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Des éditos et des compte-rendus libres et indépendants sur les spectacles taurins du sud-ouest.

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L'évidence...

( Compte-rendu de la novillada du 24 juillet )

 

Vue du balconcillo nord, 18 € )

 

 

NOVILLOS

 

 

Une fois encore (et dire qu’il fut question de la supprimer…) la novillada matinale de la Madeleine montre la voie à suivre pour une Feria réussie, à savoir : la caste, la caste et encore la caste ! Le tiers d’arène présent ne s’est pas ennuyé une seconde durant près de deux heures trente. Quelle faute de goût de n’avoir pas fait saluer mayoral ou ganadero à l’issue de la corrida.

 

 

Le premier novillo de COQUILLA SANCHEZ ARJONA sort avec l’extrémité de la corne gauche abîmée et un gabarit assez modeste. Il semble faible dans sa charge à la cape. Pourtant il soulève haut le cheval par l’avant à la première rencontre, puis pousse avec entrain dans la seconde pique. Nullement éprouvé, il démontre du piquant et de la mobilité dans le quite puis aux banderilles. Durant la faena, il démontrera de la mobilité et de la caste défensive.

 

 

Le second novillo, mieux fait et armé correctement, fléchit dès aussi à sa sortie et serre des deux cotés à la cape. Première pique en donnant des coups de tête, deuxième sans s’employer. De la mobilité et du genio aux banderilles. Un péon se tenant en bord du burladero se fait envoyer à l’hôpital avec deux coups de corne dans la jambe. Le novillo confirme son caractère d’animal violent, avec une noblesse avisée.

 

 

Le troisième sort aussi bizarrement que les autres, c’est à dire en longeant les barrières au débouché du toril. Du coté gauche, sa charge à la cape est courte. Il prend une première pique sans pousser avec les reins et une deuxième en donnant des coups de tête. Il ne se laisse guère manœuvrer aux banderilles par le novillero. Par contre, il montrera beaucoup d’allant, avec une charge de qualité à la muleta. Applaudi à l’arrastre.

 

 

Le quatrième est un joli novillo ensellé, fin de type et d’armures. Il présente une charge longue à la cape, sans trop baisser la tête toutefois. Il se montre manso au cheval avec deux rencontres dont il s’échappe aussitôt et une troisième en contournant le cheval pour le pousser par l’avant. Mobile et agressif aux palos, il fait briller les banderilleros. Puis sa caste se manifestera dans une faena longue où jusqu’au bout il menacera, jusqu’après les (nombreuses) épées, tous ceux qui s’approcheront de lui. Applaudi à l’arrastre.

 

 

Le cinquième est superbe d’allure et de trapio, il est ovationné à sa sortie. Sa charge violente à la cape gêne le torero à gauche. A la pique, le novillo-toro, avec un genio étonnant, crochète la jambe du picador, traîne ainsi l’ensemble équestre, désarçonne le picador et l’envoie violemment à terre. Ensuite il roule le cheval en tout sens. Le cheval sort indemne de ce batacazo mais le picador se retire (sur le cheval ! ) avec plusieurs cotes cassées et la plèvre endommagée. Sur les autres rencontres à la pique, il confirme son coté manso. Il met en déroute les banderilleros paniqués (un seul palo sur le dos). Dans la faena, il passe en donnant des coups de tête en fin de passe. On devine la potentialité de noblesse agressive mais faute d’un torero capable et confiant, ce potentiel sera très peu exploité. Applaudissements et sifflets à l’arrastre.

 

 

Le sixième présente, lui aussi, une morphologie de toro. D’abord fuyard puis ensuite jetant les pattes dans la cape, il prend une première pique de manière désordonnée en donnant des coups de tête vers le haut puis en contournant le cheval par l’avant. Il s’échappe ensuite du deuxième contact, puis court en tout sens dans le ruedo. En revanche, il se montre très mobile et vif aux banderilles. Il sera ensuite excellent avec une charge longue, douce, de grande classe dans la muleta. Applaudi à l’arrastre.

 

 

NOVILLEROS

 

 

Pepe MORAL, que je découvrais, s’est monté assez élégant, avec de l’aguante et de la technique devant son premier novillo. Faena un peu trop longue et mal conclue d’une entière en arrière et de coté. Il alternera aussi le bon puis le médiocre face au quatrième qu’il tuera très, très laborieusement, ce qui est paradoxal du fait de sa grande taille qui devrait l’aider dans cet exercice.

 

 

Ruben PINAR fit dans le genre batailleur devant le deuxième. Toreo brusque et parfois truqueur qui porta quand même sur le public grâce à une conclusion assez rapide. Par contre, le torero montre ses limites face au très exigeant cinquième, n’exploitant pas, par manque de confiance et de métier, les possibilités de ce novillo. Aux banderilles, il ne fit rien de notable et laissa sa cuadrilla se débrouiller dans cet exercice face aux difficultés de son deuxième adversaire.

 

 

EL SANTO a bénéficié du lot le plus propice au succès. Et, fait grave, il se retire avec une vuelta (un peu forcée) à chacun de ses novillos. Par la faute d’un toreo stéréotypé, sans réelle profondeur ni véritable élégance. Avec une certaine réticence à se livrer, à s’engager totalement face à des adversaires pourtant très toreables et même facile comme le sixième. Attention, pour la suite de sa carrière, il pourrait être fatal de laisser passer de telles opportunités de succès.

 

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