Des éditos et des compte-rendus libres et indépendants sur les spectacles taurins du sud-ouest.
(Compte-rendu de la corrida du 24 juillet)
6 TOROS DE MOÏSES FRAILE
pour :
Juan BAUTISTA ( Oreille et Silence )
Sébastien CASTELLA ( Silence et Silence )
César JIMENEZ ( Silence et Silence )
( Le premier toro fut remplacé pour boiterie par un sobrero du même fer )
Beau temps, température agréable. Arènes quasiment pleines. Vu de la file 1 du tendido ombre, toujours aussi à l’étroit, 68,50 €.
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Et voilà, après une passionnante novillada matinale, nous retombons dans la norme de la corrida avec vedettes et toros en rapport, c’est à dire, sans trop de cornes, sans trop de forces, sans trop de caste, sans grand intérêt surtout.
Le lot de MOÏSES FRAILE n’était ni beau ni bon, une succession d’animaux plus ou moins collaborateurs, plus ou moins braves, plus ou moins faibles, avec un seul point commun l’absence de classe. Le public bien disposé au départ finit par s’irriter quelque peu devant ce triste spectacle.
Tout avait plutôt bien commencé avec le premier (ou plutôt premier bis après l’évacuation de l’infirme sautillant sorti et vite rentré). Juan BAUTISTA fait dans le correct à la cape. Une pique très légère et un autre contact symbolique, un tiers de banderilles anodin et en avant pour une faena assez agréable, marquée par de la technique et du bon goût. Pour l’émotion, on repassera. Une demie opportuniste, un descabello. Une pétition que l’on qualifiera d’importante et voici une oreille pour, comme l’on dit à Dax, lancer la corrida.
Elle ne se lancera jamais. Deuxième toro plus alluré, cape sereine, piques légère, banderilles médiocres, faena reposée et facile, composant avec la relative faiblesse du toro, on se dirigerait vers une deuxième oreille si CASTELLA ne persévérait pas dans son obstination à tuer très laborieusement. Silence fataliste.
Et voici un lourdaud pour César JIMENEZ très propre sur lui, avec un superbe costume. Le gros bataille à la pique après avoir tenté maladroitement de sauter dans le callejon. Et le gentil César de partir pour une faena d’une redoutable superficialité qui le fera voyager de l’ombre au soleil pour finir à l’ombre et soleil. Aucune vibration sauf pour l’orchestre montois qui s’attire les applaudissements du public reconnaissant de lui avoir fait supporter les déambulations ennuyeuses du petit marquis qui se regarde faire semblant de toréer. Un pinchazo, une très laide épée contraire et en travers, un descabello. Silence agacé.
Avec une autre conclusion, Juan BAUTISTA serait sûrement sorti « à hombros » du Plumaçon, ce qui aurait tenu du gag pour une corrida si fade. L’adversaire qui n’était guère armé, fut bien piqué, ce qui est rare de nos jours, banderillé diversement, et toréé bien durant une moitié de faena. Ensuite, cela se délita sur la corne gauche, moins aisée que la droite. Et le syndrome « castellien » tomba sur Jean-Baptiste : 4 pinchazos…Silence déçu.
Un vilain gros bizco pour sauver l’après-midi de CASTELLA. Pas de chance, il est rétif à la cape. Il pousse dans la première pique, s’endort dans la seconde. Seulement quatre banderilles et le FRAILE, très cohérent, va prendre querencia sous la banderole de la peña taurine bordelaise : « La Qurencia ». Sebastien l’en sort pour une faena méritoire techniquement forçant le manso à charger et l’améliorant à droite, parvenant à des redondos liés. A gauche, il est trop rétif. On aurait donc fait un succès d’estime au torero mais comme il conclut aussi mal que d’habitude, on lui fait payer par quelques sifflets la déception générale. Silence contrarié.
Restait à supporter les simagrées de César JIMENEZ face au moche et épais sixième. Deux semblants de simili-piques après quelques passes de cape plutôt élégantes. Une lidia désastreuse, voire dangereuse pour canaliser l’agité. La rigueur présidentielle prend du gîte aux tercio de banderilles. Toreo de tanteo très long pour trouver la distance idoine mais le manque de caste du toro et de classe du torero font que tout cela tourne vite court. Final en rapport avec 3 pinchazos et une demi-épée. Silence fatigué.