreille)
Sortie « a hombros » de Mario Guirao, Mathieu Guillon et du ganadero
Temps chaud et venteux, pluie orageuse au sixième eral, demi-arène regroupée à l’ombre ; entrée générale : 20 €. 2.15 H de spectacle.
La seule victoire du quarteron d’anti-corridas (une petite dizaine de personnes) présents devant l’entrée principale, dans l’indifférence générale, fut de retarder d’une dizaine de minutes le paséo. D’où une fin où une averse orageuse nous rafraîchit sérieusement.
Ce qui ne ternit en rien l’excellente soirée vécue grâce en premier lieu à la qualité des SANTA FE MARTON très mobiles, d’une grande noblesse encastée avec souvent du piment bien venu.
Le lot se décomposa en deux parties : les trois premiers collaborateurs de rêve mais de prestance modeste, les trois derniers de plus de respect, le dernier s’avérant compliqué.
Miguel CUARTERO fut très, trop facile face au premier d’où un intérêt relatif. Face au quatrième, un peu vexé du succès des deux français, il voulut en faire plus et parfois trop, subissant un accrochage et finissant sa faena de manière assez confuse. Il confirme sa maîtrise à ce niveau mais son toréo manque d’expression.
Une très bonne sortie pour Mario GUIRAO, vraiment très bien, posé, élégant, alluré, avec d’excellentes naturelles, face au merveilleux deuxième eral. Plus à la peine face au quatrième où il y eut quand même de bons moments. Enthousiaste aux banderilles, assez efficace à l’épée, son succès fit plaisir.
Au risque de paraître sacrilège, j’écrirais que le toréo de Mathieu GUILLON, avec ces chicuelinas mains basses, ces derechazos avec la main sur la hanche, le buste légèrement déhanché, tout en douceur, cet abandon du corps donc, nous font songer à José Mari Manzanares. Une faena de vraie qualité face au très bon troisième. Bon, il reste beaucoup à faire en terme de technique comme le montrèrent les grandes difficultés face au seul vraiment compliqué, le sixième. Mais lorsqu’on possède déjà cette qualité artistique, on détient l’essentiel.